COVID-19 et déconfinement : et si des chiens vous flairaient ?

Actualités Coronavirus (COVID-19) Innovations Maladies infectieuses Maladies virales Santé au quotidien (maux quotidiens)

Rédigé par Suzanne L. et publié le 10 mai 2020

En France, la piste des chiens renifleurs pour détecter les malades du COVID-19 après le déconfinement est envisagée. Ils pourraient s’ajouter comme outil de dépistage supplémentaire aux 700 000 tests attendus par semaine dès le 11 mai.

deconfinement-chiens-renifleurs

Des chiens « super-entrainés » mis à l’essai du COVID-19

Entrainer des chiens pour la détection des porteurs de SRAS-CoV-2. C’est l’idée de Dominique Grandjean, professeur à l’Ecole Vétérinaire de Maison Alfort et chef du service vétérinaire des Pompiers de Paris. Son essai porte sur l’entrainement de 8 chiens de pompiers et de gendarmerie à Paris et en Corse du Sud. Ces chiens sont déjà formés à la détection d’explosifs ou de stupéfiants et à la recherche de personnes. Ils savent déjà « marquer » lorsqu’ils reconnaissent une odeur. L’objectif de l’essai est d’ajouter le « parfum COVID-19 » à leur bibliothèque d’odeurs.

Ils seront dressés à partir d’échantillons de sueur, prélevés sur une compresse placée sous le bras de patients COVID-19, mais pas encore traités, afin d’éviter toute odeur interférente. L’essai devra montrer que les chiens sont capables d’éviter les faux positifs (des personnes non porteuses mais « marquées ») et les faux négatifs (des personnes porteuses mais non « marquées »).

Lire aussiStopCovid : l’application au centre des débats public et parlementaire

Une méthode déjà validée pour la détection d’autres maladies

Pour l’instant, aucune preuve scientifique ne montre que le SRAS-CoV-2 génère des odeurs spécifiques dans la sueur. Cependant, de nombreuses autres maladies peuvent être détectées par le flair des chiens : paludisme, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, et de nombreux cancers : côlon, prostate et sein.

À savoir ! Le flair du chien est 10 000 à un million de fois plus fin que l’odorat humain !

A l’Institut Curie, l’essai Kdog permet un diagnostic très précoce du cancer du sein efficace à 90% grâce au chien. Sans contact avec la personne, les chiens sont capables de repérer une tumeur à partir de sueur recueillie sur une lingette.

Lire aussiCancer du sein : le chien, meilleur ami de la femme à 100%

Un pré-diagnostic rapide et peu cher

Si l’essai est concluant, la formation des chiens se fera en 5 à 10 jours. La France dispose d’environ 3000 chiens de recherche qui peuvent être opérationnels d’ici quelques semaines. Il pourrait s’agir d’une méthode de pré-diagnostic rapide et peu onéreuse dans les zones à fort rassemblement de personnes, comme les gares et les aéroports. Cela permettrait de cibler les personnes à tester en priorité, et potentiellement les mettre en quarantaine. De plus, elle est potentiellement plus fiable que les tests PCR, dont l’efficacité pour le COVID-19 est d’environ 70%. Pour les cancers, le dépistage canin est proche de 100% de fiabilité.

Des essais similaires sont réalisés en Angleterre, où des chiens sont dressés à reconnaitre les odeurs des patients atteints de COVID-19 à différents stades de symptômes.

Lire aussiCOVID-19, tests de dépistage ou test sérologique

Suzanne L., Pharmacienne et rédactrice scientifique

– Des chiens renifleurs pour aider au dépistage des patients Covid? FRANCE INTER. Consulté le 5 mai 2020.
– Des chiens entraînés à flairer les malades du Covid-19. FRANCE TV INFO. Consulté le 5 mai 2020.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.