La stéato-hépatite non alcoolique (NASH) ou maladie du soda est une affection hépatique, qui se développe chez des personnes non addictives à l’alcool. Souvent asymptomatique, elle évolue chez un tiers des patients vers une cirrhose hépatique, avec un risque majoré de cancer du foie. Souvent associée au diabète de type 2 et au surpoids, la prise en charge de cette pathologie repose principalement sur le traitement et l’élimination des facteurs de risque associés.

Silhouette humaine et foie - Stéato-hépatite non alcoolique

La stéato-hépatite non alcoolique

La stéato-hépatite non alcoolique, connue sous le nom de NASH dans les pays anglophones pour Non-Alcoholic Steato-Hepatitis ou encore appelée la maladie du soda ou parfois la stéatonécrose, est une maladie du foie, dont la cause n’est pas une consommation excessive d’alcool. Cette affection se caractérise par des lésions hépatiques, qui sont strictement identiques sur le plan histologique à celles de la maladie hépatique alcoolique.

Les mécanismes pathologiques à l’origine de cette maladie restent encore mal compris à ce jour. La résistance à l’insuline est l’une des pistes évoquées par les spécialistes pour expliquer le développement de la pathologie. L’association d’un surpoids, de troubles lipidiques et glucidiques pourrait expliquer les lésions hépatiques.

La stéatose est marquée au niveau du foie par plusieurs éléments :

  • Une accumulation d’acides gras (sous forme de triglycérides) dans les cellules hépatiques ;
  • Un état inflammatoire ;
  • Une fibrose (destruction progressive des tissus fonctionnels d’un organe).

La stéato-hépatite non alcoolique se développe le plus souvent entre 40 et 60 ans, bien qu’elle puisse survenir à n’importe quel âge.

Les causes de la stéato-hépatite non alcoolique

Au contraire de l’hépatite alcoolique liée à une consommation excessive et prolongée d’alcool, la stéato-hépatite non alcoolique n’est pas associée à une addiction à l’alcool. Cette affection hépatique touche généralement des personnes présentant certains facteurs de risque :

  • Un surpoids ou une obésité
  • Un syndrome métabolique ;
  • Une dyslipidémie (anomalies dans les taux sanguins des différents lipides (triglycérides, cholestérol)) ;
  • Une adiposité centrale (tour de taille supérieur à 88 cm pour les femmes et à 102 cm pour les hommes) ;
  • Une intolérance au glucose ou un diabète de type 2.

À savoir ! Le syndrome métabolique regroupe plusieurs anomalies biologiques (lipidiques et glucidiques) et physiologiques (troubles vasculaires, excès de poids). Ce syndrome, qui n’est pas reconnu en tant que tel comme une maladie, augmente fortement le risque de développer un diabète de type 2 ou un accident vasculaire cérébral.

Les symptômes de la stéato-hépatite non alcoolique

Dans la plupart des cas, la stéato-hépatite non alcoolique ne provoque aucun symptôme particulier (maladie dite asymptomatique). Parmi les signes cliniques discrets qui peuvent être observés par les patients atteints d’une stéato-hépatite non alcoolique, il est possible de noter :

  • Une fatigue ;
  • Une sensation de malaise ;
  • Une gêne au niveau du côté droit du bas ventre (hypochondre droit).

Avec l’évolution de la maladie, une splénomégalie (augmentation du volume de la rate) peut apparaître, suivie d’une hypertension portale (augmentation anormale de la pression du réseau veineux hépatique). Les patients peuvent ensuite développer une cirrhose hépatique, le plus souvent sans avoir les symptômes caractéristiques d’une maladie hépatique chronique.

Le diagnostic de la stéato-hépatite non alcoolique

Les signes cliniques de la stéato-hépatite non alcoolique étant le plus souvent absents ou très discrets, il n’est pas rare que la maladie ne soit diagnostiquée qu’au stade de la cirrhose.

