Octobre rose et le dépistage du cancer du sein

Oct 13, 2016 par

octobre rose cancer du sein

Le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, mais seulement 52% des femmes participent au dépistage organisé par l’Assurance Maladie. Comme tous les ans depuis 23 ans, l’opération Octobre Rose revient cette année avec un accent mis sur le dépistage.

Une Tour Eiffel illuminée en rose …

… Et un ruban rose géant de 43 m sur la Tour Montparnasse. Comme chaque année, la mobilisation autour d’Octobre Rose ne cesse de s’agrandir. Différents évènements sont organisés, entre autres :

  • Des chats thématiques sur le dépistage, la nutrition, l’activité physique et le cancer au travail (Institut Gustave Roussy) ;
  • Le hashtag #maVieEnRose sur les réseaux sociaux (association Le Cancer du Sein, parlons-en) ;
  • La cinquième édition du concours photo «Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award» sur le thème « S’aimer » ouvert aux photographes professionnels et amateurs ;
  • Le prix « Ruban Rose » pour soutenir la recherche fondamentale et clinique sur le cancer du sein.

Tout le mois d’octobre est également jalonné de défis sportifs de tous ordres, organisés par de multiples partenaires.

L’association « Le Cancer du Sein, Parlons-en », promoteur de l’évènement, a cette année intitulé sa campagne de sensibilisation « Ma Vie en Rose, il faut que ça continue ». Un affichage national met ainsi en scène des femmes de tous âges et de tous horizons. L’objectif est de fédérer toutes les femmes et l’ensemble de l’opinion publique autour du cancer du sein, mais aussi de mettre en avant l’espoir et la joie de vivre malgré la maladie.

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Le dépistage du cancer du sein

Une femme sur 8 risque un jour de développer un cancer du sein. Le dépistage précoce peut sauver des milliers de vie. En effet, si le cancer du sein est dépisté à un stade précoce (quand la maladie est peu évoluée), les chances de guérison sont de 9  sur 10.

Le dépistage du cancer du sein s’effectue classiquement par une mammographie (radiographie des seins), parfois par une échographie. Ce dépistage n’est organisé qu’à partir de 50 ans, tous les 2 ans sauf chez les femmes à haut risque.  Si plusieurs études démontrent le bénéfice de ce dépistage sur la survie à court terme, deux points restent sujets à controverse : le bénéfice sur le long terme et l’influence de l’âge des femmes. Une récente étude suédoise a mis en évidence l’importance du dépistage par mammographie sur la survie à long terme, particulièrement chez les femmes âgées de moins de 50 ans. L’intérêt de la mammographie pour la survie à long terme chez les femmes de plus de 50 ans reste plus discutable. Des résultats qui pourraient permettre d’adapter les politiques actuelles de dépistage.

En France, le dépistage systématique du cancer du sein ne cesse de susciter la polémique. En 2015, le gouvernement a lancé une large concertation sur le dépistage du cancer du sein auprès des professionnels de santé mais aussi du grand public. Un espace libre de contributions a été créé sur internet. Une conférence citoyenne et une conférence de professionnels de santé ont débattu sur ce thème. Leurs conclusions remettent profondément en cause la politique actuelle de dépistage du cancer du sein.

A savoir ! Quelques chiffres sur le cancer du sein en France
1er cancer chez la femme .
Plus de 10 000 décès chaque année.
Près de 50% des cancers du sein diagnostiqués entre 50 et 69 ans, 28% après 69 ans, 10% avant 35 ans.
5% des cancers du sein sont d’origine génétique.
Une femme qui a eu un cancer du sein a un risque 3 à 4 fois plus élevé de développer un autre cancer.

Bientôt un nouveau système de dépistage ?

Suite à cette concertation nationale, plusieurs pistes d’amélioration ont été suggérées par les femmes et les professionnels de santé :

  • La nécessité d’une approche plus humaine et plus empathique;
  • Un dépistage ciblé des femmes présentant un risque intermédiaire ;
  • L’inclusion des femmes bénéficiant d’un dépistage individuel dans le programme global de dépistage collectif.

Le comité d’experts dénonce quant à lui une absence d’évaluation approfondie de la politique de dépistage en France, ainsi qu’une insuffisance d’information des femmes. Il formule plusieurs recommandations, parmi lesquelles :

  • Améliorer l’information destinée aux femmes, particulièrement sur l’efficacité et mais aussi les limites du dépistage ;
  • Créer des outils d’aide à la décision pour les femmes concernant le dépistage ;
  • Ne pas effectuer de dépistage avant 50 ans chez les femmes sans facteur de risque ;
  • Mettre en place une consultation dédiée au dépistage.

Le comité souligne l’importance de bien dissocier l’action des pouvoirs publics de l’évènement Octobre Rose, géré par des organismes privés. De même, il insiste sur l’importance du maintien d’un système de dépistage systématique, tout en le personnalisant pour l’humaniser.  Suite à ce rapport, le gouvernement a missionné l’Institut National du Cancer (INCA) pour refondre totalement le dépistage du cancer du sein. Une affaire à suivre …

Estelle B. / Docteur en Pharmacie


Sources

 

Dossier de presse sur la campagne 2016 de sensibilisation au cancer du sein. 29 septembre 2016.

Rapport du comité d’orientation de la concertation citoyenne et scientifique sur le dépistage du cancer du sein. Septembre 2016. 166 pages.

Bjurstam N.G. et al. Updated results of the Gothenburg trial of mammographic screening. Cancer. 2016; 122: 1832-1835.

Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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