Vers la fin de l’hépatite dans le monde ?

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Rédigé par Camille H. et publié le 8 novembre 2017

Ces dernières années, les traitements contre l’hépatite ont connu une nette amélioration en termes d’accessibilité à l’échelle mondiale. Malgré les efforts conjoints de nombreux pays pour éradiquer l’hépatite, 52 millions d’enfants sont à ce jour infectés par les virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C. Santé sur le net fait le point pour vous au lendemain du Sommet mondial sur l’hépatite 2017.

Fin de l'hépatite dans le monde - Sommet mondial

325 millions de malades dans le monde

Responsable du décès de plus de 1,3 millions d’individus chaque année, l’hépatite est une maladie d’origine virale caractérisée par une forte inflammation du foie. Il existe cinq types d’hépatites (A, B, C, D, E) impactant plus de 325 millions d’individus dans le monde. Les hépatites B et C sont les plus dangereuses : elles représentent en effet 96% des hépatites mortelles. On estime à environ 257 millions de personnes atteintes d’une hépatite B, dont 52 millions d’enfants infectés par leur mère à la naissance. L’hépatite C, quant à elle, touche plus de 71 millions d’individus.

Bien qu’il existe des vaccins contre l’hépatite B dans 84% des pays, seuls 39% d’entre eux protègent les nourrissons de façon efficace. Le véritable problème est ailleurs : seuls 9% des malades porteurs de l’hépatite B sont au courant de leur statut, ce taux étant d’un peu moins de 20% pour l’hépatite C. Les virus continuent donc à se propager, d’où l’importance d’une sensibilisation et de tests de dépistage à grande échelle.

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Fin de l’hépatite dans le monde : Les enjeux du sommet mondial

Adoptée en mai 2016, la première stratégie mondiale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été signée par 194 gouvernements engagés dans la lutte contre l’hépatite. L’objectif ? Eradiquer la maladie d’ici 2030. Le constat est déjà positif : d’après les chiffres de l’OMS, un record a été atteint dans le nombre de personnes ayant pu avoir accès à un traitement. Trois millions d’individus ont en effet pu obtenir des soins contre l’hépatite C ces deux dernières années et 2,8 millions de personnes ont débuté un traitement anti-hépatite B.

Le Sommet mondial de l’hépatite s’est tenu du 1er au 3 novembre 2017 à São Polo, au Brésil. Rassemblant une large coalition de patients, de soignants, de chercheurs et d’experts, ce sommet avait plusieurs objectifs de taille :

  1. Inciter davantage de pays à agir concrètement contre l’hépatite grâce au soutien de l’OMS et aux dernières recherches en santé publique ;
  2. Médiatiser la maladie afin que chacun puisse prendre conscience des enjeux relatifs à son éradication ;
  3. Soutenir la recherche et mobiliser les bailleurs de fonds mondiaux ;
  4. Adapter les modalités de financement pour les médicaments et les produits de diagnostic.

Actuellement, plus de 86% des pays ont fixé des objectifs stratégiques pour éliminer la maladie et plus de 70% ont déjà mis au point des plans nationaux afin de rendre la prévention plus efficace et de fournir un meilleur accès aux soins.

Les craintes des spécialistes sont principalement tournées vers l’augmentation des cas d’hépatite C, pour laquelle il n’existe pas de vaccin. La maladie se contracte par le sang et les fluides corporels et touche particulièrement les consommateurs de drogues. Un quart des nouvelles infections sont en effet dues à un partage de matériel d’injection non stérile. La sécurité des injections est donc une stratégie importante dans la limitation des contaminations par les virus d’hépatite mais également par d’autres virus, tels que le VIH.

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Des difficultés de financement

En 2015, seuls 7% des 71 millions de personnes souffrant d’une hépatite C avaient accès à un traitement. L’arrivée de versions génériques de ces traitements a permis une baisse majeure des prix dans certains pays à faible revenu. L’OMS travaille activement à la réduction de ces coûts afin de rendre accessible à tous les molécules antivirales.

Bon nombre de pays ne disposent pas des ressources nécessaires au financement des principaux services destinés à traiter les patients atteints d’une hépatite. Des problèmes de diagnostic et de prévention compliquent également la tâche et demandent davantage d’innovation scientifique.

Cependant, l’augmentation du nombre de personnes traitées contre l’hépatite n’est qu’une première étape dans l’éradication de la maladie. L’OMS rappelle que l’accès aux traitements doit être de 80% d’ici 2030 afin d’éliminer complètement l’hépatite.

Lire aussiL’OMS veut mettre fin à la tuberculose d’ici 2030

Camille H., Docteur en virologie

– Près de 3 millions de personnes ont accès à un traitement contre l’hépatite C, selon l’OMS. Centre d’actualité de l’ONU. – Consulté le 06 novembre 2017.
  • Pierre Hould says:

    Bonjour, j’ai toujours plaisir à lire vos excellents articles. Dans l’article concerné ici ‘Vers la fin de l’hépatite dans le monde’ je voudrais être éclairé au sujet de l’hépatite C alors que vous dites: ‘Les craintes des spécialistes sont principalement tournées vers l’augmentation des cas d’hépatite C, pour laquelle il n’existe pas de vaccin. La maladie se contracte par le sang et les fluides corporels…’
    Je travaille pour l’organisme Hépatites Ressources au Québec (CANADA) et c’est la première fois que j’entends parler que l’hépatite C se contracte par les fluides corporels!!?? Je sais qu’il y a 1% de chances que ce virus soit transmis par relation sexuelle (et nous parlons ici de relations anales) alors que le virus pourrait passer au travers des muqueuses dans le cas d’irritation sévère.
    La transmission par les fluides corporels (fluide vaginal ou sperme) est plutôt pour l’hépatite B d’après nos informations.
    Existe-t-il une étude dans vos sources qui certifie la transmission du VHC par les fluides corporels?
    Dans l’attente de vous lire chère Docteure Camille H.
    Pierre Hould
    Hépatites Ressources

  • Pierre Hould says:

    Bonjour, j’ai toujours plaisir à lire vos excellents articles. Dans l’article concerné ici ‘Vers la fin de l’hépatite dans le monde’ je voudrais être éclairé au sujet de l’hépatite C alors que vous dites: ‘Les craintes des spécialistes sont principalement tournées vers l’augmentation des cas d’hépatite C, pour laquelle il n’existe pas de vaccin. La maladie se contracte par le sang et les fluides corporels…’
    Je travaille pour l’organisme Hépatites Ressources au Québec (CANADA) et c’est la première fois que j’entends parler que l’hépatite C se contracte par les fluides corporels!!?? Je sais qu’il y a 1% de chances que ce virus soit transmis par relation sexuelle (et nous parlons ici de relations anales) alors que le virus pourrait passer au travers des muqueuses dans le cas d’irritation sévère.
    La transmission par les fluides corporels (fluide vaginal ou sperme) est plutôt pour l’hépatite B d’après nos informations.
    Existe-t-il une étude dans vos sources qui certifie la transmission du VHC par les fluides corporels?
    Dans l’attente de vous lire chère Docteure Camille H.
    Pierre Hould
    Hépatites Ressources

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