andropause

L’andropause, ou déficit androgénique lié à l’âge, est l’équivalent masculin de la ménopause des femmes. La baisse de la sécrétion des hormones androgènes, dominées par la testostérone, affecte les caractères sexuels secondaires masculins et peut nuire à la fonction érectile et à la fertilité masculine. Si elle survient chez un homme encore jeune, elle peut nécessiter une prise en charge adaptée, pour limiter l’impact sur la qualité de vie.

Définitions et symptômes

Qu’est-ce que l’andropause ?

L’andropause, encore appelée le déficit androgénique lié à l’âge, correspond au pendant masculin de la ménopause. Moins connue et plus controversée que la ménopause qui touche les femmes, l’andropause concerne néanmoins une proportion croissante des hommes, en particulier chez les plus âgés. Les spécialistes considèrent l’andropause comme un syndrome biochimique lié à l’âge, caractérisé par une baisse de la sécrétion des androgènes, associée ou non à une diminution de la sensibilité des tissus aux androgènes. L’andropause peut entraîner une altération de la qualité de vie et des effets néfastes sur le fonctionnement de plusieurs organes.

À savoir ! Les androgènes représentent les hormones sexuelles mâles, dont les deux principales sont la testostérone et la dihydrotestostérone. En agissant sur les cellules et les tissus, ces hormones sont responsables des caractères sexuels masculins. Il faut savoir que les femmes sécrètent aussi de petites quantités d’androgènes

La cause unique de l’andropause est le vieillissement, un processus physiologique et non une pathologie. La baisse de sécrétion de la testostérone et des autres hormones androgènes varie selon les individus, à la fois au niveau de l’âge de survenue qu’au niveau de l’intensité de la baisse de sécrétion. Selon les estimations, environ un homme sur cinq, âgé de 50 à 60 ans, est concerné par l’andropause. Cette proportion augmente ensuite progressivement avec l’âge, pour atteindre 50 % des hommes au-delà de 70 ans. La prévalence exacte de l’andropause reste difficile à évaluer, car elle n’est que rarement recherchée, en particulier chez les sujets âgés.

À savoir ! Alors que 100 % des femmes sont concernées par la ménopause, tous les hommes ne sont pas touchés par l’andropause. Autre différence, la ménopause est synonyme d’infertilité féminine, tandis que l’andropause n’est pas systématiquement associée à une infertilité masculine

La baisse de sécrétion de la testostérone a lieu au niveau des testicules, et plus particulièrement des cellules de Leydig, qui assurent la sécrétion de 95 % de la testostérone. Ce phénomène entraîne une augmentation de la sécrétion de l’hormone lutéinisante, sécrétée par l’hypophyse. L’hormone lutéinisante stimule les cellules de Leydig pour compenser la baisse des androgènes. Mais les cellules de Leydig peuvent devenir moins sensibles à la stimulation de l’hormone lutéinisante.

Quels symptômes ?

une homme se faisant examiner par un professionnel de santé

La sécrétion physiologique des androgènes entraîne les caractères sexuels secondaires (les caractères sexuels primaires sont représentés par les organes sexuels), qui sont chez les hommes :

  • Une taille plus importante, avec un volume de cage thoracique plus élevé ;
  • Des os squelettiques plus épais ;
  • Une pilosité plus développée au niveau du torse, de l’abdomen et du visage (barbe, moustache) ;
  • Une peau plus épaisse et plus rude ;
  • Une accumulation de tissu adipeux surtout au niveau de l’abdomen et de la taille ;
  • Une plus grande capacité musculaire ;
  • Une pomme d’Adam marquée ;
  • Une voix plus grave.

L’andropause correspond globalement à une diminution de la sécrétion physiologique de testostérone chez l’homme. Elle se traduit par :

    • Une réduction des caractères sexuels secondaires (baisse de la masse musculaire, régression de la pilosité, diminution de la densité minérale osseuse, gynécomastie (développement des seins), …) ;
    • Une baisse de la libido ;
    • Une dysfonction érectile (troubles de l’érection) ;
    • Une diminution de la quantité et une altération de la qualité du sperme ;
    • Parfois une infertilité, qui peut avoir des conséquences néfastes si l’andropause intervient précocement ;
    • Des signes plus généraux, tels que :
      • Une transpiration excessive ;
      • Des bouffées de chaleur ;
      • Une fatigue chronique ;
      • Des troubles du sommeil ;
      • Des douleurs articulaires et/ou musculaires ;
      • Des troubles de l’humeur (nervosité, troubles anxio-dépressifs, irritabilité) ;
      • Des troubles de l’attention et une perte de mémoire ;
      • Une perte d’appétit.

