plagiocephalie

La plagiocéphalie, plus connue sous l’appellation de syndrome de la tête plate du nouveau-né, fait partie des déformations du crâne chez les nourrissons. Cet aplatissement du crâne n’a pas de conséquence sur le développement cérébral de l’enfant, mais peut être associé à un torticolis congénital qu’il convient de traiter de manière adaptée. Compte-tenu des conséquences possibles de la plagiocéphalie, elle doit être prise en charge de manière adaptée le plus tôt possible, dès qu’elle est détectée.

Déformations crâniennes et plagiocéphalie

La plagiocéphalie, ou plagiocéphalie positionnelle, correspond à un aplatissement du crâne chez un nourrisson. Plus communément, cette déformation est appelée le syndrome de la tête plate. Jusqu’à l’âge de 12 mois environ, les os du crâne du bébé demeurent minces et souples. Ils sont encore mal ossifiés et sont séparés les uns des autres par des sutures et des fontanelles (espaces membraneux entre les os du crâne des bébés). Si certaines pressions s’exercent de manière répétée ou prolongée sur la tête du nourrisson, celle-ci peut se déformer. Les déformations crâniennes peuvent survenir avant, pendant ou après la naissance.

Trois principaux types de déformations crâniennes sont distingués par les spécialistes :

  • La plagiocéphalie, la plus connue ;
  • La brachycéphalie, marquée par une tête large et peu profonde ;
  • La scaphocéphalie, liée à la fermeture anticipée de certaines sutures crâniennes.

D’autres déformations crâniennes sont répertoriées, mais avec une fréquence plus faible. Par exemple, la dolichocéphalie se caractérise par un crâne plus long et plus étroit. Chez certains nourrissons, il est possible d’observer deux déformations crâniennes associées, telles qu’une plagiocéphalie et une brachycéphalie.

Les conséquences de la plagiocéphalie

Les spécialistes considèrent 4 stades de plagiocéphalie, selon l’intensité de la déformation crânienne :

  • La forme légère ;
  • La forme modérée ;
  • La forme sévère ;
  • La forme très sévère.

La plagiocéphalie touche le plus souvent l’arrière de la tête ou le côté droit. Elle est plus fréquente chez les garçons. Cette déformation crânienne est généralement détectée à partir de 6 semaines de vie, avec un pic de fréquence vers 4 mois. Sa fréquence diminue ensuite progressivement jusqu’à l’âge de 2 ans, la plupart des enfants ayant été pris en charge.

La plagiocéphalie n’a aucun rapport avec le développement du cerveau de l’enfant. En revanche, elle affecte l’apparence du nourrisson et peut modifier le développement de sa tête et de son visage. Les conséquences de la plagiocéphalie peuvent être :

  • Une asymétrie du visage pouvant persister jusqu’à l’âge adulte, si la plagiocéphalie n’est pas prise en charge ;
  • Des troubles du langage ;
  • Des problèmes fonctionnels, en particulier visuels et auditifs ;
  • Une déformation de la mâchoire ;
  • Un risque accru de scoliose ;
  • Des problèmes dentaires.

Les causes de la plagiocéphalie

Les causes de la plagiocéphalie peuvent être multiples, et certaines d’entre elles font encore débat chez les spécialistes :

  • Une position couchée sur le dos prolongée et répétée sur une surface dure ;
  • Un manque de changement de positions au cours de la journée ;
  • L’existence d’un torticolis congénital (voir paragraphe dédié) ;
  • Des anomalies de la colonne vertébrale au niveau cervical ;
  • Une origine utérine, notamment dans le cas des grossesses multiples ;
  • L’accouchement, en particulier un travail prolongé ;
  • Une carence en vitamine D chez la mère.

Par ailleurs, certains facteurs de risque ont été identifiés. Les déformations crâniennes touchent plus souvent les nourrissons présentant les caractéristiques suivantes :

  • Les premiers nés d’une fratrie ;
  • Les garçons ;
  • Les prématurés ;
  • Les grossesses multiples ;
  • Les enfants nourris au biberon.

Plagiocéphalie et idées reçues

Face au phénomène croissant de plagiocéphalie, de nombreuses idées reçues circulent, notamment sur les forums et les réseaux sociaux. Depuis la généralisation du couchage sur le dos, instaurée pour limiter les morts subites du nourrisson, la fréquence de la plagiocéphalie est en augmentation. Pourtant, selon les spécialistes, ce mode de couchage n’expliquerait pas directement la déformation du crâne des bébés. L’ensemble des dispositifs visant à maintenir le nourrisson dans une position définie serait en cause, et non la position du couchage.

