One Health : préserver la santé humaine, animale et des écosystèmes

18 septembre 2021 par

Depuis plusieurs décennies, nous savons que la santé humaine et animale sont interdépendantes et sont elles-mêmes intimement liées à la santé des écosystèmes dans lesquels humains et animaux coexistent. La récente épidémie de coronavirus nous l’a encore rappelé. Pour garantir la santé humaine, il est donc nécessaire de garantir la santé des animaux et de leurs écosystèmes. Cette vision globale de la santé s’inscrit dans le concept « One Health » (Une Seule Santé), qui a pour but de développer les collaborations entre différents organismes de recherches afin d’appréhender les enjeux sanitaires et de préserver la santé de tous.

One Health : préserver la santé humaine, animale et des écosystèmes

La dégradation de l’environnement favorise l’émergence de nouvelles maladies

Introduit au début des années 2000, One Health est un concept qui répond à la prise de conscience des liens étroits qui existent entre la santé des populations, celles des animaux et de l’environnement. L’approche se veut pluridisciplinaire et englobe ainsi l’ensemble des enjeux sanitaires. Le but est de prendre en compte tous les facteurs d’émergence des maladies afin de protéger au mieux les populations.

60% des maladies humaines ont en effet une origine animale. C’est le cas pour le virus Ebola, la grippe aviaire, le sida et plus récemment la Covid-19. Avec l’accroissement de la population mondiale, la révolution des transports qui favorisent les échanges internationaux et le développement des villes, le dernier siècle a connu une augmentation du nombre d’épidémies. Ce fait est également à relier à la dégradation environnementale. L’activité humaine, en modifiant les systèmes écologiques, favorise en effet la mise en contact entre les animaux sauvages et ceux d’élevage. C’est le cas notamment de la déforestation ou de l’évolution climatique qui favorise la colonisation de nouveaux espaces par des animaux vecteurs de maladie. La perturbation des écosystèmes par l’activité humaine facilite ainsi l’émergence de nouvelles maladies pouvant affecter les hommes.

One Health : mieux comprendre l’interdépendance entre la santé humaine, animale et des écosystèmes

C’est ainsi que le virus Nipah, proche de celui de la rougeole, a émergé en Asie du Sud-Est. Des chauves-souris porteuses de ce virus se sont réfugiés dans des bâtiments d’élevage porcin suite au ravage de la forêt tropicale par d’immenses incendies. Le virus a ainsi été transmis aux porcs d’élevage, qui l’ont ensuite transmis à l’homme. Le virus s’est avéré particulièrement mortel pour l’homme, avec près de 40% de décès. L’abatage d’un million de cochons a permis heureusement de contenir l’épidémie, mais l’occurrence de ce genre d’événement sanitaire révèle l’importance de l’interdépendance entre la santé des Hommes, des animaux et des écosystèmes. Il est donc urgent de réagir avant qu’une pandémie meurtrière et incontrôlable ne voit le jour.

Le but de One Health est donc d’encourager la collaboration rapprochée entre les organismes de recherche œuvrant dans différents domaines : celui de la santé humaine et animale et celui de l’environnement. Une attention toute particulière est notamment portée aux organismes si situant à l’interface homme-animal-écosystèmes. One Health est ainsi supporté par les différentes institutions internationales comme l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) et le FAO (Organisation des Nations Unis pour l’Agriculture et l’Alimentation). Ces trois organisations ont ainsi signé un accord de collaboration en 2010 dans ce cadre.

Protéger les écosystèmes pour nous protéger

Les recherches menées par les différents organismes de recherche dans le cadre de One Health sont extrêmement variées et portent par exemple sur les facteurs environnementaux qui pèsent sur la santé des abeilles, ou encore l’étude des zoonoses, qui sont des maladies transmises de l’animal à l’homme comme les grippes porcine et aviaire, la tuberculose ou le coronavirus.

L’un des objectifs de One Health est également de renforcer l’action des services vétérinaires, qui jouent un rôle essentiel pour la gestion des risques sanitaires. La protection de la santé humaine passe d’abord par la protection de la santé animale et par voie de conséquence, de leur environnement de vie. Prévenir et contrôler l’émergence de maladies animales permet de protéger la santé des populations humaines. Agir à la source sur le contrôle des maladies transmissibles de l’animal à l’homme, et vice-versa, apparait en effet comme la meilleure solution pour nous protéger.

Morgane Gillard, rédactrice scientifique

Sources
– A new strategy for health and sustainable development in the light of the COVID-19 pandemic. thelancet.com. Consulté le 14 septembre.
– One Health. anses.fr. Consulté le 14 septembre.
– Une seule santé. oie.int. Consulté le 14 septembre.
Morgane G.
Rédactrice scientifique
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