bec de perroquet

Les becs de perroquet, ou ostéophytes, désignent des excroissances osseuses, qui se développent au niveau des articulations, dans le cadre de maladies articulaires dégénératives, telles que l’arthrose. Le développement de ces excroissances s’appelle l’ostéophytose. Les becs de perroquet sont généralement indolores, et résultent d’une réaction de l’os à une pression anormale qui s’exerce sur lui.

Bec de perroquet et ostéophytose

Un bec de perroquet, que les spécialistes appellent un ostéophyte, correspond à une excroissance osseuse, qui se développe au niveau d’une articulation. Toutes les articulations peuvent être touchées par un bec de perroquet, mais les becs de perroquet se retrouvent généralement au niveau des articulations suivantes :

  • Les genoux ;
  • Les hanches ;
  • La colonne vertébrale, en particulier au niveau des vertèbres lombaires et cervicales ;
  • Les doigts.

À savoir ! L’appellation courant des ostéophytes, les becs de perroquet, provient de leur forme qui fait penser au bec crochu de ces oiseaux.

Les spécialistes emploient le terme d’ostéophytose pour désigner la pathologie associée au développement d’ostéophytes au niveau des articulations. La formation de ces excroissances osseuses correspond à une réaction de l’os face à une pression anormale qui s’exerce sur lui. Pour soulager la pression trop forte qui s’exerce sur l’articulation, l’os produit, au niveau de ses extrémités distales, des tissus osseux immatures, pour augmenter la surface osseuse de contact, sur laquelle la pression va s’exercer. La formation de ce nouveau tissu osseux est généralement anarchique.

Origine des becs de perroquet

L’ostéophytose et le développement de becs de perroquet est un phénomène consécutif à des pathologies dégénératives des articulations, en particulier l’arthrose. Toutes les formes d’arthrose peuvent s’accompagner de la formation de becs de perroquet, notamment :

L’usure progressive des cartilages osseux au cours de l’arthrose provoque une réaction anormale de reconstitution de tissu osseux, pour compenser le vide créé dans l’articulation. L’ostéophytose ne s’observe pas dans les premiers stades de l’arthrose, mais plutôt dans les stades évolutifs.

Par ailleurs, si l’ostéophytose est très fréquemment associée à l’arthrose, elle peut également survenir après une fracture osseuse, non diagnostiquée (petite fracture sans signes cliniques apparents) ou mal réduite.

Les symptômes du bec de perroquet

Le bec de perroquet ne provoque pas lui-même de douleurs particulières. Il correspond seulement à un mécanisme réactionnel de l’os pour soulager une pression trop importante sur l’articulation. A ce titre, il témoigne d’une maladie articulaire, comme l’arthrose, qui elle s’accompagne souvent de douleurs parfois très importantes et très invalidantes, comme :

Si le bec de perroquet n’est généralement pas douloureux en lui-même, il peut, en fonction de sa taille et de sa localisation, entraîner une gêne fonctionnelle, marquée par une raideur articulaire. D’une manière générale, il reste cependant difficile de distinguer les symptômes spécifiquement liés à l’arthrose de ceux spécifiquement liés à l’ostéophytose.

Par ailleurs, au niveau des articulations de la colonne vertébrale, la formation des becs de perroquet peut entraîner une réduction de l’espace du canal vertébral contenant la moelle épinière. Les ostéophytes peuvent parfois comprimer les racines nerveuses issues de la moelle épinière et provoquent alors des symptômes caractéristiques :

  • Des faiblesses musculaires ;
  • Des paresthésies (sensations anormales faisant penser à des fourmillements) ;
  • Des douleurs neurologiques.

Le diagnostic des ostéophytes

Les becs de perroquet ou ostéophytes ne sont le plus souvent pas douloureux en eux-mêmes et ne constituent donc généralement pas un motif de consultation. En revanche, les maladies qu’ils accompagnent provoquent des douleurs qui justifient d’examens médicaux spécifiques. L’examen clinique ne permet pas de distinguer l’ostéophytose d’autres pathologies articulaires, comme :

  • L’arthrose ;
  • L’arthrite (inflammation des articulations) ;
  • La capsulite (inflammation de la capsule articulaire de l’épaule).

Les ostéophytes sont recherchés dans le cadre du diagnostic et du suivi de la maladie arthrosique, car ils témoignent des pressions anormales et des dégradations cartilagineuses, qui surviennent au niveau des articulations et qui sont responsables des conséquences osseuses de la maladie.

Même si l’examen clinique du mouvement des articulations peut faire suspecter l’existence d’un ostéophyte, la confirmation de la présence des becs de perroquet repose sur des examens d’imagerie, tels que :

  • Des radiographies des articulations touchées ;
  • Une échographie des zones douloureuses ;
  • Un scanner.

Le traitement des becs de perroquet

Le plus souvent non douloureux, les becs de perroquet ne sont pas systématiquement traités. En revanche, les pathologies articulaires qui l’accompagnent, en particulier l’arthrose, doit absolument faire l’objet d’une prise en charge adaptée, notamment pour soulager les douleurs du patient.

La découverte d’un bec de perroquet au niveau d’une articulation nécessite néanmoins une surveillance médicale régulière. En effet, l’évolution du bec de perroquet doit être contrôlée pour s’assurer qu’elle ne provoque pas de gêne fonctionnelle importante, qui pourrait avoir des conséquences sur la qualité de vie du patient.

La prise en charge spécifique des ostéophytes devient en revanche nécessaire dans deux contextes précis :

  • Si l’excroissance osseuse vient comprimer une racine nerveuse, provoquant des symptômes neurologiques parfois importants. Cette situation se rencontre notamment au niveau de la colonne vertébrale.
  • En cas de gêne fonctionnelle importante, lorsque le bec de perroquet empêche le mouvement articulaire normal. Cette situation peut se rencontrer au niveau de la hanche ou du genou.

Dans ces deux cas, une intervention chirurgicale peut devenir nécessaire. Le geste chirurgical consiste à retirer en totalité les excroissances osseuses. Cependant, il faut noter qu’en parallèle des risques liés à toute intervention chirurgicale, il existe un risque important de récidive des ostéophytes, qui se reforment progressivement après l’opération.

Par ailleurs, dans certains cas où l’ostéophytose et l’arthrose sont très évolutives, les articulations peuvent être tellement atteintes qu’une prothèse articulaire peut devenir nécessaire, en particulier :

  • Une prothèse de hanche ;
  • Une prothèse de genou.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Physiopathologie de l’arthrose. Rhumato-info.fr. Mis à jour le 24 juin 2012.
– Ostéophytose. Hopital.fr. Mis à jour le 7 avril 2015.
– Ostéophytose. Medsource.fr. Consulté le 21 septembre 2018.