Pour s’orienter vers un diagnostic de stéato-hépatite non alcoolique, le médecin cherche tout d’abord à éliminer les autres causes de maladies hépatiques :

  • Une consommation excessive d’alcool ;
  • Une consommation importante de médicaments métabolisés par le foie ;
  • Une exposition à des produits toxiques pour le foie, par exemple en milieu professionnel ;
  • Une maladie virale (hépatite B ou C notamment), grâce à la réalisation de tests sérologiques ;
  • Une maladie de Wilson (maladie génétique à l’origine d’anomalies dans le métabolisme du cuivre) ;
  • Une malnutrition ;
  • Une maladie génétique rare affectant les lipoprotéines (abétalipoprotéinémie).

Le médecin évoque ce type de diagnostic surtout si le patient présente des facteurs de risque de la maladie. Les analyses biologiques sanguines révèlent :

  • Une augmentation des enzymes hépatiques (transaminases (ALAT, ASAT), phosphatase alcaline et/ou gamma-GT (gamma-glutamyltransférase)) ;
  • Dans environ 10 % des cas, une augmentation de la ferritine, associée à une surcharge hépatique en fer ;
  • Plus rarement, une augmentation de la bilirubine, une baisse de l’albumine et des anomalies de la coagulation sanguine (allongement du QT).

Une biopsie du foie est indispensable pour confirmer le diagnostic, car elle permet de mettre en évidence les lésions hépatiques, semblables à celles observées dans l’hépatite alcoolique :

  • Une ballonisation (apparition de grandes gouttelettes de matière grasse dans les cellules hépatiques) ;
  • Une nécrose (mort des hépatocytes) ;
  • Une inflammation ;
  • Des corps de Mallory (amas de micro-filaments dans les tissus hépatiques).

La biopsie permet également d’évaluer la gravité de la maladie, en établissant un score spécifique.

Les examens d’imagerie, comme l’échographie, le scanner ou l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), sont capables de détecter la stéatose hépatique, mais ne permettent pas de distinguer la cause de la maladie (alcoolique ou non alcoolique).

Pronostic et traitement de la stéato-hépatite non alcoolique

Dans la plupart des cas, la stéato-hépatite non alcoolique est isolée et n’entraîne pas de complications hépatiques ou extra-hépatiques. Mais pour environ un tiers des patients, la maladie évolue vers une cirrhose, qui favorise le développement à terme d’un carcinome hépatocellulaire (cancer du foie) d’une insuffisance hépatique. La survenue de telles complications concerne surtout les patients présentant certains facteurs de risque associés, tels que :

  • La prise de certains médicaments ;
  • L’existence de troubles métaboliques (glucidiques et/ou lipidiques).

Dans tous les cas, la stéato-hépatite non alcoolique constitue un facteur de risque de survenue du diabète de type 2 et d’accidents cardiovasculaires.

La prise en charge de la malade repose principalement sur l’élimination des causes et le contrôle des facteurs de risque. L’élimination des causes peut correspondre selon les cas à :

  • L’arrêt des médicaments ;
  • L’arrêt de l’exposition à certains toxiques.

Le contrôle des facteurs de risque consiste notamment à :

  • Réduire puis réguler le poids du patient par un régime alimentaire, une activité physique régulière et adaptée, voire par une chirurgie bariatrique ;
  • Traiter les troubles lipidiques et/ou glucidiques grâce à une alimentation saine et équilibrée ou si besoin avec des traitements médicamenteux adaptés.

Pour traiter les lésions hépatiques associées à la stéato-hépatite, certaines études scientifiques ont suggéré un effet bénéfique avec des thiazolidinediones ou de la vitamine E.

Les patients, une fois diagnostiqués, doivent impérativement bénéficier d’une surveillance médicale régulière pour dépister précocement et prendre en charge toute éventuelle complication. Dans les cas les plus graves, une transplantation hépatique (greffe du foie) peut être nécessaire.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Diagnostic de la NASH. Société Nationale Française de Gastro-Entérologie. Janvier 2014.
– La NASH ou Stéatohépatite Métabolique. Centre Hépatobiliaire Paul Brousse. Mis à jour le 6 décembre 2016.
– Stéatohépatite non alcoolique (NASH). Manuel MSD. Consulté le 30 avril 2018.