Sclérose en plaques : vers un nouveau traitement pour régénérer les nerfs ?

Mar 9, 2018 par

Une gaine, constituée de myéline, entoure nos nerfs et est indispensable à la bonne conduction de l’influx nerveux. Lors de sclérose en plaques (SEP), c’est cette enveloppe qui est attaquée par le système immunitaire. Des chercheurs ont identifié des petites molécules empêchant la réparation de la gaine de myéline lorsque celle-ci est lésée… et d’autres molécules capables d’inhiber ces molécules anti-réparation… Explication.

Regénération des nerfs SEP

SEP : un problème de myéline

Système nerveux

Système nerveux

La gaine qui entoure nos nerfs est constituée de myéline, une substance lipidique. Elle protège et isole nos nerfs, permettant à l’influx nerveux de se propager sous forme d’une onde électrique d’un neurone à l’autre, ou d’un neurone aux différentes parties de notre corps. Ce véritable « réseau électrique », ayant pour « tour de contrôle » le cerveau, nous permet de réfléchir, marcher, parler…

Lorsque cette gaine est abîmée, comme c’est le cas lors de la sclérose en plaques (SEP), des déficiences apparaissent. Elles sont variables en fonction de l’endroit touché, pouvant aller de problèmes de motricité à la diminution des facultés intellectuelles.

Mais notre corps est plein de ressources et a la capacité de régénérer la myéline, sauf que…

Une équipe de chercheurs américains a identifié une molécule empêchant cette remyélinisation : l’histone désacétylase 3 (HDAC3). Cette substance est une enzyme qui altère les histones.

À savoir ! Les histones sont des protéines liées à l’ADN de nos cellules.

Des études encourageantes pour traiter la SEP

Cependant les scientifiques ne se sont pas arrêtés là ! Ils ont également trouvé une molécule capable d’inhiber HDAC3, et ainsi de permettre la réparation de la myéline des nerfs abîmés.

Cet inhibiteur d’HDAC3 a été administré à des souris victimes de lésions des nerfs périphériques. Les chercheurs ont alors pu constater une régénération de la myéline et une amélioration des symptômes des animaux.

L’expérience a également été menée sur des cellules humaines produisant la myéline. Là aussi, les résultats se sont révélés très encourageants.

Les inhibiteurs des histones désacétylases ne sont pas des molécules inconnues ; elles sont déjà utilisées pour soigner certains cancers chez l’homme. C’est donc un grand espoir de traitement pour tous les malades souffrant de pathologie démyélinisante comme la SEP.

Les chercheurs américains envisagent maintenant de tester l’inhibiteur d’HDAC3 sur des primates, avant les essais sur l’homme.

Isabelle V., journaliste scientifque

– A histone deacetylase 3–dependent pathway delimits peripheral myelin growth and functional regeneration – Nature Medicine volume 24, pages 338–351 (2018) – Xuelian He et al – doi:10.1038/nm.4483
– Des chercheurs ont identifié une enzyme capable de restaurer la myéline des nerfs – lequotidiendumedecin – Véronique Nguyen. 15 février 2018.
Isabelle V.
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