déformation du gros orteilL’hallux valgus, plus connu sous le nom d’ « oignon » est une déformation vers l’extérieur du premier orteil ou « gros orteil » ou encore « hallux ». L’hérédité, l’âge, mais aussi le port de talons hauts avec des bouts étroits favorisent ce phénomène. Lorsque la déformation devient importante, l’hallux valgus est douloureux.

Point anatomique

anatomie piedLe squelette du pied comprend 3 parties : le tarse, le métatarse et les phalanges. Chaque orteil est composé de 3 phalanges, sauf le gros orteil qui n’en compte que 2.

Ainsi, le gros orteil est constitué du premier métatarsien prolongé par deux phalanges. L’articulation entre le métatarsien et la première phalange, appelée articulation « métatarso-phalangienne », est habituellement droite permettant au gros orteil de bouger facilement lors de la marche afin de s’adapter au terrain et à la chaussure.

A savoir ! La longueur du gros orteil permet de déterminer le type de pied. On parle de « pied grec » lorsque le second orteil est plus long que le premier, de « pied égyptien » dans le cas inverse, et enfin de « pied carré » quand les deux orteils sont de la même taille.

Hallux valgus : définition

L’hallux valgus est une déviation anormale et progressive du premier orteil en direction du deuxième entraînant une déformation de l’avant du pied et rendant le chaussage plus difficile. Une saillie apparaît au niveau de la jonction « métatarso-phalangienne » sur le côté extérieur du pied. Elle est responsable d’un frottement avec la chaussure pouvant créer une inflammation.

En France, 30% de la population adulte et 2% des enfants sont concernés par l’hallux valgus. Il touche les femmes dans 90% à 95% des cas. Dans 1 cas sur 4, la déformation est d’origine héréditaire.

La sévérité de l’hallux valgus dépend de l’angle de déviation, mais aussi des potentielles atteintes associées au niveau du pied.

L’hallux valgus léger est caractérisé par un angle de déviation inférieur à 20°, l’articulation métatarso-phalangienne est intacte.

L’hallux valgus est dit modéré lorsque l’angle de déviation est supérieur à 20° mais inférieur à 40°. La phalange et le métatarse ne s’emboîtent plus correctement, le gros orteil gène le second orteil.

L’hallux valgus est sévère à partir du moment où l’angle de déviation excède 40°. Le gros orteil passe alors au-dessous ou au-dessus du deuxième orteil. Par ailleurs, l’arthrose aggrave la situation jusqu’à engendrer une luxation (perte de contact) totale de l’articulation. Le gros orteil n’est plus fonctionnel.

La déformation débute majoritairement (90% des cas) entre 40 et 50 ans. Il existe, cependant, des cas où l’hallux valgus peut apparaître beaucoup plus précocement vers l’âge de 10 ans (hallux valgus congénital).

Certains facteurs sont connus pour favoriser la survenue de la déformation :

  • Être une femme ;
  • Avoir des parents ayant un hallux valgus ;
  • Avoir un pied dit Égyptien, c’est-à-dire le premier orteil plus long que le second ;
  • Porter des chaussures à talons hauts et à bouts étroits ;
  • Être ménopausée ;
  • Avoir une maladie neuromusculaire, rhumatismale ou une anomalie du collagène.

Symptômes

L’hallux valgus se manifeste par une bosse au niveau de la jonction métatarso-phalangienne entraînant des difficultés de chaussage. Outre l’aspect inesthétique, il peut parfois provoquer des douleurs à la marche. Lorsque l’ « oignon » frotte avec la chaussure, la peau s’épaissit progressivement jusqu’à être dure et former un « cal ». Il devient rouge, chaud et douloureux.

Par ailleurs, cette déformation peut avoir un impact sur les autres orteils. En effet, ils sont chassés par le gros orteil et finissent par se recroqueviller.

