Sclérose en plaques : prédire le handicap à partir d’une IRM

May 14, 2019 par

Avec plus de 100 000 personnes touchées en France, la sclérose en plaques représente la première cause de handicap neurologique non traumatique chez l’adulte jeune. Comment prédire au mieux l’incapacité fonctionnelle d’un patient ? La solution se trouverait peut-être dans l’analyse d’une technique très puissante d’imagerie médicale.

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Sclérose en plaques et incapacité fonctionnelle

Chaque année, environ 5 000 nouveaux diagnostics de sclérose en plaques sont posés en France. Cette maladie neurologique est particulièrement imprévisible et peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie et les capacités fonctionnelles.

A partir du diagnostic de la maladie, les patients s’inquiètent de l’évolution de la maladie et de l’importance de l’incapacité fonctionnelle à laquelle ils seront confrontés. Face à cette situation, les médecins et les scientifiques tentent de développer des examens capables de prédire le handicap lié à la sclérose en plaques.

Dans ce contexte, une récente étude suggère l’existence d’un lien entre les résultats d’une technique d’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) et l’incapacité neurologique du patient.

Une technique deux fois plus puissante que les autres

Dans cette étude, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique Radiology, les chercheurs ont utilisé une technique puissante d’IRM chez 33 patients atteints de sclérose en plaques, pour suivre l’évolution de la maladie. Parmi ces participants, 20 patients présentaient une forme récurrente rémittente de sclérose en plaques et 13 une forme secondairement progressive.

D’un point de vue pratique, l’appareil d’IRM utilisé produisait un champ magnétique au moins deux fois plus important que la plupart des appareils utilisés en routine. Grâce à cet appareil plus puissant, les chercheurs ont pu détecter et identifier des nouvelles lésions de sclérose en plaques chez 25 patients, des lésions que les IRM classiques n’avaient pas été capables de repérer auparavant. Ils  pourraient ainsi mieux comprendre dans quelles régions du cortex cérébral les lésions se développent le plus fréquemment.

Parallèlement, en analysant les données recueillies au cours de l’étude, les chercheurs ont mis en évidence un lien entre le volume total des lésions corticales (lésions au niveau du cortex cérébral) et l’incapacité neurologique.

Les lésions corticales étroitement liées au handicap

A l’issue de cette étude, les chercheurs ont pu observer que le développement de lésions dans la matière grise du cortex cérébral pourrait être un facteur prédictif de l’incapacité fonctionnelle chez les patients atteints de sclérose en plaques. Ces lésions seraient deux fois plus nombreuses que celles observées dans la matière blanche.

Par ailleurs, ces travaux semblent indiquer que le volume total des lésions corticales serait un indicateur de l’incapacité neurologique des patients. Les lésions corticales joueraient ainsi un rôle capital dans l’évolution de la maladie neurologique, notamment en termes de handicap.

Si les résultats de cette étude se confirment à plus grande échelle, il sera essentiel de mieux comprendre la corrélation entre les lésions corticales et l’incapacité neurologique, ainsi que les facteurs contribuant à la réponse inflammatoire à la surface du cerveau. De tels travaux pourraient un jour permettre de développer des traitements ciblant spécifiquement la formation des lésions corticales.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Longitudinal Characterization of Cortical Lesion Development and Evolution in Multiple Sclerosis with 7.0-T MRI Radiology. Consulté le 13 mai 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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