Attention, certains symptômes peuvent résulter d’autres phénomènes liés au vieillissement et pas uniquement de la baisse de sécrétion des androgènes due à l’andropause. Une consultation médicale est donc conseillée.

À savoir ! Comme la ménopause, l’andropause peut constituer un facteur de risque de développer une ostéoporose, suite à une diminution de la densité minérale osseuse. Une andropause doit être recherchée systématiquement chez les hommes présentant une ostéoporose

Diagnostic et traitements

Quel diagnostic ?

L’andropause n’est pas à proprement parler une pathologie et elle ne dispose donc pas d’une démarche diagnostique classique. Néanmoins, il est important que le médecin puisse écarter des causes pathologiques qui pourraient provoquer des symptômes et des troubles similaires à ceux observés lors de l’andropause, par exemple :

    • Une hypothyroïdie ;
    • Un adénome hypophysaire (tumeur bénigne de l’hypophyse) ;
    • Un hypogonadisme central ou secondaire à une maladie chronique ou à un traitement médicamenteux.

Pour évaluer de manière objective les symptômes décrits par le patient, le médecin utilise le score ADAM (Androgen Deficiency in Aging Male) reposant sur 10 questions concernant différents aspects de la vie courante (sommeil, sexualité, force musculaire, …).

Le médecin prescrit parallèlement différentes analyses et certains examens complémentaires, en fonction des symptômes décrits par le patient et du contexte clinique :

    • Un dosage sanguin de la testostérone totale et de la testostérone libre (biodisponible) ;
    • Un dosage sanguin des hormones thyroïdiennes ;
    • Un dosage sanguin des hormones hypophysaires (dont l’hormone lutéinisante) ;
    • Un bilan sanguin biologique incluant :
      • Une numération formule sanguine (NFS) ;
      • Un bilan lipidique (dosage du cholestérol et des triglycérides) ;
      • Une glycémie à jeun ;
      • Un bilan hépatique (dosages des transaminases) ;
    • Une ostéodensitométrie pour évaluer le risque d’ostéoporose ;
    • Un bilan prostatique (dosage du PSA, échographie) pour écarter un cancer de la prostate.

À savoir ! Dans le sang, la testostérone circule sous différentes formes biochimiques, une forme libre et une forme conjuguée à des protéines de transport. La testostérone totale regroupe les formes libres et conjuguées de l’hormone androgène

Le diagnostic de l’andropause est utile dans deux situations :

    • Pour écarter une origine pathologique aux symptômes du patient ;
    • Pour mettre en place un traitement en cas d’ostéoporose associée ou d’infertilité précoce.

Quels traitements ?

un homme avec une seringue dans la main

L’andropause n’est pas un état pathologique, et un traitement n’est pas nécessaire systématiquement. Certaines mesures hygiéno-diététiques peuvent réduire les symptômes liés à l’andropause, notamment :

    • Une alimentation saine et équilibrée ;
    • Une activité physique régulière et adaptée ;
    • La diminution du tabagisme et de la consommation d’alcool.

Si l’andropause se manifeste précocement, un traitement substitutif peut être instauré. Il consiste à administrer de la testostérone naturelle, jusqu’à obtenir une concentration plasmatique proche de la concentration physiologique avant l’andropause. Actuellement, la testostérone peut être administrée sous différentes formes :

    • En injection intramusculaire ;
    • Par voie transdermique, en gel ou en patch ;
    • Par voie orale.

Ce type de traitement doit être étroitement surveillé à deux niveaux :

    • Sur le plan de l’efficacité : il doit significativement améliorer le bien-être, l’humeur et l’activité sexuelle ;
    • Sur le plan des effets secondaires : un suivi médical régulier en particulier des fonctions sanguines, hormonales, cardiaques et prostatiques.

Par ailleurs, les troubles de l’érection associés à l’andropause peuvent être pris en charge par des traitements spécifiques de la dysfonction érectile.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– Qu’est-ce que l’andropause et comment se manifeste cette ménopause masculine ? Guide de l’infertilité. Consulté le 12 novembre 2020.
– CHAPITRE 06 – ANDROPAUSE. Association Française d’Urologie. Consulté le 12 novembre 2020.
– ANDROPAUSE. Esculape. Consulté le 12 novembre 2020.