Polyarthrite rhumatoïde : un nouveau traitement à l’étude

Apr 3, 2017 par

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie des articulations, douloureuse et invalidante. Le traitement de fond fait appel au méthotrexate ou aux anti-TNF alpha. Mais, parfois, ces molécules sont insuffisantes. Un nouveau médicament le sirukumab est actuellement à l’étude. Les premiers résultats viennent d’être publiés dans The Lancet.

polyarthrite rhumatoide

Le Sirukumab, un nouveau médicament contre la polyarthrite rhumatoïde

Le sirukumab fait partie de la classe des anticorps monoclonaux. C’est un biomédicament (ou biothérapie) : c’est-à-dire qu’il est issu du vivant. Les anticorps monoclonaux sont en effet fabriqués par des cellules vivantes. Ces cellules ont été sélectionnées pour synthétiser un type d’anticorps particulier.

A savoir ! Dans l’organisme, les anticorps sont des molécules produites par les lymphocytes B (des globules blancs). Ils reconnaissent d’autres molécules spécifiques (les antigènes), normalement extérieures à l’organisme (comme des entités à la surface des bactéries), se lient à elles et provoquent la destruction de la cible. Ce mécanisme fait partie du processus de défense immunitaire. Les anticorps monoclonaux sont fabriqués en laboratoire. Ils sont issus d’une cellule unique qui a été clonée (d’où leur nom) pour pouvoir produire le même anticorps en plus grande quantité.

Dans le cas du sirukumab, l’anticorps en question, est dirigé contre une interleukine, une molécule responsable de l’inflammation. Ce mode d’action est nouveau dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. En neutralisant, cette interleukine, le sirukumab diminue l’inflammation, calme la douleur et empêche l’altération du cartilage articulaire.

Le sirukumab s’administre par injection sous-cutanée. Il n’est pas encore commercialisé. Une étude clinique a été réalisée sur 878 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde afin d’évaluer son efficacité et sa sûreté.

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Des résultats prometteurs contre la polyarthrite rhumatoïde

L’étude, internationale, a été menée dans 183 hôpitaux de juillet 2012 à janvier 2016. Pour entrer dans l’essai, les malades devaient souffrir d’une polyarthrite rhumatoïde active touchant au moins 4 articulations. Ils devaient également ne pas répondre aux traitements classiques (comprenant au moins un anti-TNF alpha), ou ne pas les supporter.

A savoir ! Les anti-TNF alpha sont des anticorps monoclonaux dirigés contre le TNF alpha (Tumour necrosis factor alpha), facteur déclenchant la réponse inflammatoire.

Les malades ont été partagés en 3 groupes :

  • Un groupe 1 recevant un placebo ;
  • Un groupe 2 recevant 50 mg de sirukumab toutes les 4 semaines ;
  • Un groupe 3 recevant 100 mg de sirukumab tous les 15 jours.

L’efficacité minimale attendue était une diminution d’au moins 20 % du nombre d’articulations gonflées.

À partir de la 16ème semaine, l’amélioration a été obtenue chez 40 % des patients du groupe 2 et 45 % du groupe 3 (contre 24 % dans le groupe placebo). L’effet secondaire principal était une rougeur au point d’injection (1 % des malades pour le groupe, 1, 8 % pour le groupe 2 et 14 % pour le groupe 3).

D’après les auteurs de l’essai, le sirukumab serait donc une alternative intéressante et sûre pour les malades atteints de polyarthrite rhumatoïde et réfractaires ou intolérants au traitement de fond usuel ou aux anti-TNF alpha. Une bonne nouvelle pour les 200 000 français souffrant de cette pathologie.

Isabelle V., journaliste scientifique

Isabelle V.
Journaliste scientifique
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