Plaie et cicatrisation

29 avril 2021 par

plaieUne plaie peut être de plusieurs types, parfois une prise en charge à la maison suffit, tandis que dans d’autre cas une consultation en urgence est nécessaire. Afin de permettre une bonne cicatrisation de la plaie, il est indispensable de savoir en amont correctement en évaluer la gravité, de savoir la traiter et la protéger.

Définition et symptômes d’une plaie et cicatrisation

Qu’est-ce que c’est ?

Une plaie est une ouverture (ou effraction) cutanée en lien avec une cause mécanique.

Plusieurs critères permettent d’en évaluer la gravité :

  • La localisation. Les plaies au visage sont plus graves ;
  • L’étendue de la lésion ;
  • La profondeur de la plaie. Elle peut concerner plusieurs couches de la peau : l’épiderme et le derme lorsqu’elle est superficielle, l’hypoderme lorsqu’elle est profonde. Les muscles, tendons, nerfs, vaisseaux et organes peuvent aussi être touchés.

L’une des fonctions de la peau est de protéger le corps contre les agressions extérieures. Ainsi, toute plaie, même d’apparence bénigne, nécessite une prise en charge afin de stopper le saignement, éviter les complications infectieuses et favoriser la cicatrisation.

La cicatrisation d’une plaie est un phénomène extrêmement complexe, propre à chaque organisme. Elle fait appel aux processus de réparation d’une lésion localisée et de la régénération d’un tissu.

Les mécanismes physiologiques de ce processus impliquent de nombreux types cellulaires (fibroblastes et cellules épithéliales), des cascades successives de messagers intracellulaires et des molécules intervenant dans l’anabolisme général de l’organisme (GAG, fibronectine, collagène…). Ces phénomènes sont régulés par les facteurs de croissance et les interactions entre la matrice extracellulaire et les cellules inflammatoires.

Deux buts essentiels sont régis par ce processus : la lutte anti-infectieuse et la réparation cellulaire.

Les trois étapes schématiques de la cicatrisation

Trois phases successives se chevauchant entre elles composent le processus de cicatrisation :

  • Une phase vasculaire et inflammatoire. Elle est appelée aussi phase de détersion ou phase exsudative pour la détersion d’une plaie.
  • Une phase de bourgeonnement correspondant à la phase proliférative avec le développement du tissu de granulation. Ce tissu permet de combler la perte de substance. En effet, un nouveau tissu est créé grâce à la néo-angiogenèse et la prolifération cellulaire. La phase de bourgeonnement se poursuit jusqu’à obtenir l’épithélialisation ou re-épidermisation.
  • Une phase plus tardive de remodelage cicatriciel. Cette phase est longue.La cicatrisation en trois étapes

La capacité de la plaie à se régénérer reste soumise à de nombreuses contraintes.

La rapidité et la qualité de la cicatrisation sont dépendants de l’état de santé général de l’individu, de l’étiologie de la lésion, de l’état et de la localisation de la plaie et de la survenue ou non d’une infection. Donc, la perturbation de l’une de ces phases peut aboutir à un retard ou à une complication de la cicatrisation, et donc à une plaie chronique.

Plusieurs facteurs physiopathologiques (généraux et locaux) peuvent interférer avec les phases de la cicatrisation et la retarder.

Les facteurs généraux

Les atteintes métaboliques (diabètes, insuffisance rénale…).

Le diabète entraîne un dysfonctionnement leucocytaire lié à l’hyperglycémie, survient alors un risque d’ischémie régionale en raison d’une oblitération vasculaire ou de l’épaississement de la membrane basale des capillaires.

Les facteurs nutritionnels : Les carences en calories et en protéines ont des conséquences néfastes. Elles perturbent l’ensemble des phases de la cicatrisation. La phagocytose est altérée. Les carences en vitamines peuvent entraîner une réponse inflammatoire inadaptée (déficit en vitamine A) ou une insuffisance de production de collagène par les fibroblastes (déficit en vitamine C). De plus, un apport protéino- énergétique suffisant est indispensable pour garantir la cicatrisation.

