Tour d’horizon des maladies transmises par les tiques

Jul 7, 2018 par

Avec les vacances, certains en profiteront pour faire de grandes balades en forêt ou sur les chemins de campagne. Mais dans les herbes se cache un ennemi redoutable, capable de transmettre à l’Homme des maladies parfois graves : la tique ! La Haute Autorité de Santé (HAS) vient de publier ses recommandations de bonne pratique sur les maladies vectorielles transmises par les tiques.

Tique pénétrant sous la peau

Les différentes maladies liées aux tiques

Dans ses recommandations de bonne pratique, publiées en juin 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) revient en détail sur les nombreuses maladies qui peuvent être transmises par les tiques.

La maladie vectorielle à tiques la plus connue est la maladie de Lyme, une pathologie qui peut se présenter sous différentes formes :

  • Un érythème migrant dans sa présentation la plus fréquente, avec l’apparition d’une tâche rouge ronde ou ovale, de plusieurs centimètres de diamètre, dans les 3 à 30 jours après la piqûre.
  • Des formes disséminées, plus complexes, qui peuvent survenir de façon précoce (moins de 6 mois après la piqûre) ou tardive (au-delà de 6 mois voire des années après), et qui peuvent associer :
    • Des atteintes articulaires (jusqu’à 20 % des cas), le plus souvent au niveau des grosses articulations comme le genou ;
    • Des atteintes cardiaques, le plus souvent un bloc auriculo-ventriculaire entraînant des douleurs thoraciques, des palpitations, des troubles respiratoires, voire des syncopes ;
    • Des atteintes ophtalmologiques, plus rares (1 % des cas), avec une baisse de l’acuité visuelle, une vision double, des douleurs oculaires, des troubles de l’accommodation, voire une uvéite ou une neuropathie optique ;
    • Des atteintes cutanées caractérisées par exemple par un érythème migrant multiple (tâches rouges à différents endroits du corps) ou un lymphocytome (lésion cutanée unique, plus fréquente chez l’enfant) ;
    • Des atteintes neurologiques précoces (5 % des cas), parfois appelées des neuroborrélioses de Lyme, marquées par des troubles sensitifs, une diminution des réflexes ostéo-tendineux, une paralysie faciale, voire une méningite ou une encéphalite.

Mais la maladie de Lyme n’est pas la seule maladie transmise par les tiques. En France, ces animaux peuvent également transmettre :

  • D’autres maladies bactériennes, comme les rickettsioses à tiques (tâche noire sur la peau avec fièvre, maux de tête et douleurs musculaires), la tularémie (état grippal et ulcération au niveau de la piqûre) ou l’anaplasmose granulocytaire (douleurs articulaires et fièvre) ;
  • Une maladie parasitaire, la babésiose (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires) ;
  • Une maladie virale, la méningo-encéphalite à tiques (état grippal et troubles méningés), contre laquelle il existe un vaccin préventif.

À savoir ! Dans d’autres régions du monde, d’autres maladies vectorielles à tiques sont décrites.

Comment se protéger des tiques ?

Dans ses recommandations, la HAS préconise des mesures de prévention destinées aux personnes qui se promènent en forêt, séjournent dans une zone boisée ou végétalisée, ou encore randonnent :

  • Le port de vêtements longs et clairs pour mieux repérer les tiques ;
  • L’utilisation de guêtres, ou à défaut faire rentrer le bas des pantalons dans les chaussettes ;
  • La protection de la tête et du cou, en particulier chez les enfants ;
  • Le port de chaussures fermées ;
  • L’utilisation de répulsifs cutanés adaptés ;
  • L’imprégnation des vêtements par des répulsifs spécifiques, notamment à base de perméthrine, qui conservent un effet pendant une durée de 6 semaines ;
  • Le traitement adapté des animaux de compagnie contre les tiques, afin d’en limiter la prolifération.

Après chaque promenade, il est conseillé d’inspecter minutieusement chaque partie du corps pour repérer d’éventuelles tiques. Cet examen est à refaire le lendemain, car les tiques, gorgées de sang, sont alors plus visibles. Ce type d’inspection est essentielle chez les enfants, qui ne sentent pas forcément qu’ils ont été piqués.

La conduite à tenir en cas de piqûre de tique

Si, malgré les mesures de prévention, une tique est découverte, cette dernière doit être retirée de la peau le plus rapidement possible. Cette opération doit être effectuée à l’aide d’un tire-tique, en exerçant des mouvements alternés de rotation et de traction perpendiculairement à la peau, pour retirer la tique avec l’intégralité de sa tête. Seulement après le retrait de la tique, le site de piqûre doit être désinfecté.

À noter ! Les tire-tiques sont commercialisés notamment dans les pharmacies, les parapharmacies et les cliniques vétérinaires. Ils existent en deux tailles, selon la grosseur de la tique à retirer.

Après le retrait de la tique, il est capital de surveiller la zone de piqûre pour détecter l’apparition d’une lésion cutanée, mais aussi la survenue dans les jours et les semaines suivants des signes cliniques, tels que :

  • Des douleurs notamment articulaires ;
  • Une fièvre ;
  • Une fatigue ;
  • Des troubles neurologiques ;
  • Des troubles visuels.

Aucun traitement spécifique n’est recommandé si aucun symptôme ne survient suite à la piqûre de tique. Si des troubles apparaissent, un diagnostic précis est nécessaire pour instaurer le traitement adapté le plus rapidement possible. Pour qu’une simple promenade en forêt n’aboutisse pas à une pathologie grave !

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques (MVT). Recommandation de Bonne Pratique. HAS. Juin 2018.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.