Qu’est-ce que la bronzomanie ?

May 22, 2019 par

S’exposer des journées entières au soleil sur la plage ou au bord d’une piscine, aller en cabine UV chaque semaine… le bronzage peut devenir une obsession pour certains. Eclairage sur la tanorexie ou bronzomanie, la dépendance pathologique au bronzage.

La bronzomanie, ou dépendance au soleil

Quand l’envie de soleil devient un besoin

Comme le tabac, l’alcool, le sexe ou la nourriture, le soleil peut mener sur la piste glissante de l’addiction.

Lézarder au soleil dès que possible pour voir sa peau devenir de plus en plus foncée est devenu une drogue. Pour le psychiatre Aymeric Petit qui s’est confié au journal 20 minutes, l’addiction intervient quand le patient “a perdu le contrôle” et qu’il a perdu la liberté de “s’abstenir”.

Les rayons UV, naturels ou artificiels, deviennent plus importants que les obligations professionnelles ou personnelles. Le ou la dépendante au soleil n’hésitera pas à annuler un rendez-vous important pour aller bronzer sur la plage ou en cabine de bronzage.

Plusieurs causes, psychologiques et physiologiques, peuvent expliquer cette dépendance qui touche de plus en plus toutes les classes d’âge des populations occidentales :

  • L’envie de plaire aux autres en arborant un teint hâlé ;
  • Restaurer une image de soi, car le bronzage est associé à la jeunesse et à la vitalité ;
  • Être dépendant aux endorphines qui sont libérées pendant l’exposition au soleil ;
  • Souffrir d’un trouble dysmorphophobique (trouble de l’image de soi) dans lequel le patient se voit “pâle” alors qu’il a un teint cuivré voire caramel.

À savoir ! Pendant l’exposition aux UV, la peau produit davantage de mélanine qui colore la peau et qui entraine aussi la libération d’endorphine dans la circulation sanguine, une hormone proche de la morphine qui a des propriétés antalgiques et qui provoque ainsi une sensation de bien-être. Cette hormone, en stimulant le circuit de la récompense dans le cerveau, agit comme une drogue en induisant une dépendance physique, une accoutumance et un comportement addictif.

Renforcer la prévention est la seule solution

La prévention face à ce risque de dépendance passe par plusieurs axes : des campagnes publiques de sensibilisation aux risques de cancer de la peau et au vieillissement prématuré de la peau lors d’une exposition excessive aux rayonnements UV, de l’information concernant cette dépendance qui est encore mal connue et la sensibilisation des médecins généralistes qui peuvent rencontrer des “bronzomaniaques “dans leurs cabinets médicaux.

Même si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les appareils à UV comme cancérigènes en 2012, ils sont encore disponibles dans la majorité des grandes villes internationales et renforcent le risque de dépendance.

Aujourd’hui, il n’existe pas encore de soins spécialisés pour les tanorexiques et peu d’universités dans le monde se sont intéressées à étudier cette addiction de près.

Cependant, les spécialistes du sujet (psychiatres, dermatologues, sociologues) proposent la création de groupe de soutien à l’image des alcooliques anonymes et le partage d’informations anxiogènes dans les centres de bronzage à l’image de celles qui sont apposées sur les paquets de cigarettes.

En France, selon l’Institut National du cancer, le nombre de cas de cancers cutanés a triplé entre 1980 et 2012.

D’après l’ANSM, le risque de développer un mélanome (forme de cancer cutané très agressif représentant 10% des cancers de la peau) augmente de 59% quand l’utilisation des cabines de bronzage débute avant l’âge de 35 ans.

Julie P., Journaliste scientifique

– La tanorexie : quand bronzer vire à la dépendance. Sciences et Avenir avec AFP. Consulté le 17 mai 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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