Spiruline : en petites quantités et de haute qualité

Dec 18, 2017 par

Les compléments alimentaires à base de spiruline sont actuellement parmi les plus vendus en France. Si cette cyanobactérie a de forts atouts nutritionnels, elle devient victime de son succès, avec le développement de produits de moindre qualité et de réseaux de distribution mal contrôlés, à l’origine d’effets néfastes sur le consommateur.

Compléments - spiruline - anses

La spiruline, de forts atouts nutritionnels

La spiruline est une cyanobactérie du genre Arthrospira, naturellement présente dans les eaux douces et chaudes des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud. Elle est consommée depuis très longtemps dans certains pays, où elle est récoltée à l’état sauvage ou cultivée de manière traditionnelle. Depuis quelques années, elle est cultivée à grande échelle :

  • Pour l’alimentation humaine, principalement sous forme de compléments alimentaires ou de colorants ;
  • Pour l’alimentation animale.

À savoir ! La spiruline est commercialisée sous différentes formes : en vrac sous forme de poudre ou dans des compléments alimentaires en comprimés ou en gélules.

L’intérêt suscité par la spiruline réside dans sa qualité nutritionnelle. En effet, sa composition met en avant plusieurs avantages nutritifs :

  • Une très forte teneur en protéines (entre 60 et 70 % de la matière sèche) avec une forte proportion d’acides aminés essentiels ;
  • Des fibres alimentaires (glucides complexes) ;
  • Un faible teneur en lipides, avec des taux intéressants d’acides gras mono- et polyinsaturés ;
  • Une grande variété de vitamines, en particulier les vitamines du groupe B, ainsi que les vitamines A et E ;
  • Une grande richesse en minéraux, qui varient selon le mode de production et la zone de collecte de la spiruline.

Victime de son succès ?!

Les compléments alimentaires à base de spiruline connaissent depuis quelques années un tel succès qu’il est possible d’en trouver un peu partout à des tarifs très variables. Malheureusement, certains circuits de distribution s’avèrent peu fiables et de plus en plus d’effets indésirables sont signalés aux autorités sanitaires, suite à la consommation de spiruline.

Ainsi, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) a enregistré au cours des dernières années différents effets indésirables, liés à la consommation de spiruline, notamment :

  • Des angio-œdèmes faciaux allergiques (gonflement localisé du visage d’origine allergique) ;
  • Des troubles digestifs (douleurs à l’estimac, nausées, vomissements, diarrhée) ;
  • Des douleurs musculaires ;
  • Des troubles rénaux (anomalies du taux sanguin de créatinine).

Dans 1 cas sur 5, l’origine des troubles constatés a pu être directement imputée à la consommation de spiruline.

Face à cette situation, l’ANSES rappelle un certain nombre d’informations sur la spiruline :

  • La spiruline n’est pas considérée en France comme une espèce médicinale, mais comme une denrée alimentaire.
  • Seules trois espèces du genre Arthrospira sont inscrites sur la liste européenne des plantes autorisées en tant que compléments alimentaires.
  • En aucun cas, la spiruline ne peut être considérée comme un apport en vitamine B12 chez les personnes végétariennes ou végétaliennes.

L’ANSES recommande par ailleurs aux consommateurs de privilégier les circuits d’approvisionnement conformes à la réglementation française et les produits avec une bonne traçabilité (identification du fabricant).

Des contaminations en cause

Pourquoi certains compléments alimentaires à base de spiruline pourraient être à l’origine d’effets indésirables ? L’ANSES rappelle tout d’abord que les produits à base de spiruline peuvent être contaminés par :

  • Des cyanotoxines (toxines produites par différentes espèces de cyanobactéries présentes dans certaines cultures de spiruline), réparties en trois catégories selon leur toxicité :
    • Les microcystines ou hépatotoxines responsables de troubles digestifs ;
    • Les neurotoxines responsables de troubles neurologiques ;
    • Les dermatotoxines ;
  • Des bactéries qui peuvent contaminer la spiruline lors de la récolte, du lavage, du séchage, du stockage ou du conditionnement ;
  • Des traces d’éléments métalliques comme le plomb, le mercure ou l’arsenic.

Après évaluation de la situation, l’ANSES préconise la mise en œuvre d’études cliniques pour déterminer la dose journalière maximale de spiruline. En dehors du risque de contamination, la spiruline ne semble pas présenter de risque sanitaire à de faibles doses (jusqu’à plusieurs grammes par jour).

Par ailleurs, elle précise que ces compléments alimentaires sont déconseillés chez les personnes atteintes de phénylcétonurie (maladie génétique liée à un trouble du métabolisme de la phénylalanine (acide aminé d’origine alimentaire)) ou présentant un terrain allergique. Au final, la spiruline est un complément alimentaire intéressant, à condition de prendre garde à la source d’approvisionnement et d’en consommer avec modération.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif aux « risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la spiruline ». ANSES. 4 août 2017.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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