Protection hygiénique : le choix des femmes change

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Rédigé par Alexia F. et publié le 24 mai 2022

Pour des millions de personnes dans le monde, les menstruations sont la source de discriminations et d’atteintes à leurs droits. Cela est causé, entre autres, par un manque d’accès à des services essentiels. Avec le temps, le choix des femmes en matière de protection hygiénique évolue. Sécurité sanitaire, praticité, écologie sont des arguments aujourd’hui plébiscités. A l’occasion de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle qui aura lieu le 28 mai, Santé sur le Net revient sur ce besoin essentiel et l’évolution des choix des femmes.

Différents types de protection hygiénique

Hygiène et précarité menstruelles

Les menstruations sont un phénomène physiologique par lequel l’utérus évacue du sang et des tissus du vagin. Elles sont mensuelles, saines et naturelles chez les personnes disposant d’un utérus, non enceintes et en âge de procréer. Il est estimé, qu’au cours de sa vie, une personne menstruée a ses règles pendant 3 à 8 ans.

Les menstruations impactent plus ou moins la vie quotidienne. En effet, le manque d’infrastructures et de protections hygiéniques provoquent des atteintes à la dignité, des pertes de droits (notamment à l’éducation) et des dangers pour la santé. Dans le monde, plus de 500 millions de femmes n’ont pas les moyens de se procurer régulièrement des protections hygiéniques. En France, elles sont près de 2 millions à souffrir de ce qu’on appelle la précarité menstruelle. Cette précarité représente un enjeu social et sanitaire majeur. En première réponse, le gouvernement Français a mis en place, depuis septembre 2021, la gratuité des protections hygiéniques pour toutes les étudiantes.

Pour une hygiène menstruelle appropriée, les autorités sanitaires considèrent qu’il faut :

  • Des protections menstruelles capables de recueillir le sang menstruel, autant que nécessaire ;
  • Un lieu sécurisé pour se changer en toute intimité ;
  • De l’eau et du savon pour se laver ;
  • Des installations fonctionnelles pour utiliser, jeter ou nettoyer sa protection hygiénique;
  • Un accès aux services de santé et à une éducation complète à la sexualité et l’hygiène menstruelle.

L’évolution du choix des femmes en matière de protection hygiénique

Le choix des femmes en matière de protection hygiénique connait un tournant depuis plusieurs années. Une étude Ifop a été réalisée pour la marque Eve and Co. Elle a pris la forme d’un questionnaire auto-administré en ligne du 18 au 19 mars 2021 auprès d’un échantillon de 1 009 femmes, représentatif de la population féminine française âgée de 15 à 49 ans résidant en France métropolitaine.

L’étude révèle que la précarité menstruelle a déjà touché un tiers des Françaises. Une femme sur 10 en souffre actuellement avec plus d’un tiers de femmes âgées de 20 à 29 ans et la moitié issue de catégories pauvres. En lien avec cette réponse, 81% des femmes se disent favorables à un remboursement des protections hygiéniques par la Sécurité Sociale. Si l’impact économique des protections menstruelles est fort, ce n’est pas ce facteur qui guide les femmes dans leur choix. En effet, les critères de praticité, de confort et de sécurité sanitaire priment. Cela démontre une prise de conscience de l’importance de l’enjeu sanitaire des protections hygiéniques.

Ces différences de choix se traduisent ainsi dans les protections plébiscitées par les femmes. L’étude montre une baisse de l’utilisation des tampons (19% en 2021 contre 33% en 2003). De plus, les plus jeunes utilisent davantage de protections externes comme les serviettes hygiéniques ou des alternatives connues pour respecter le corps de la femme, avoir une composition saine et être plus écologiques (culottes menstruelles ou serviettes lavables).

Sécurité sanitaire des nouvelles protections hygiéniques

Cette mouvance vers de nouvelles protections hygiéniques plus « vertes » s’accompagne de contrôles de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). En 2021, la DGCCRF a lancé une enquête portant sur 24 marques de serviettes réutilisables, culottes menstruelles, tampons à usage unique « bio » ou réutilisables. Parmi elle, 12 ont fait l’objet de prélèvements.

Les résultats de l’enquête sont encourageants. En effet, elle n’a mis en évidence aucun risque chimique pour les utilisatrices. Mais, les auteurs soulignent qu’un effort supplémentaire sur les substances chimiques résiduelles pourrait être fait. L’enquête révèle cependant des allégations trompeuses de certaines marques sur la composition, l’origine et les caractéristiques environnementales. Le but étant de survendre l’aspect éco-responsable, local et « non-toxique » des produits vendus.

Alexia F., Docteure en Neurosciences

Sources
– Quand les règles accentuent les inégalités. actioncontrelafaim.org. Consulté le 24 mai 2022.
– Contrôle des nouveaux produits d’hygiène féminine. economie.gouv.fr. Consulté le 24 mai 2022.
– Les femmes, leurs règles et leur attrait pour les culottes menstruelles. ifop.com. Consulté le 24 mai 2022.

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