Les spécialistes mettent ainsi en garde contre l’utilisation d’un certain nombre de produits de puériculture, tels que :

  • Les coussins anti-tête plate ;
  • Les cale-bébés ;
  • Les cocons de positionnement, qui doivent uniquement être réservés aux nourrissons nés prématurément et présentant une hypotonie (faiblesse musculaire) ou des troubles neurologiques.

Ces dispositifs ne réduisent pas le risque de plagiocéphalie et peuvent s’avérer dangereux pour les nourrissons (notamment risque de suffocation).

Les autorités de santé insistent sur l’importance de coucher les nourrissons sur le dos et à plat, pour prévenir la mort subite du nourrisson. Le couchage sur le ventre ou sur le côté est totalement à proscrire, sauf avis médical contraire. De même, il faut favoriser les libres mouvements de l’enfant, par exemple en le plaçant sur un tapis d’éveil posé au sol (motricité libre). Il est conseillé par ailleurs de le mettre en position ventrale plusieurs fois par jour, et de le changer de position régulièrement au cours de la journée. Le portage physiologique de l’enfant est également encouragé.

La prise en charge de la plagiocéphalie

Les nourrissons présentant une plagiocéphalie doivent être pris en charge dès que la déformation est détectée. La plagiocéphalie peut être traitée en même temps que le torticolis, lorsqu’il est présent. Les principaux axes de la prise en charge sont notamment :

  • La kinésithérapie ;
  • L’ostéopathie ;
  • Les techniques de repositionnement ;
  • Les soins par orthèses ou casques de moulage, fabriqués sur mesure pour chaque enfant et portés par l’enfant de quelques heures par jour à 23 heures par jour, selon l’importance de la déformation;
  • Une intervention chirurgicale, réservée aux cas de craniosynostose (fermeture anticipée des sutures crâniennes à l’origine des déformations).

Une prise en charge adaptée au cas de chaque enfant permet de résoudre la grande majorité des cas de plagiocéphalie avant l’âge de 2 ans et d’en limiter au maximum les conséquences à long terme.

Plagiocéphalie et torticolis congénital

Le torticolis du nouveau-né est un phénomène fréquent, qui recouvre deux formes distinctes :

  • Le torticolis musculaire congénital, le plus fréquent, provoqué par la contraction d’un muscle du cou. Dans 25 % des cas, une prise en charge adaptée est indispensable.
  • Le torticolis congénital, plus rare, associé à certaines malformations de naissance. Cette forme ne régresse pas spontanément et doit obligatoirement être prise en charge.

La plagiocéphalie peut être fréquemment associée à un torticolis congénital. Pour détecter un tel phénomène, il est capital de surveiller si l’enfant ne regarde que dans une seule direction. Si tel est le cas, il est possible dans un premier temps de le stimuler pour qu’il regarde dans la direction opposée, par exemple :

  • En lui montrant des jouets ;
  • En changeant son lit de sens ;
  • En tournant son transat.

À savoir ! Chez tous les nourrissons, il est recommandé dès la naissance de les inciter à regarder dans les deux directions le plus souvent possible. Cette habitude contribue à prévenir les torticolis et les déformations crâniennes.

Si ces simples gestes ne suffisent pas, il est conseillé de consulter un médecin pour dépister un éventuel torticolis congénital. Le torticolis congénital s’installe lorsque l’un des muscles du cou (le muscle sterno-cléido-mastoïdien) est plus petit d’un côté que de l’autre. La tête tourne alors uniquement du côté où le muscle est le plus court. Le torticolis et la déformation crânienne peuvent être pris en charge simultanément.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Plagiocéphalie positionnelle (syndrome de la tête plate). Hôpital pour enfants de Toronto. 3 novembre 2011.
– Désinformation concernant la plagiocéphalie (tête plate) du nourrisson: rappel des vraies recommandations. Pediatre-online.fr. 19 novembre 2017.
– Couchage et plagiocéphalie : mise au point de l’ANCReMIN. Novembre 2017.
– Déformations crâniennes. European craniofacial medical center. Consulté le 4 avril 2018.
– Site internet de l’Association Plagiocéphalie. Info et Soutien. Consulté le 4 avril 2018.