L’hallux valgus évolue par poussées. Elles sont peu prévisibles et souvent associées à des douleurs liées à l’oignon ou à la perte de la fonction du gros orteil. L’appui du poids du corps par le pied est contraint de se répartir aux autres orteils. Ainsi, peuvent apparaître : une déformation des orteils en griffes associée à des durillons, une arthrose rendant la marche plus difficile, une infection au niveau des zones de frottement ou plus rarement, des complications cutanées.

En l’absence de traitement, la déformation du gros orteil s’amplifie progressivement et les autres orteils se déforment en griffes rendant alors le chaussage et la marche très difficiles. Le risque principal est l’infection de la bourse contenant l’articulation, on parle de « bursite infectieuse ». Elle peut se propager à l’articulation, c’est ce que l’on appelle l’ « arthrite » puis aux os avec une « ostéite ». Cette situation peut conduire à l’amputation, surtout en présence de pathologies chroniques préexistantes (comme le diabète par exemple).

Diagnostic

Le diagnostic de l’hallux valgus est facile, une simple observation des signes cliniques suffit au médecin pour l’établir. Il est ensuite confirmé par un bilan radiologique qui permet au chirurgien d’apprécier l’importance de la déviation, d’évaluer les conséquences sur les autres orteils et s’il le juge nécessaire, de planifier une intervention chirurgicale. D’autres examens, comme une échographie ou un IRM (imagerie par résonance magnétique) par exemple, peuvent venir compléter le bilan afin de quantifier l’atteinte des autres orteils.

Traitement

traitement hallux valgusDans un premier temps, il est conseillé d’adapter la chaussure en la préférant large et souple. Éventuellement, il est possible de compléter avec des orthèses plantaires ou des sortes de cales en silicone inter-orteils (« orthoplastie ») à insérer dans la chaussure. Le médecin peut également associer un traitement pour la douleur.

Lorsque la douleur et les difficultés pour se chausser deviennent trop importantes, une opération chirurgicale, consistant à ré-axer le premier orteil, peut être envisagée afin de corriger la déviation. Généralement, les deux pieds sont atteints et peuvent être opérés soit en même temps soit l’un après l’autre. Les techniques chirurgicales sont nombreuses. On en distingue 2 grands types :

  • Les « conventionnelles » utilisent une incision de quelques centimètres qui permettent de corriger la déformation sous contrôle de la vue du chirurgien ;
  • Les « percutanées » utilisent une incision de quelques millimètres permettant le passage des instruments pour rectifier la déviation sous contrôle radiologique.

Le choix de la technique employée est à l’appréciation du chirurgien, qui prend la décision en fonction de ses propres habitudes, de l’importance de la déformation, de l’existence d’arthrose ou non et de l’âge du patient.

Après l’intervention, le patient peut espérer :

  • Se chausser normalement avec une chaussure large et confortable après 4 à 6 semaines. Il faut attendre plusieurs mois pour rechausser des chaussures à talons ;
  • Reprendre une activité sportive légère (natation, vélo d’appartement par exemple) à partir de la 6ème semaine post-opératoire. Le footing, la randonnée, le tennis ou tout autre sport plus intense sont possibles après 3 à 6 mois.
  • Conduire son véhicule au bout d’un mois.

Les résultats sur le long terme sont généralement bons voire excellents bien que les récidives restent possibles. Il existe cependant, comme pour toute intervention et malgré les compétences du chirurgien, des risques d’échec. Ils peuvent aller de la réapparition des symptômes à leur aggravation. Les complications les plus fréquentes ou les plus graves sont : l’enraidissement temporaire ou définitif de l’articulation, l’hallux varus (correction trop importante entraînant le phénomène inverse), l’apparition de douleurs au niveau des autres orteils ou de douleurs chroniques dans le pied, une infection, des troubles de la cicatrisation, des complications thromboemboliques, le déplacement du matériel implanté.

Charline D., Pharmacien

– Hallux valgus (oignon). Ameli. Le 26 avril 2017.
Hallux valgus. Association française de chirurgie du pied. Consulté le 5 septembre 2017.

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