Autisme : nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé

Feb 27, 2018 par

Le 19 février 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis des nouvelles recommandations sur la prise en charge de l’autisme en France. Pour les enfants, les efforts doivent s’orienter vers le dépistage précoce. Pour les adultes touchés par ce trouble du développement, une priorité sera donnée à leur accompagnement vers l’autonomie et l’inclusion dans la société. Focus sur ces nouvelles stratégies de la HAS à l’aube du 4ème plan autisme.

recommandations HAS concernant le trouble autistique

Trouble autistique chez l’enfant : viser la détection avant les 18 mois

Manque de connaissances approfondies sur le Trouble du Spectre Autistique (TSA), hésitations, inquiétudes non prises en compte, inégalités territoriales d’accès aux soins spécialisés… Les parents sont souvent démunis pour faire diagnostiquer précocement un trouble autistique chez leur enfant de moins de deux ans.

Afin de répondre à cela, la HAS recommande aujourd’hui de sensibiliser toutes les personnes encadrantes de la petite enfance (crèches, écoles, assistantes maternelles etc…) et les médecins traitants à mieux repérer les signaux d’alerte.

À savoir ! L’autisme peut être confondu avec différents troubles qui sont aussi responsables de l’altération de la sociabilité, du langage et/ou du comportement comme les troubles de l’audition, de la vision, du langage ou du développement moteur. L’autisme peut aussi être confondu avec les troubles spécifiques du langage et des apprentissages dits « troubles dys » (dyslexie, dysphasie…) ou encore le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH).

Aujourd’hui, la HAS déplore que les enfants autistes soient diagnostiqués trop tardivement, c’est-à-dire entre 3 et 5 ans. Une prise en charge précoce, dès 18 mois, est indispensable pour donner toutes les chances à l’enfant dans son développement et ses apprentissages.

Afin de rattraper ce retard de diagnostic, l’autorité sanitaire revoit ses recommandations de 2005 et propose des solutions pour :

  • Mieux identifier le trouble autistique chez les jeunes enfants ;
  • Réduire les délais d’attente pour l’élaboration des diagnostics établis par plusieurs professionnels spécialisés (pédopsychiatre, psychologue, orthophoniste, médecins ORL, psychomotriciens etc…).

Des exemples de solutions ?

Dans le cadre des examens de santé obligatoires de 0 à 6 ans (entrée en maternelle et au CP), l’enfant est observé par un médecin et cette consultation doit être un moment clef pour évaluer les aptitudes de communication et la psychomotricité de l’enfant.

Si des signaux sont détectés (par l’entourage ou le médecin), alors le médecin devra consacrer une consultation dédiée à la recherche de signes d’un trouble autistique. Pour le guider, il pourra s’appuyer sur différents questionnaires listés par la HAS.

Autre solution pour accélérer la confirmation du diagnostic : réduire les délais d’attente des consultations spécialisées pour confirmer ou infirmer le diagnostic du médecin traitant. Aujourd’hui, ces temps d’attente peuvent atteindre 6 mois à 1 an et ceci reste bien trop long.

Aussi, il est question désormais qu’en cas de diagnostic difficile à établir ou de troubles associés, l’enfant sera dirigé vers un Centre de Ressources Autisme (CRA) ou un service hospitalier spécialisé.

Autisme de l’adulte : un accompagnement structuré tout au long de la vie

Aujourd’hui, en France, on estime que 600 000 adultes sont touchés par un trouble autistique. Afin de les accompagner dans leur autonomie et leur inclusion dans la société, l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) et la Haute Autorité de Santé (HAS) publient leurs premières recommandations spécifiques. Leurs objectifs ? Structurer davantage le parcours d’indépendance de l’adulte autiste.

Ces dispositions insistent sur le besoin de mettre en place, avec l’adulte, un projet personnalisé considérant :

  • Son entourage proche (famille, amis) ;
  • Ses activités quotidiennes (type et lieu de travail, loisirs, activités physiques) ;
  • Son environnement (vie en famille, indépendant ou dans un centre médico-social, accès au transport, degré d’autonomie) ;
  • Son niveau de difficultés liées à son trouble du développement.

Aussi, la HAS rappelle qu’il est important que chaque personne atteinte d’un trouble autistique puisse faire valoir l’ensemble de ses droits et participer activement aux décisions structurant sa vie.

Enfin, l’autorité publique affirme que « l’hôpital n’est pas un lieu de vie » et qu’il faut augmenter le nombre places en établissements médico-sociaux et développer de nouvelles formes de cadres de vie comme des habitats groupés avec accompagnement et services multiples.

Derniers points : renforcer la coordination et la formation des professionnels impliqués dans la vie de l’individu et rester vigilant quant à l’état de santé (physique et psychique) de la personne grâce à la mise en place d’un bilan de santé annuel.

Dans un communiqué de presse du HAS, la présidente, Dominique Le Guludec souligne la dimension de ces recommandations qui concernent, finalement, toute la société :

« Sans tomber dans l’angélisme ni empêcher le débat d’idées, nous devons unir nos efforts au profit d’une amélioration effective de la qualité de vie des personnes autistes. Cela passe par un changement de paradigme : ne plus s’arrêter aux déficits et difficultés des personnes autistes mais miser sur leurs capacités et compétences pour parvenir à leur autonomie et leur inclusion dans la société »

 

Julie P., Journaliste scientifique

– Autisme de l’enfant : accélérer les étapes jusqu’au diagnostic, agir sans attendre. HAS Consulté le 26 février 2018.
– Autisme de l’adulte : tout mettre en œuvre pour l’autonomie, l’inclusion sociale et la qualité de vie. HAS Consulté le 26 février 2018.
– Autisme : poursuivons nos efforts” – Tribune de la présidente de la HAS. HAS Consulté le 26 février 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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