Terrains de sport synthétiques : sont-ils vraiment dangereux pour la santé ?

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Rédigé par Julie P. et publié le 30 septembre 2018

Valoriser la matière des pneus usagés et avoir un terrain de sport robuste et facile d’entretien : c’est pour ces deux raisons louables que les terrains de sport synthétiques et aires de jeux ont connu un développement très important ces dernières années. Cependant, depuis 2012, de nombreuses inquiétudes persistent sur la nocivité éventuelle de ces surfaces synthétiques sur la santé et l’environnement. Zoom sur les dernières conclusions de l’ANSES (Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) qui a passé en revue les études internationales sur le sujet.

terrains de sport synthétiques

Terrains de sport synthétiques versus terrain naturel

Dans sa note d’appui scientifique et technique, l’Anses dresse les principaux bénéfices des terrains de sport synthétiques et des terrains naturels. Nous vous proposons ici un résumé :

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En 2018, la France est dotée de 3000 terrains de sport synthétiques.

Les textes réglementaires encadrant la fabrication des terrains sportifs et des aires de jeux sont orientés vers les performances sportives et les qualités d’amortissement sans exigence sur leur composition chimique et les risques sanitaires ou environnementaux de leurs matériaux.

Les  seules exigences qualitatives concernent les seuils de lixiviation (migration des éléments sous l’influence de l’eau) de 6 métaux lourds dont le plomb, le cadmium, deux formes de chrome, le mercure, l’étain et le zinc.

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Etat des lieux des connaissances

En passant en revue plus d’une cinquantaine d’études et d’expertises publiées au niveau international sur les risques liés aux terrains synthétiques et aires de jeux, notamment par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et l’Institut néerlandais pour la santé et l’environnement (RIVM), l’ANSES conclut que :

    • Le risque pour la santé des sportifs (enfants et adultes) et des enfants est négligeable ;
    • Aucun lien n’a pu être mis en évidence entre la fréquentation des terrains synthétiques et un risque accru de souffrir d’un cancer comme des lymphomes et des leucémies ;
    • Les granulats de pneus ne relarguent que des faibles concentrations de substances cancérogènes.

    En dépit de ces conclusions rassurantes pour le risque sanitaire, l’agence nationale émet davantage de réserves sur les risques potentiels pour l’environnement.

    Ainsi, elle souligne que ” les données disponibles évoquent l’existence de risques potentiels pour l’environnement liés au transfert de substances chimiques dans les milieux (zinc, phénols…) via les sols et les systèmes de drainage des eaux de pluie”.

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    Préconisations et priorités de recherche

    Compte tenu des risques potentiels de ces terrains synthétiques sur l’environnement, l’ANSES recommande dans son rapport commandé par le gouvernement de :

    • Réaliser des études environnementales localement avant toute mise en place de ce type de revêtement ;
    • Diminuer la teneur en HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) dans les granulats de caoutchouc.

    À savoir ! Les HAP sont classés cancérogènes probables pour l’Homme dans les granulats utilisés comme matériaux de remplissage. Une étude est en cours actuellement en Europe (Etude REACH) pour évaluer ses risques et mettre en place, par la suite, une législation adaptée sur ses modalités d’utilisation.

    Sur les risques sanitaires, l’ANSES a mis en évidence certaines limites dans les données disponibles et notamment, la prise en compte de la variabilité de la composition des terrains synthétiques.

    L’Agence recommande donc de procéder à une analyse plus large des polluants contenus et émis par ces granulats comme les COV (composés organiques volatils) et les poussières susceptibles d’être émises pendant leur fabrication.

    L’agence recommande également d’approfondir les études sur les terrains synthétiques en espace clos en s’attachant à analyser la qualité de l’air et l’exposition cutanée.

    De plus, l’Anses recommande de collecter davantage de données concernant les utilisations de ces granulats dans les aires de jeu qui intègrent notamment des colles, colorants, liants, agents lissants.

    Pour finir, l’agence recommande de poursuivre les études sur le risque thermique de ces revêtements, car ils peuvent être source de concentration de chaleur dans les villes.

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    Julie P., Journaliste scientifique

    – Terrains synthétiques : les expertises disponibles à ce jour concluent à un risque peu préoccupant pour la santé. Anses. ANSES..Consulté le 27 septembre 2018.
    – NOTE d’appui scientifique et technique de l’ANSES. anses.fr Sainsine 2018-SA-0033. ANSES.Consulté le 27 septembre 2018.

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