Patients post-COVID-19 : quelles séquelles sur le long terme ?

Jun 28, 2020 par

Les patients ayant guéri d’un épisode de COVID-19 sont de plus en plus nombreux à signaler des cas de persistance ou de récidive de symptômes au-delà des 2 à 3 semaines de convalescence estimées. A quelles séquelles sur le long terme ces patients peuvent-ils s’attendre ? Si peu de données sont aujourd’hui disponibles pour pouvoir répondre à cette question, les nombreuses études menées autour des séquelles du SRAS et du MERS (deux autres infections respiratoires à coronavirus) constituent une première piste de réflexion.

Docteur examinant la patiente malade du covid-19

Des symptômes persistants après un épisode de COVID-19

Les patients ayant guéri d’un épisode de COVID-19 sont de plus en plus nombreux à signaler des cas de persistance ou de récidive de symptômes au-delà des 2 à 3 semaines de convalescence estimées.

Certains témoignent d’une fatigue persistante, de tachycardie au moindre effort, d’une récidive de perte de l’odorat et du goût, quand d’autres se plaignent toujours de douleurs articulaires ou musculaires ou de capacités physiques diminuées. Et ces signes cliniques inquiètent les patients sur l’éventualité d’une rechute. S’ils demeurent plus fréquents à la suite de formes sévères de la maladie, ces signes persistants se retrouvent également chez des patients n’ayant pas été hospitalisés.

L’épidémie étant encore très récente, peu de données sont aujourd’hui disponibles sur les effets à long terme de la COVID-19. Cependant, la littérature scientifique ne manque pas de données  sur les séquelles de deux autres infections à coronavirus humain : le SARS et le MERS. S’appuyer sur ces données sera donc utile aux scientifiques pour anticiper les conséquences à long terme de l’infection au SARS-CoV-2. Une méta-analyse vient d’ailleurs d’être publiée et propose une vision globale des séquelles potentielles de la COVID-19.

À savoir ! La méta-analyse désigne une méthode scientifique qui combine les résultats d’une série d’études indépendantes sur un problème donné, selon un protocole reproductible. A travers l’augmentation du nombre de cas étudiés, la méta-analyse permet d’analyser plus précisément des données et de dresser une conclusion générale.

De l’intérêt des données disponibles sur les séquelles du SRAS et du MERS

Cette méta-analyse, publiée en avril dernier par une équipe de scientifiques britanniques, porte sur les séquelles du SARS et du MERS observées 6 mois ou plus après la guérison. 28 études jugées de bonne qualité ont été retenues sur les 1169 articles sur le sujet. Dans ces études, les patients suivis avaient été hospitalisés suite à des formes sévères de ces deux infections, avec ou sans admission en soins intensifs.

S’agissant des séquelles à long terme, les auteurs ont pu dresser le constat suivant :

  • Pas de différence claire en termes de séquelles à long terme entre les patients ayant été admis en soins intensifs et ceux hospitalisés sans recours aux soins intensifs
  • Séquelles respiratoires au niveau de la fonction pulmonaire
  • Séquelles physiques avec des capacités physiques diminuées pendant plusieurs mois, fatigue chronique entre 18 et 40 mois après la guérison du SRAS pour 1/3 des patients, et douleurs chroniques, articulaires ou musculaires pour 1/3 des patients.
  • Séquelles psychiques durables 6 mois après la guérison avec un syndrome de stress post-traumatique chez 39 % des patients, des signes de dépression chez 33 % et de l’anxiété chez 30 % d’entre eux.

Par ailleurs, la qualité de vie personnelle des patients a été grandement impactée. C’est ainsi que 6 mois après l’infection, une diminution significative de la qualité de vie a été observée dans les domaines des capacités physiques, émotionnelles et de la vie sociale.

C’est enfin la vie professionnelle qui est affectée avec 17 % de personnes n’ayant pas pu reprendre le travail un an après l’infection. S’agissant des professionnels de santé ayant contracté le SRAS, une étude rapporte que 30%  d’entre eux n’ont pas pu reprendre leur poste deux ans après l’infection.

Les revendications des patients ayant eu la COVID-19

Dans l’attente de recueillir des données similaires pour la pandémie actuelle, les données mises en avant par la méta-analyse britannique autour du SRAS/MERS appuient les revendications des patients présentant des séquelles suite à un épisode de COVID-19.

Un millier de Français souffrant de symptômes récurrents vient en effet de former un collectif baptisé « Malades du Covid-19 au long cours ».  Ce collectif réclame des actions coordonnées de la part des autorités de santé afin  que leur situation soit prise en compte : « Nous restons livrés à nous-mêmes avec des symptômes handicapants sans qu’aucune information listant les pathologies n’existe ; sans qu’aucun protocole de prise en charge et de suivi coordonné au niveau national n’ait été défini à l’échelle du pays ».

Pour les membres de ce collectif,  la mise sur pied d’un véritable programme sanitaire à la hauteur des conséquences de l’épidémie constitue une véritable urgence et suppose entre autres propositions, de garantir le maintien de la COVID-19 en maladie à déclaration obligatoire après la période d’état d’urgence sanitaire. L’objectif étant de tenir compte des impacts de la maladie et de ses conséquences, tant sur la vie personnelle que professionnelle des patients.

A ce titre, et avec environ un tiers de patients atteints de séquelles respiratoires, même sans admission en soins intensifs, il semblerait judicieux de proposer une rééducation pulmonaire à tous les patients post-COVID-19 souffrant de capacités physiques réduites. La prévalence des séquelles psychiques dans les infections respiratoires à coronavirus étant non négligeable, la mise en place systématique de mesures de soutien psychothérapeutique semble quant à elle indispensable dans ce contexte inédit.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– COVID-19 : quelles séquelles à long terme ? VIDAL. Consulté le 16 juin 2020.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
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