Mes parents sont diabétiques : comment devenir acteur ?
Le diabète de type 2, qui concerne 92% des personnes diabétiques, est une perturbation du métabolisme des glucides qui est essentiellement liée au mode de vie. Cependant, nous ne sommes pas tous égaux devant le risque de survenue de cette maladie : certaines familles présentent des prédispositions génétiques. Quel est le poids de cette hérédité ? Et surtout, quelles sont les recommandations en termes de dépistage et de prévention ? Eclairage.

Quelle part de génétique dans le diabète de type 2 ?
Si un de ses parents (père ou mère) présente un diabète de type 2 (DT2), la personne a un risque augmenté de développer un DT2 de 30 %. Et si deux membres de la famille proche (parents, frères, sœurs) sont concernés, l’individu a un risque augmenté de 50 %.
Comme le souligne Dr Delphine Secret-Pouliquen, dans une interview menée par Le Quotidien du Médecin : « On hérite d’une vulnérabilité, pas d’une maladie. C’est une maladie multifactorielle qui implique les gènes et l’environnement ».
En effet, il n’existe pas de gène directement responsable du développement d’un DT2. Ce que l’on sait aujourd’hui c’est que des milliers de variants génétiques (versions d’un gène) peuvent altérer la régulation du métabolisme énergétique et augmenter la vulnérabilité face à la maladie.
En parallèle de ces variants génétiques, des modifications épigénétiques pourraient également être impliquées. Il s’agit de modifications de l’ADN réversibles qui sont causées par des facteurs internes et/ou environnementaux. De telles modifications ont été retrouvées sur de nombreux gènes associés à la survenue du diabète de type 2 et pourraient contribuer à réduire la production d’insuline ou à entretenir une inflammation des tissus.
L’enjeu aujourd’hui dans les laboratoires est de rechercher de nouveaux gènes de susceptibilité au DT2. En s’appuyant sur des analyses à large échelle des génomes, les chercheurs avancent dans la compréhension de la régulation de l’expression des gènes dans différents tissus et organes chez les malades.
En identifiant des sous-groupes de patients homogènes, il sera possible de développer une médecine de précision et mieux prédire les risques de survenue d’un DT2.
À quel âge se faire dépister ?
Pour permettre à chacun d’évaluer son risque de développer un diabète d’ici à 10 ans, la Fédération Française des Diabétiques (FFD) promeut le test Findrisc (pour Finnish diabetes risk score), un questionnaire de 8 items disponible en ligne. Cet outil de sensibilisation est également disponible en pharmacie ou sur le site Ameli.fr.
Il n’existe pas de calendrier de dépistage systématique et régulier spécifiquement pour les personnes présentant dans leur entourage proche un ou plusieurs individus avec le DT2.
Cependant, une personne présentant une histoire familiale avec le DT2 est considérée comme une personne à risque élevé devant bénéficier d’un dépistage ciblé.
Voici les critères et la fréquence recommandés par la HAS :
- Individu ayant au moins un parent atteint de DT2 : dépistage à partir de 45 ans ;
- Individu ayant au moins un parent atteint de DT2 et présentant d’autres facteurs de risques (IMC supérieur à 28, sédentarité, dyslipidémie, hypertension artérielle, tabagisme, etc.) : dépistage avant 45 ans, et plus précisément, dès que le facteur de risque additionnel est présent
À noter !
Risque héréditaire seul.
Glycémie normale – pas de perturbation du métabolisme des glucides : contrôle tous les 3 ans ;
Prédiabète (hyperglycémie modérée) : contrôle annuel.
Risque héréditaire + autres facteurs de risque.
Contrôle tous les 1 à 3 ans selon l’évaluation médicale.
Quels signes doivent alerter lorsqu’il existe des antécédents familiaux ?
Le diabète de type 2 évolue souvent en silence pendant plusieurs années, car la glycémie augmente très progressivement.
Lorsque l’entourage familial proche est touché par le diabète de type 2, vous devez être particulièrement vigilant face aux signes suivants, qui peuvent indiquer un début de diabète :
- Soif excessive et constante (polydipsie) ;
- Besoin fréquent d’uriner (polyurie), surtout la nuit ;
- Fatigue inhabituelle et persistante ;
- Faim excessive même après avoir mangé ;
- Perte de poids involontaire ;
- Troubles de la vision ;
- Cicatrisation lente des plaies ;
- Picotements, fourmillements ou perte de sensibilité dans les pieds ;
- Peau sèche et démangeaisons générales ;
- Démangeaisons au niveau des organes génitaux et infections urinaires répétées chez les femmes ;
- Troubles de l’érection chez les hommes.
Quand consulter ?
Si vous avez des antécédents familiaux de diabète, il est recommandé de consulter son médecin généraliste pour faire un bilan, surtout si vous avez réalisé le questionnaire Findrisc et que vos résultats sont non satisfaisants.
Au fil des années, la fréquence des prises de sang et donc la mesure de la glycémie à jeun sera conditionnée par votre histoire familiale en lien avec cette maladie et votre état de santé global (présence ou non de facteurs de risques associés).
Enfin, si vous présentez un ou plusieurs des symptômes évoqués dans le paragraphe précédent, consulter dans les plus brefs délais afin de faire un bilan médical.
La détection précoce est cruciale, elle permet de prendre des mesures adaptées et d’éviter les complications cardiovasculaires, nerveuses, rénales et ophtalmiques.
À noter !
5 mesures validées par la science pour diminuer son risque
Le principal facteur de risque de DT2 n’est pas génétique : il tient au mode de vie. La prévention du diabète repose sur une hygiène de vie équilibrée avec l’obtention d’un changement durable des comportements : activité physique, alimentation équilibrée, absence de tabagisme, faible recours aux boissons alcoolisées, gestion du stress et sommeil réparateur.
Pratiquer une activité physique régulière. Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport intense : marcher, jardiner, monter les escaliers ou danser comptent également. Même si vous avez des antécédents familiaux, l’activité physique régulière peut réduire de 30 à 50 % votre risque de développer un DT2.
Adopter une alimentation variée et équilibrée. Une alimentation saine est un atout majeur pour prévenir le diabète. Manger équilibré avec la part belle donnée aux fruits et légumes, aux produits faits maison. On sait qu’une alimentation riche en graisses saturées favorise un excès de bactéries productrices de molécules pro-inflammatoire qui favorisent l’insulinorésistance et l’apparition du diabète. À l’inverse, certaines bactéries qui ont un effet protecteur sont éliminées.
Arrêter de fumer. Le tabac augmente le risque de développer un DT2.
Limiter sa consommation d’alcool. Diminuer sa consommation d’alcool contribue à une meilleure santé globale.
Soigner son sommeil et ne pas se laisser envahir par le stress. Une amélioration du sommeil et de la gestion du stress permet de réduire le risque d’apparition d’un DT2 jusqu’à 50 %
– Diabète de type 2- Un trouble du métabolisme principalement lié au mode de vie. www.inserm.fr. Consulté le 10 juin 2026.
– Diabète sucré de type 2. Le manuel MSD (professionnel). www.msdmanuals.com. Consulté le 10 juin 2026.
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