Fausse couche


Rédigé par Charline D., publié le 18 octobre 2017 et mis à jour le 13 avril 2022

médecin réconfortant une patiente car elle vient de faire une fausse couche

Une fausse couche aussi connue sous le nom d’avortement spontané concerne de nombreuses femmes à travers le monde. L’interruption de grossesse survient dans les 5 premiers mois et se manifeste essentiellement par des douleurs et des saignements vaginaux.

Définition et symptômes

Qu’est-ce qu’une fausse couche ?

Une fausse couche correspond à un avortement spontané survenant avant la 20ème semaine de grossesse (ou la 22 semaine d’aménorrhée). Entre 10 et 15% des grossesses se soldent par une fausse couche. Un pourcentage qui augmente avec l’âge de la mère. Environ une femme sur trois ayant des enfants a déjà vécu une fausse couche.

À savoir ! Les fausses couches sont généralement sans gravité et sans conséquence sur les grossesses à venir.

On en distingue plusieurs types : précoce, tardive, isolée ou à répétition.

On parle de fausse couche précoce lorsqu’elle survient dans le premier trimestre. Elles sont les plus fréquentes et principalement observées avant la 10ème semaine de grossesse. Parfois, elle survient alors même que la femme n’a pas encore conscience de son état. Une fausse couche tardive survient au cours du 2ème trimestre de la grossesse, généralement dans le 4ème et 5ème mois. Elles sont plus rares (moins de 1%) et nécessitent des soins particuliers.

On parle de fausse couche isolée lorsque la femme enceinte en fait une seule, suivie de grossesses normales. Tandis que les fausses couches à répétition désignent au moins 3 interruptions spontanées consécutives avant la 14ème semaine d’aménorrhée. Entre 1 et 5% des femmes sont concernées par les fausses couches à répétition.

Qu’est-ce qui les provoque ?

En général, les fausses couches se produisent en cas d’anomalie génétique de l’embryon rendant la poursuite de la grossesse impossible ou à des problèmes de santé chez la mère. Elles peuvent aussi parfois être provoquées par une infection ou la consommation de substances telles que l’alcool, des drogues ou certains médicaments.

Dans près de 60% des cas, notamment au cours du premier trimestre de grossesse, une fausse couche est due à une anomalie du fœtus. Dans ce cas, le corps de la mère expulse l’embryon non viable et la fausse couche est un processus normal.

À savoir ! On parle d’« œuf clair » lorsque les membranes embryonnaires et le placenta se développent en absence d’embryon. Les mêmes symptômes que ceux d’une fausse couche peuvent se manifester.

Plusieurs affections chez la mère peuvent augmenter le risque de fausse couche :

  1. Un diabète mal contrôlé ;
  2. Des troubles hormonaux ;
  3. Une atteinte de la thyroïde ;
  4. Une affection immunitaire (par exemple le lupus) ;
  5. La maladie coeliaque ;
  6. Certains troubles de la coagulation ;
  7. Quelques atteintes utérines (fibrome ou syndrome des ovaires polykystiques par exemple).

Une fausse couche peut aussi être provoquée par des facteurs extrinsèques comme, une infection (toxoplasmose, rubéole, listériose, etc.), de la fièvre, certains produits chimiques ou médicaments ou drogues, l’alcool, le tabac, une consommation de café excessive, certains gestes médicaux (amniocentèse) ou certaines plantes médicinales (absinthe, sauge officinale, etc.) peuvent provoquer une fausse couche.

À savoir ! Malgré les croyances populaires, l’activité physique, les relations sexuelles et le travail ne présentent aucun risque de fausse couche. Une activité physique régulière et adaptée semble au contraire diminuer ce risque.

Outre la présence d’une quelconque maladie ou anomalie, certaines femmes ont plus de risque que d’autres de faire une fausse couche. En effet, plus l’âge de la mère est important, plus le risque augmente. On estime Le risque de fausse couche à l’âge de 20 ans à 9%, à 20% à 35 ans, à 40% à 40 ans et à 80% après 40 ans. L’âge du père a également un impact puisque le nombre de spermatozoïdes comportant une anomalie augmente avec l’âge.

Par ailleurs, l’existence de 2 fausses couches successives semblerait augmenter le risque d’en refaire une troisième. On qualifie de maladie « abortive » à partir de 3 fausses couches successives avec le même père.

Quels sont les symptômes d’une fausse couche ?

