Sommeil : vaut-il mieux dormir seul ?

Apr 1, 2017 par

Le sommeil est capital pour la santé, en manquer pouvant conduire à différents troubles. A l’occasion de la journée du sommeil, l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) s’est penché sur les habitudes nocturnes des Français, pour tenter de répondre à une question fondamentale : vaut-il mieux dormir seul pour en préserver la qualité ?

sommeil cododo idee

Le sommeil des Français à la loupe

Une récente enquête sur le sommeil a été menée fin 2016 sur un échantillon représentatif de la population française, constitué de 1 001 personnes, âgées de 18 à 65 ans. Les résultats indiquent que les Français dorment en moyenne 7h07 en semaine et 8h04 le week-end. Celui-ci est particulièrement court dans la tranche d’âge des 45 à 54 ans, alors qu’il est plus long chez les femmes et les jeunes adultes.

Plus de la moitié des Français estiment leur sommeil insuffisant, avec une dette en somme d’autant plus importante que sa durée est courte en semaine. En moyenne, plus d’une vingtaine de minutes sont nécessaires pour s’endormir, avec un temps d’endormissement plus long chez les femmes. Au réveil, il s’écoule entre 25 et 40 minutes avant le lever définitif, les femmes se levant plus rapidement que les hommes.

Concernant la sieste, 4 Français sur 10 en font au moins une par semaine, et 13 % de manière régulière, surtout parmi les plus âgés, les inactifs, les ronfleurs réguliers, les plus somnolents et ceux qui ont le temps de repos le plus faible. Par ailleurs, 1 Français sur 3 déclare ronfler, et ce pourcentage augmente avec l’âge. Près du tiers des Français sont somnolents dans la journée, surtout ceux qui dorment moins de 6 heures par nuit et ceux qui ronflent.

Du co-sleeping chez les adultes …

Après ce bilan général sur le sommeil des Français, l’étude s’est plus particulièrement intéressée à la qualité du somme, pour répondre à une question souvent posée dans les centres du sommeil : est-il préférable de dormir seul pour préserver son endormissement ? Les résultats révèlent que 4 Français sur 10 dorment seuls toutes les nuits ou presque, surtout en raison de leurs circonstances de vie. En revanche,  40 % des personnes vivant en couple font le choix délibéré de dormir dans des lits séparés. Ainsi, la moitié des Français dort avec un autre adulte et possède un lit d’au minimum 160 cm de large.

Le co-sleeping perturbe-t-il le sommeil ? Un tiers des Français indique que le co-sleeping impacte la qualité de l’endormissement, de manière positive ou négative. Pour 22 % de ceux qui vivent en couple, la présence de l’autre dans le même lit perturbe son assouplissement. Cette altération de la qualité de celui-ci est due à plusieurs facteurs :

  • Les mouvements de l’autre ;
  • Les ronflements (la moitié des ronfleurs dorment en couple) ;
  • Une pathologie comme l’apnée du sommeil (14 % des cas).

… Au co-dodo avec un enfant !

En dehors du co-sleeping, une autre pratique est largement répandue, le co-dodo avec les enfants. Un quart des Français ayant un enfant, dorment avec lui occasionnellement et 7 % pratiquement toutes les nuits. Cette habitude concerne surtout les enfants entre 2 et 5 ans, parfois jusqu’à 10 ans. Les motifs invoqués sont divers :

  • Des pleurs nocturnes ;
  • Une demande de l’enfant ;
  • Un enfant malade ;
  • Les cauchemars ;
  • La peur du noir.

Une pratique occasionnelle dans 2 cas sur 3, mais qui peut insidieusement devenir une habitude régulière, en particulier dans les familles monoparentales.

Si 25 % des personnes concernées estiment que le co-dodo facilite leur sommeil, il le perturbe dans près d’un cas sur deux, en provoquant des difficultés à s’endormir et des réveils nocturnes. Les pédiatres recommandent que le co-dodo reste une exception pour préserver la qualité du repos, à la fois des parents et des enfants.

Lire aussi – Le sommeil et le cerveau des adolescents  – https://www.sante-sur-le-net.com/sommeil-cerveau-adolescents/

Et les animaux de compagnie ?

En France, un animal domestique est présent dans la moitié des foyers. Où dort cet animal la nuit ? Dans un tiers des cas, il est présent dans la chambre toutes les nuits ou presque. Si 13 % des personnes concernées estiment que leur sommeil est amélioré par cette présence, sa qualité est altérée dans 25 % des cas.

Les animaux peuvent entraîner des micro-réveils au cours de la nuit, réduisant la qualité du somme. De plus, les spécialistes mettent en garde contre les autres effets néfastes de la présence d’un animal dans une chambre, en particulier sur les risques d’allergie (rhinite, obstruction nasale, asthme), qui peuvent eux-mêmes nuire au sommeil.

D’après cette étude, dormir seul semble être l’option la plus efficace pour optimiser son sommeil. Un résultat à méditer au cours des prochaines nuits …

Estelle B. / Docteur en Pharmacie


Source :
Journée du sommeil 2017 : Dormir seul ou pas, quel impact sur le sommeil ? Institut National du Sommeil et de la Vigilance. 17 mars 2017.

Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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