Santé auditive au travail : 6 français sur 10 gênés par le bruit au travail !

Oct 22, 2019 par

Machines dans les ateliers de production, travaux de voirie, bruits du matériel informatique et des conversations dans les openspaces… selon un sondage IFOP, 6 Français sur 10 déclarent être gênés par le bruit au travail. Santé sur le Net revient pour vous sur les conclusions de cette étude à l’occasion de la 4ème édition de la campagne Semaine de la Santé Auditive au Travail qui s’est déroulée du 14 au 18 octobre.

Le bruit au travail

59% des actifs se plaignent du bruit au travail

Depuis 2016, le bruit est reconnu comme un facteur de pénibilité au travail. Ainsi, l’entreprise doit agir pour protéger ses employés quand ils sont exposés à plus de 80 Db (bruit d’une cantine scolaire) pendant 8 heures en continu ou lorsqu’ils sont exposés plus de 120 fois par an à un bruit dépassant les 135 dB (avion au décollage).

Aujourd’hui, les industriels du bâtiment appliquent tout un ensemble de méthodes pour protéger leurs collaborateurs. Par contre, dans les bureaux, et notamment les open spaces, la nuisance sonore n’est pas toujours reconnue comme un facteur de risque déstabilisant la santé mentale et physique de l’employé.

A l’occasion de la quatrième édition de la campagne Semaine de la Santé Auditive au Travail du 14 au 18 octobre, les experts de l’association JNA (Journée Nationale de l’Audition) ont souhaité évaluer les conséquences sanitaires des nuisances sonores subies sur le lieu de travail.

Pour réaliser ce sondage, l’IFOP (Institut français d’opinion publique) a interrogé une population de 1013 personnes, représentative de la population française active âgée de 18 ans et plus.

Les résultats de ce sondage rendu public le 11 octobre sont les suivants :

  • 59% des actifs français déclarent être gênés par le bruit au travail soit une hausse de 7% par rapport à 2017 ;
  • 20% des répondants sont troublés par le bruit provenant de l’extérieur et du matériel utilisé (imprimantes, ordinateurs, machines etc.) 13% par les conversations téléphoniques ou les conversations entre collègues ;
  • 40% affirment que le bruit leur fait perdre en productivité et 36% estiment que la nuisance sonore est à l’origine d’incompréhension avec leur hiérarchie ;
  • 32% des interrogés affirment que la nuisance sonore suscite de l’agressivité dans les échanges et 28% d’entre eux affirment se replier sur eux-mêmes face à cette nuisance.

À savoir ! Le profil des personnes les plus susceptibles d’être gênées par le bruit au travail sont les cadres CSP- âgés de 35 à 49 ans travaillant dans l’industrie, et notamment dans des entreprises de plus de 1000 salariés.

Nuisance sonore: quels impacts sur la santé ?

D’après ce sondage IFOP, 67% des actifs pensent que le bruit a des répercussions négatives sur leur santé. Les principaux troubles ressentis sont : la fatigue, la lassitude et l’irritabilité. Viennent ensuite le stress et la gêne auditive.

Même s’il est d’usage de considérer que l’ouïe est en danger à partir de 80 décibels, il ne faut pas oublier que la réalisation de tâches cognitives complexes (mémorisation, concentration, réflexion) nécessite un environnement dans lequel le niveau sonore ne dépasse pas les 40 décibels, soit l’équivalent d’une salle de séjour.

Par ailleurs, les travaux expérimentaux sur l’ouïe ont montré que subir un bruit de 50dB en continu favorise l’installation d’une fatigue auditive.

Les conséquences du bruit sur la santé sont multiples. En plus d’une perte d’efficacité au travail, évoluer dans un environnement bruyant à longueur de journée peut entraîner:

  • Des problèmes d’ouïe avec une perte des performances auditives (surdité chez 19% des actifs) et la survenue d’acouphènes (chez 25% des actifs) ;
  • Des problèmes de sommeil (1 travailleur sur 3) et de stress (1 travailleur sur 2) ;
  • De l’hypertension artérielle (19% des actifs) et des problèmes cardiovasculaires.

Pour les spécialistes, de nombreuses solutions d’insonorisation des locaux existent pour améliorer l’acoustique dans les bureaux comme les isolations acoustiques des sols, des murs (cloisons acoustiques fixes ou mobiles), des plafonds et des ouvertures.

A ce jour, les solutions proposées par les employeurs restent insuffisantes. Sur six solutions proposées pour réduire le bruit et les nuisances sonores, 39% des interrogés affirment qu’au moins une de ces solutions a été mise en place par leur employeur.

À savoir ! Les solutions proposées pour réduire le bruit sont la mise à disposition de protecteurs individuels contre le bruit, les réaménagements des espaces existants, la création d’espaces pour s’isoler du bruit, des sessions d’information et de sensibilisation et enfin, la mise en place d’afficheur de niveau sonore.

Selon une étude commandée par le Conseil national du bruit et l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), le bruit représente un coût très important pour les entreprises et pour l’Etat: 19,2 milliards d’euros par an dont 18 milliards en perte de productivité et 1,2 milliard d’euros en accident de travail.

Dans ce bilan, l’association JNA regrette que “malgré l’ampleur des répercussions liées à ce phénomène, les actions correctives soient encore trop discrètes”.

Julie P., Journaliste scientifique

– Bruit, santé auditive et qualité de vie au travail. IFOP. Consulté le 21 octobre 2019.
– Résultats de l’enquête JNA-Ifop SSAT 2019. JNA. Consulté le 21 octobre 2019
Julie P.
Journaliste scientifique.
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