Stéatose du foie (NASH): un lien avec l’herbicide glyphosate

Jun 10, 2019 par

Maladie du foie gras, stéatose hépatique non alcoolique (Non Alcoolic Steato Hepatitis ou NASH), maladie du SODA…toutes ces appellations couvrent la même maladie chronique hépatique qui touche désormais 900 000 Français. Une récente étude clinique franco-californienne montre que l’herbicide glyphosate, le Round Up commercialisé par Monsanto, serait lié à l’émergence de cette maladie.

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La maladie du soda en bref

La stéatose hépatique non alcoolique  est actuellement la maladie hépatique chronique la plus répandue dans les pays développés.

Dans une étude de 2017, on estime que 1,5% à 6,5 % de la population mondiale est atteinte par cette maladie. Certains experts estiment que la prévalence de la maladie pourrait augmenter de 63 % entre 2015 et 2030.

Les patients atteints par cette maladie présentent un risque plus élevé de progression de la fibrose hépatique et de développement de cirrhose ou de cancer du foie.

A Savoir ! La fibrose hépatique est la formation d’une quantité anormalement abondante de tissu cicatriciel dans le foie. Elle se produit quand le foie tente de se réparer et de remplacer ses cellules endommagées. Elle ne provoque pas de symptômes, mais une cicatrisation sévère peut entraîner une cirrhose, laquelle provoque des symptômes.

Des études sur le rat ont déjà montré qu’une ingestion de glyphosate pouvait entraîner des signes d’hépatotoxicité, de congestion du foie, de nécrose et de dommages de l’ADN des cellules hépatiques.

Ici, les chercheurs ont voulu mesurer le taux d’excrétion dans les urines du glyphosate et son produit de dégradation, l’acide aminométhylphosphonique (AMPA), dans une cohorte de patients.

À savoir ! L’AMPA est un acide organique faible, doté d’un groupement phosphonate. Cette molécule est le principal produit de dégradation du glyphosate. Il peut aussi provenir de la dégradation de composés du type méthylène phosphonates retrouvés dans les détergents industriels et domestiques.

Pesticides et NASH : une association retrouvée chez l’homme ?

Trois chercheurs, Paul Mills et Rohit Loomba des universités de Californie aux Etats-Unis et Cyrielle Caussy de l’université de Lyon 1 en France, ont recruté 93 volontaires dans le cadre d’une étude entre septembre 2012 et mars 2018 se réalisant au Centre de recherche NAFLD (non alcoholic fatty liver disease) de l’université de Californie à San Diego.

Parmi ces volontaires, 41 % étaient des hommes et l’indice de masse corporelle (IMC) moyen de la cohorte était de 31,8.

À savoir ! L’IMC est une grandeur permettant d’estimer la corpulence d’une personne. Il correspond au rapport du poids (kg) sur la taille (en m) au carré. L’interprétation de l’IMC est applicable chez l’adulte de 18 à 65 ans. Mais, non valable chez l’enfant, la femme enceinte et certains sportifs. On désigne par « poids santé » un poids « normal » qui correspond à un IMC compris entre 18,5 et 24,9. Entre 25 et 30, l’individu est en surpoids. De 30 à 35, en obésité modérée et de 35 à 40, en obésité sévère. Au delà de 40, il sera en obésité massive.

Les patients ont été divisés en deux groupes : le premier, ayant été diagnostiqué avec la maladie NASH, et le deuxième, regroupant ceux n’ayant pas développé cette pathologie.

Après la collecte et l’analyse de leurs échantillons d’urine, prélevés à jeun, les chercheurs ont mis en évidence que les résidus de glyphosate étaient présents en plus grande concentration chez les patients atteints de la maladie que chez que chez les autres.

Même si cette étude ne peut pas encore montrer de lien de cause à effet, elle montre déjà une association.

Prochaine étape pour les chercheurs : mener une étude clinique sur deux groupes de patients ayant des régimes alimentaires avec ou sans pesticides comme le glyphosate.

Julie P., Journaliste scientifique

– UC San Diego School of Medicine study: Weed killer Roundup linked to human liver disease. SDNEWS. Consulté le 7 juin 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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