Les pathologies vasculaires comme l’artérite, l’insuffisance veineuse chronique, l’hypertension artérielle ou l’artériosclérose présentent une aptitude moindre à cicatriser. L’artériosclérose entraîne par exemple une hypoxie des membres inférieurs (patients âgés ou fumeurs). Dans l’insuffisance veineuse, les mécanismes sont plus complexes. Le ralentissement de la circulation cause une hypoxie à laquelle s’associe la formation de manchons fibrineux autour des capillaires, ce qui altèrent la diffusion de l’oxygène. L’obésité entraine une diminution de la vascularisation du tissu adipeux et augmente la tension dans la plaie.

Le tabagisme entraîne une diminution de l’oxygénation de la plaie et des anomalies de la coagulation dans les petits vaisseaux sanguins.

L’âge avancé est responsable de l’affaiblissement des défenses immunitaires et de la diminution de la résistance aux germes pathogènes (vieillissement de la matrice cutanée).

Certaines pathologies :

  • L’anémie sévère ou un déficit immunitaire ;
  • Le déficit sensitif au niveau de la plaie ;
  • Les défauts de circulation : mauvaise alimentation de la plaie en substances nutritives, en cellules sanguines et en oxygène.

Certains traitements :

  • Les radiations ionisantes qui peuvent entraîner une fibrose du derme et un épaississement des membranes basales des vaisseaux en limitant les échanges gazeux au niveau des vaisseaux.
  • Les cytostatiques qui diminuent le nombre de polynucléaires neutrophiles (problème d’aplasie) ou les corticoïdes qui inhibent la cicatrisation par leur action catabolique et immunosupressive.
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les hydantoïnes et la D-penicillamine modifient le métabolisme du collagène.

Certaines maladies héréditaires : maladies congénitales du tissu conjonctif (Maladie d’Ehlers Danlos, du Syndrome de Werner…).

La présence de cellules tumorales sur le lit de la plaie empêche la cicatrisation ou contribue même à l’extension de la plaie. S’il est espéré que la plaie tumorale cicatrise (bonne réponse du patient au traitement anti cancéreux), le processus peut être retardé, comme toute autre plaie chronique, par l’ensemble des facteurs cités ci-dessus.

Paradoxalement, les traitements anti tumoraux, seuls garants d’une éventuelle cicatrisation, peuvent également être à l’origine d’un retard de cicatrisation. En cas de non réponse au traitement, ces facteurs de retard de cicatrisation ne feront que compliquer davantage la situation.

Les facteurs locaux

Plusieurs facteurs locaux peuvent entraver la cicatrisation :

  • L’infection. La présence de bactéries dans les plaies chroniques est quelque chose de fréquent. Cela contribue au recrutement cellulaire lors de la phase inflammatoire. La colonisation d’une plaie par des micro-organismes est normale. Elle n’entrave pas le processus de cicatrisation. Par contre, la présence d’un trop grand nombre de germes, causant des signes infectieux locaux et/ou généraux, la retarde. C’est l’infection.
    Le diagnostic de l’infection est avant tout clinique. Il peut être accompagné de prélèvements bactériologiques qui apportent des renseignements sur le type de germes (+ antibiogramme), mais ne peuvent pas à eux seuls permettre de distinguer la colonisation de l’infection ;
  • L’ischémie;
  • La présence de corps étrangers;
  • La présence de tissu nécrotique ;
  • Le mouvement dans la zone blessée et la tension dans la zone de blessure ;
  • Les œdèmes et les hématomes;
  • L’irradiation de la lésion. Elle diminue l’irrigation sanguine par rétrécissement de la lumière vasculaire.

Quels symptômes ?

symptômes cicatrisationOn distingue 3 zones sur une plaie :

  • Le lit de la plaie ;
  • Les berges de la plaie ;
  • Et la peau péri-lésionnelle.

