Virus Nipah en Inde : le spectre d’une nouvelle épidémie ?
Récemment, l’Inde a confirmé cinq cas de personnes infectées au virus Nipah dans l’État de Bengale-Occidental. Quelle est cette zoonose dont le taux de mortalité peut être élevé chez l’homme ? Le risque d’une nouvelle épidémie est-il réel ? On fait le point.

Infection au virus Nipah : une préoccupation de santé publique
L’infection au virus Nipah désigne une maladie qui se transmet à l’homme via les chauves-souris, les porcs ou d’autres animaux domestiques (chevaux, chèvres, moutons etc…). Il s’agit donc d’une zoonose mais la contamination est également possible entre êtres humains via un contact avec les sécrétions des personnes malades ou des aliments contaminés.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus Nipah représente une source de préoccupation certaine pour la santé publique en ce sens qu’il peut infecter un grand nombre d’espèces animales et provoquer des maladies graves ainsi que des décès chez l’homme.
C’est ainsi qu’entre 2001 et 2008, près de la moitié des cas recensés au Bangladesh étaient imputables à la transmission interhumaine du virus lors des soins dispensés aux patients infectés.
Une infection au taux de mortalité élevé
Récemment, l’Inde a confirmé des cas de personnes infectées au virus Nipah dans l’État de Bengale-Occidental. Tout a commencé le 10 janvier dernier, quand l’institut AIIMS (All India Institute of Medical Sciences) de Kalyani a reçu un appel inquiétant. Une jeune infirmière souffrait d’une encéphalopathie progressant rapidement et l’un de ses collègues infirmiers, travaillant dans le même hôpital, présentait de la fièvre ainsi qu’une détérioration neuro-respiratoire. De quoi nourrir des craintes sérieuses au sein de l’établissement indien. Après réalisation de plusieurs tests, l’ARN du virus Nipah a été retrouvé chez les deux soignants infectés. Tous deux auraient été contaminés par un même patient dont ils avaient la charge.
Depuis, l’infirmière se trouve dans un état critique et cinq cas de maladie à virus Nipah ont été comptabilisés ou suspectés. D’où l’importance d’agir rapidement pour enrayer la propagation de ce virus qui peut être rapidement mortel.
Si l’infection peut être asymptomatique chez l’homme, elle peut parfois se révéler bien plus préoccupante. Selon l’OMS, elle peut se manifester dans un premier temps à travers des symptômes tels que de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des vomissements et des maux de gorge. Puis, dans un second temps peuvent apparaître des vertiges, une somnolence, une altération de l’état de conscience et une encéphalite aiguë. Notons que certains patients présentent également de graves problèmes respiratoires. Dans les cas graves, l’encéphalite et les convulsions évoluent rapidement vers le coma (en 24 à 48 heures).
L’infection au virus Nipah est mortelle dans 40 à 75 % des cas. Pour les patients qui y survivent, la guérison est généralement complète mais 20 % d’entre eux conservent des séquelles neurologiques.
Des précautions indispensables pour éviter la transmission du virus Nipah
A ce jour, il n’existe aucun traitement ni vaccin pour lutter contre l’infection au virus Nipah. Les patients infectés peuvent uniquement bénéficier de soins de soutien.
Dès lors, limiter la propagation du virus et le nombre de personnes infectées implique de prendre certaines précautions pour éviter la transmission comme :
- Empêcher l’accès des chauves-souris aux fruits et aux palmiers dattiers. Ces animaux sont en effet frugivores et les fruits dans lesquels ils auraient mordu doivent être jetés.
- Désinfecter et nettoyer régulièrement les élevages de porcs pour prévenir toute infection. Avec mise en quarantaine voire abattage de l’élevage touché en cas d’épidémie déclarée.
- Limiter les contacts physiques non protégés avec les personnes malades.
- Se laver régulièrement les mains.
Les précautions visant à éviter la transmission interhumaine du virus Nipah ne sont pas sans rappeler celles recommandées pendant la pandémie de Covid-19. Elles sont pourtant indispensables pour éviter que ne survienne une nouvelle pandémie…
– Virus Nipah. www.who.int. Consulté le 2 février 2026.
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