dessin d'une femme en panique se prenant la tête

Une attaque de panique est définie comme étant une période soudaine et imprévisible de peur intense associée à des signes physiques et psychiques avec un sentiment de danger imminent. Dans le langage courant, on parle de crise d’angoisse ou de crise de spasmophilie. Le diagnostic est clinique, souvent basé sur le récit d’une crise associée à la peur de la ou des suivantes. Le traitement peut impliquer des antidépresseurs, des anxiolytiques et une psychothérapie.

Définition et symptômes

Qu’est-ce qu’une attaque de panique ?

femme qui se cache les yeux car elle a peurUne attaque de panique est une période d’anxiété ou de peur brève, mais très intense qui se manifeste brutalement et est associée à des symptômes physiques et/ou émotionnels. Une crise peut engendrer des douleurs thoraciques, une sensation de suffocation ou d’étourdissement, des nausées ou un essoufflement.

À savoir ! On parle de trouble panique lorsque les attaques de panique sont récurrentes et engendrent : une inquiétude excessive à l’idée des futures crises et un comportement d’évitement des situations à risque

D’installation rapide, généralement en quelques minutes, la crise peut durer entre plusieurs minutes et plusieurs heures.

Le nombre de personnes souffrant d’attaque de panique est difficile à évaluer, car les diverses crises ne mènent pas forcément à une consultation médicale et échappent par conséquent à toute forme de recueil. On estime qu’environ 11% des adultes souffrent chaque année d’attaques de panique. Les crises semblent plus fréquentes chez les femmes, et plutôt entre l’âge de 15 et 45 ans.

Les crises de panique peuvent se manifester dans des pathologies anxieuses comme :

Elles peuvent aussi être présentes dans d’autres pathologies, par exemple la dépression, ou encore sous l’effet de certaines drogues psychoactives.

Quels symptômes ?

Une crise de panique se traduit par la survenue brutale d’une peur intense ou d’un malaise accompagné d’un ou plusieurs symptômes dont :

    • Une douleur ou gêne thoracique ;
    • Une sensation de suffocation ;
    • Des vertiges, malaises ;
    • Une peur irrationnelle de la mort, de devenir fou ou de perdre le contrôle ;
    • Un sentiment d’irréalité ;
    • Des bouffées de chaleur ou des frissons ;
    • Des nausées ;
    • Des douleurs à l’estomac ;
    • Des diarrhées ;
    • Une sensation d’engourdissement ou de picotement ;
    • Un essoufflement ;
    • Des palpitations ou accélérations du rythme cardiaque ;
    • Des sueurs ;
    • Des tremblements.

A noter ! La majorité des patients souffrant d’un trouble panique ont souvent aussi des symptômes de dépression.

L’intensité des symptômes est maximale au bout d’une dizaine de minutes, puis les signes s’estompent en quelques minutes laissant aucun symptôme témoignant de la crise passée hormis la crainte d’un nouvel épisode.

Comme les manifestations d’une attaque de panique impliquent beaucoup d’organes vitaux, les patients ont souvent la crainte de souffrir d’un trouble médical dangereux pour le cœur, le cerveau ou les poumons. Par exemple, certains d’entres eux ont l’impression lors d’une attaque de panique de faire une crise cardiaque. Ainsi, les patients chez qui les crises sont récurrentes ont une forte tendance à consulter un médecin ou le service des urgences de l’hôpital pour ce type de problème.

Bien que les attaques de panique soient parfois très inconfortables pour le patient, elles ne sont absolument pas dangereuses, et ne mettent en aucun cas son pronostic vital en jeu.

La fréquence des crises est extrêmement variable. Certains patients en auront chaque semaine, parfois tous les jours pendant plusieurs mois, tandis que d’autres vont en avoir plusieurs par jour avant une rémission plus ou moins longue de quelques semaines à quelques mois.

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

un médecin remplissant un formulaire devant une patiente Le diagnostic est clinique, et consiste dans un premier temps à éliminer toute autre cause susceptible de provoquer les mêmes symptômes qu’une crise de panique. Il s’agit donc d’écarter les causes physiques qui sont potentiellement des urgences médicales, par exemple un infarctus du myocarde.

Le trouble panique est évoqué lorsque le patient parle de crises répétées, soudaines et sans élément déclencheur particulier, associé depuis au moins 1 mois à :

    • Une inquiétude persistante à l’idée d’une nouvelle crise et de ses conséquences ;
    • Un changement de comportement lié aux crises. Par exemple, le patient évite les situations dans lesquelles il pense qu’une attaque de panique peut survenir.

Quel traitement ?

Certains patients, ceux qui arrivent à affronter les situations dans lesquelles surviennent les crises, arrivent à récupérer sans traitement. Pour d’autres, les symptômes sont plus ou moins présents selon les années.

Pour les patients qui ont modifié leur comportement en adoptant des stratégies d’évitement dans les situations à risque, un traitement médicamenteux et/ou une psychothérapie est souvent nécessaire.

Les médicaments utilisés pour traiter ce trouble sont des antidépresseurs ou des anxiolytiques type benzodiazépines. En effet, plusieurs familles d’antidépresseurs sont efficaces dans la crise ou même le trouble panique. Les benzodiazépines agissent quant à elles plus rapidement que les antidépresseurs, mais exposent à un plus grand risque de dépendance et d’effets indésirables (somnolence, pertes de mémoire, ralentissement moteur, etc.).

Dans un premier temps, un antidépresseur et une benzodiazépine peuvent être prescrit conjointement le temps que l’antidépresseur agisse. La benzodiazépine est alors diminuée puis arrêtée. A noter cependant que chez certains patients, seule la benzodiazépine est véritablement efficace à long terme.

Le traitement médicamenteux permet de réduire et prévenir les crises de panique. Il est cependant important de l’associer à une psychothérapie afin d’agir sur la peur d’une nouvelle crise et les comportements d’évitement.

Plusieurs types de thérapie peuvent être proposés :

    • La thérapie d’exposition qui consiste à exposer les patients progressivement et de façon répétée à la situation qui les effraye. L’exposition peut être réelle ou virtuelle. Généralement, le patient apprend diverses techniques de relaxation afin de pouvoir faire face à ses angoisses. La plus répandue d’entre elle est d’apprendre à respirer lentement et de façon régulière pour réduire l’anxiété responsable de la crise. Les médecins débutent par un faible niveau d’exposition facilement toléré par le patient. Une fois celui-ci à l’aise, le niveau d’exposition est augmenté à un cran supérieur ;
    • La thérapie cognitivo-comportementale qui consiste à apprendre au patient à ne pas éviter les situations qui génèrent les crises, reconnaître que ses peurs sont infondées et utiliser la respiration comme moyen de relaxation ;
    • Une psychothérapie de soutien qui vise plutôt à former et conseiller le patient sur sa pathologie et ses traitements.

Selon la thérapie choisie, le nombre de séances nécessaires peut varier. En moyenne, 12 à 14 séances sont réalisées pour obtenir de bons résultats. Certaines thérapies sont plus courtes et ne nécessitent que 5 à 6 séances.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Crises de panique et trouble de panique. Le manuel MSD . Consulté le 14 octobre 2020.
– Attaque de panique. INICEA. Consulté le 13 octobre 2020.