Par ailleurs, on parle de plaie sans perte de tissu cutané en cas de coupure franche ou d’incision chirurgicale. Pour une escarre, un ulcère de jambe ou encore une morsure grave, on parle de plaie avec perte de tissu cutané.

L’aspect de la plaie peut varier :

  • Sec. La plaie a un aspect mat, sans trace d’humidité et sans exsudat ;
  • Exsudative. La plaie est mouillée et a un aspect brillant ;
  • Cavitaire. Les berges de la plaie descendent dans le lit de celle-ci et forment une structure en relief.

Selon le stade de cicatrisation, la plaie prend une couleur différente. Un élément qui aide les soignants pour leur prise en charge. Par convention, 5 couleurs sont utilisées pour décrire une plaie :

  • Le noir pour la nécrose. Cet état correspond à la mort des tissus cellulaires. Les matières mortes produisent une masse nécrotique qui peut être sèche ou molle, souvent malodorante. Il y a un gros risque d’infection à ce stade.
  • Le vert pour l’infection. Des sécrétions purulentes sont présentes au sein de la plaie. Cet état engendre un retard important de cicatrisation.
  • L’orange pour la fibrine. Des petites plaques jaunâtres filamenteuses sont présentes en plus ou moins grandes quantités. Lorsque la fibrine est en excès, elle gêne la cicatrisation.
  • Le rouge pour le bourgeonnement de la plaie. C’est le signe d’une bonne vascularisation qui indique que la cicatrisation est en bonne voie ;
  • Le rose pour l’épidermisation. La peau est rose-nacré. C’est la fin de la cicatrisation.

Diagnostic et traitement d’une plaie et cicatrisation

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’une plaie repose uniquement sur l’examen clinique, autrement dit, sur l’analyse des caractéristiques physiques de la plaie et de ses circonstances d’apparition.

Il est conseillé de consulter en urgence dans les cas suivants : plaie ouverte, profonde ou étendue, plaie au niveau du crâne dont le saignement ne peut pas être stoppé, plaie au niveau du thorax, de l’abdomen, de l’œil, du visage ou du cou, plaie qui saigne par pulsations (au rythme des contractions cardiaques).

Quel traitement ?

traitement d'une plaie en cicatrisation par un docteurAvant tout, il faut souvent stopper le saignement. Généralement, le fait d’appliquer une forte pression pendant 5 à 10 minutes suffit. Lorsque ce n’est pas le cas, il est préférable de consulter.

La prise en charge d’une plaie simple consiste en 3 étapes.

Le nettoyage de la plaie

Une étape essentielle pour favoriser la cicatrisation.

La plaie doit être nettoyée sous un filet d’eau tiède afin de retirer le sang et les éventuels débris. Le sérum physiologique peut aussi faire l’affaire.

La désinfection

Il faut désinfecter la plaie avec un antiseptique sur une compresse en allant du centre vers l’extérieur.

La protection

Pour protéger la plaie, il faut la recouvrir d’un pansement adhésif. Le pansement est à changer tous les jours au début puis tous les 2 à 3 jours lorsqu’elle est propre (absence de rougeur et suintement).

En cas de coupure, il est possible de refermer la plaie à l’aide de strips (ou bandelettes de suture). Il faut les poser dans les 6 heures qui suivent la blessure pour permettre de rapprocher les bords de la plaie efficacement.

À noter ! En cas de blessure, il faut également s’assurer que le vaccin contre le tétanos est à jour. Lorsque ce n’est pas le cas, le médecin peut pratiquer l’injection.

Certaines plaies nécessitent la mise en place de soins infirmiers, par exemple lorsqu’il y a eu des points, une perte importante de matière ou pour les plaies chroniques (ulcère de jambe, escarres, ect.).

Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 29 avril 2021.

Source
– Bien soigner une plaie. ameli.fr. Le 2 janvier 2021.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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