Une fausse couche précoce se caractérise par un ou plusieurs des manifestations suivantes :

  1. Saignements vaginaux légers ou abondants, en continu ou irréguliers, brunâtre ou rouge vif ;
  2. Expulsion vaginale de tissus brunâtres ou de caillots de sang ;
  3. Douleurs dans le bas du dos ou à l’abdomen ou des crampes similaires aux douleurs menstruelles ;
  4. Les nausées et douleurs mammaires peuvent disparaître

À savoir ! Un saignement vaginal en début de grossesse n’est pas obligatoirement signe de fausse couche. Près d’un quart des femmes en ont lors du premier trimestre.

Parfois, la fausse couche ne provoque aucun symptôme et sont diagnostic a lieu à l’occasion d’une échographie.
Les fausses couches tardives se traduisent essentiellement par des contractions utérines et parfois de légers saignements vaginaux avant l’expulsion les amenant à consulter leur médecin. Ce dernier leur prescrit un traitement afin de prévenir le risque.

Si les saignements vaginaux sont abondants et que la femme enceinte présente des signes de choc comme une faiblesse, des vertiges ou étourdissements, une confusion, des nausées ou vomissements, une variation de la température corporelle ou du rythme cardiaque, la consultation est urgente, on est devant une fausse couche hémorragique nécessitant des soins urgents. L’aspiration endo-utérine est souvent nécessaire dans ce cas de figure.

À savoir ! En cas de grossesse extra-utérine (développement du fœtus en dehors de l’utérus), des symptômes sont proches de ceux de la fausse couche peuvent annoncer un risque de rupture de la trompe utérine.

Si les saignements sont modérés, il est conseillé de contacter son gynécologue dans la journée. Le médecin détermine si la fausse couche a déjà eu lieu. Dans ce cas, il n’y a pas de traitement nécessaire. Si elle est est en cours, le médecin peut proposer à la patiente un traitement pour l’expulsion du fœtus ou bien lui conseiller d’attendre l’expulsion naturelle qui se produit en quelques jours. La disparition des douleurs et des saignements marque la fin de l’événement. Une échographie de contrôle permet de vérifier que l’utérus est vide.

Diagnostic et traitement de la fausse couche

Quel est le diagnostic ?

Lors de la consultation médicale, le médecin examine la femme enceinte. Afin de connaître l’évolution de la grossesse il procède à une échographie. Cet examen permet de diagnostiquer une interruption de grossesse. Grâce à l’échographie, le médecin peut affirmer que les saignements sont dus ou non à une fausse couche.

Couples souffrant de perte suite à une fausse couche

Il arrive parfois qu’après 2 semaines de saignements, l’échographie montre la persistance du tissu embryonnaire nécessitant une intervention médicamenteuse ou chirurgicale.

Quel est le traitement ?

Lorsque l’expulsion n’est pas totale ou que la patiente ne souhaite pas attendre que la fausse couche se termine naturellement, un traitement peut être prescrit. Il peut être médicamenteux ou chirurgical.

Dans le cas du médicament, le misoprostol est administré soit par voie orale soit par voie vaginale. Il provoque des contractions musculaires et l’ouverture du col de l’utérus afin de permettre l’expulsion du placenta et des tissus embryonnaires. Il agit en quelques heures.

Le traitement chirurgical est une aspiration endo-utérine. Il est proposé lorsque les saignements sont abondants, que la mère souffre de troubles de la coagulation, et en cas d’échec ou de refus du traitement médicamenteux. Le geste consiste à introduire un petit tube au niveau de la cavité utérine via le vagin, sous anesthésie locale ou générale, pour aspirer les tissus embryonnaires.

En cas de frissons, saignements abondants ou douleurs, il faut consulter à nouveau le médecin.

A noter qu’il n’est pas possible de prévenir les fausses couches dues à une anomalie génétique du fœtus, en revanche certains comportements peuvent être modifiés pour limiter les autres causes d’interruption de grossesse. Ainsi, les recommandations sont de :

  1. Ne pas fumer ;
  2. Ne pas consommer d’alcool ;
  3. Limiter sa consommation de caféine ;
  4. Ne pas consommer de drogues (particulièrement l’héroïne, la cocaïne et les amphétamines et dérivés) ;
  5. Eviter les aliments crus ;
  6. Se vacciner contre la rubéole.

Publié le 18 octobre 2017. Mis à jour le 13 avril 2022 par Charline D., Docteur en pharmacie.

Sources
– Fausse couche. ameli.fr. Consulté le 13 avril 2022.