Prématurité, la néonatalogie a-t-elle des limites ?

Jun 27, 2019 par

Plus de 50 000 naissances chaque année en France sont des naissances prématurées, parmi lesquelles 5 % de grande prématurité. Régulièrement dans le monde, des records de prématurité sont annoncés. Mais jusqu’où peut-aller la néonatalogie ? Quelques éléments de réponse.

Enfant prématuré

50 000 naissances prématurées chaque année

Les spécialistes parlent de prématurité lorsqu’un enfant naît avant 37 semaines d’aménorrhée. Selon le terme de l’accouchement, plusieurs formes de prématurité sont considérées :

    • La prématurité moyenne pour les naissances entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée ;
    • La grande prématurité pour les naissances entre 28 et 32 semaines d’aménorrhée ;
  • La très grande prématurité pour les naissances avant 28 semaines d’aménorrhée.

En France, la prématurité concerne chaque année environ 50 000 naissances, avec 10 % de grands prématurés et 5 % de très grands prématurés. Toute naissance prématurée peut avoir des conséquences plus ou moins importantes sur la santé de l’enfant, à court, moyen et long termes.

Vers une prématurité extrême

Lorsqu’un enfant naît avant le terme, la formation et le développement de ses organes ne sont pas complètement achevés. Quatre organes peuvent être particulièrement affectés par la prématurité :

  • Le cerveau ;
  • Les poumons ;
  • Le système digestif ;
  • Le canal artériel (vaisseau sanguin qui n’existe que chez le fœtus, essentiel pour assurer la bonne oxygénation du sang au niveau du placenta).

Plus la prématurité est importante, plus la santé de l’enfant est fragile. Pourtant, les progrès médicaux ont permis au fil des années de repousser les limites de viabilité des nourrissons prématurés. Mais jusqu’où peuvent aller les médecins et les techniques de réanimation ?

En France, aucune intervention médicale n’est entreprise pour les naissances qui surviennent avant 23 semaines de grossesse. Au-delà, la décision est prise conjointement entre l’équipe médicale et les parents de l’enfant, après une information précise sur les risques liés à la grande prématurité.

Repousser les limites de la néonatalogie suscite plusieurs questions fondamentales :

  • Les risques majeurs de séquelles, en particulier de séquelles neurologiques ;
  • Des questions éthiques relatives au respect de la vie et de l’intérêt de l’enfant ;
  • Le coût de la prise en charge de l’enfant.

Actuellement, pour diverses raisons (comme l’augmentation de l’âge maternel), le nombre de naissances prématurées augmente en France, comme dans plusieurs pays industrialisés. Régulièrement, des records de prématurité font la une des médias. Chaque pays fait le choix des limites éventuelles qu’il pose à la néonatalogie. La recherche se poursuit, non seulement pour réduire le taux de prématurité dans tous les cas où cela est possible, mais aussi pour améliorer la prise en charge des bébés prématurés et réduire le risque de complications liées à la prématurité. Entre prouesse médicale et question éthique, les limites de la néonatalogie restent à préciser.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Prématurité. INSERM. Consulté le 20 juin 2019.
– Les enjeux éthiques de l’extrême prématurité. Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction .Dehan, Michel and al. Consulté le 20 juin 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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