Pourquoi faisons-nous des cauchemars  ?

Aug 21, 2017 par

Trop de stress ? Souvenirs angoissants ? Traumatismes ? Les raisons justifiant les cauchemars peuvent être multiples mais sont souvent spécifiques aux individus. Néanmoins, identifier certains facteurs comme des éléments susceptibles de les déclencher ou voire même de les aggraver pourrait aider à mieux prévenir des dangers liés aux cauchemars. Quels sont-ils ?

Causes plausibles des cauchemars

Sommeil et cauchemars ne font pas bon ménage

Nous savons tous à quel point il est important de se reposer et ce qu’une bonne nuit de sommeil peut apporter à notre corps (meilleure humeur, moins de stress, cerveau plus performant, meilleures aptitudes mnésiques, etc.).
Mais malheureusement, dans certains cas, ce sommeil peut être perturbé de façon plus ou moins sévère.

Parmi ces troubles du sommeil, figurent les cauchemars dont les origines sont souvent controversées par les membres de la communauté scientifique.

Selon les spécialistes, un cauchemar est défini comme « un rêve dont l’imagerie visuelle effrayante ou les émotions négatives sont suffisamment intenses pour provoquer le réveil du dormeur, le laissant apeuré et angoissé. » Ainsi, ce type de dérèglement est à bien distinguer du simple mauvais rêve qui ne provoque pas forcément le réveil de l’individu.
Temporellement, ces cauchemars interviennent plutôt pendant les phases de sommeil paradoxal qui sont reconnues comme les moments privilégiés du rêve.

Comment expliquer ces cauchemars ?

  1. Chez l’enfant , les cauchemars seraient souvent associés à son développement psychologique : 40% de enfants de 10 ans seraient touchés par ce type de trouble et 5% des enfants de 8 à 10 ans subiraient plus d’un cauchemar par semaine.
  2. Chez l’adulte, ce sont souvent des facteurs environnementaux tels que le stress ou les conflits intérieurs qui peuvent favoriser le déclenchement des cauchemars et se répéter avec des thèmes identiques.

Néanmoins, jusqu’à présent, aucune étude empirique n’a été véritablement menée pour connaître les causes exactes de l’apparition des cauchemars. Beaucoup de faits hypothétiques mais aucune connaissance tirée de l’observation réelle.

En s’interrogeant sur la question, des chercheurs britanniques ont réussi à fournir des éléments de réponse qui permettraient d’expliquer pourquoi nous faisons des cauchemars.

Analyser ces cauchemars

La conclusion principale découlant de cette étude publiée dans la revue Social Psychiatry & Psychiatric Epidemiology est la suivante : plus nous dormons, plus le risque de cauchemars est important !

Les faits rapportés ont été obtenus grâce à la mise en place d’un questionnaire en ligne qui a été rempli par un groupe de 846 participants du Royaume Uni. Deux paramètres relatifs aux cauchemars ont été analysés :

  1. L’apparition des cauchemars ;
  2. La gravité des cauchemars.

Pour analyser le degré de sévérité du cauchemar, les participants ont été questionnés sur plusieurs points : inquiétudes, dépersonnalisation, expériences hallucinatoires, paranoïa, consommation d’alcool, durée du sommeil, niveaux d’activité physique, stress post-traumatique et des événements stressants tels que divorces, conflits personnels, etc.

De longues nuits ne sont pas signes d’un bon sommeil

Pour les deux paramètres étudiés (apparition et gravité du cauchemar), les résultats sont identiques. Sans grande surprise, des niveaux plus élevés d’inquiétudes, de dépersonnalisation, d’expériences hallucinatoires et de paranoïa ont été observés à travers les sujets. Et ce, surtout chez les personnes présentant des troubles du stress post-traumatique.

Mais ce que nous ignorions jusqu’ici et qui ressort explicitement de cette expérience est la durée de sommeil. « Des cauchemars plus fréquents ont été observés chez les personnes qui ont dormi plus de 9 h ou moins de 7 h par nuit par rapport à celles qui dormaient de 7 à 9 h », rapportent les chercheurs. Dormir plus longtemps n’aurait alors pas que des bons effets. Au contraire, selon ces scientifiques, cela favoriserait davantage la survenue des cauchemars. Et pourquoi ?

Plus les nuits sont longues, plus la phase de sommeil paradoxal, dernière étape du sommeil, s’allonge. Or, c’est durant le sommeil paradoxal que nos rêves et donc, nos cauchemars peuvent se construire. La durée de notre sommeil doit alors être modulée !

En revanche, les résultats de cette enquête ont écarté la piste de l’alcool et de l’activité physique qui, soi-disant, auraient des répercussions sur la survenue des cauchemars. Il n’y aurait aucune corrélation. Par contre, la consommation de cannabis aurait, quant à elle, une incidence très nette sur les cauchemars…

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé

– Nightmares in the general population: identifying potential causal factors. Revue Social Psychiatry & Psychiatric Epidemiology. Stephanie Rek et al. Le 15 juillet 2017.
– Dossier : Sommeil et ses troubles. INSERM. Novembre 2011.
Lucie B.
Biologiste spécialisée en E-santé
Passionnée par l’univers des Neurosciences.
Possède un goût prononcé pour l’architecture d’intérieur et les nouvelles technologies.
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