Dépistage du cancer du col de l’utérus : autotest ou frottis ?

Apr 23, 2019 par

Cela fait maintenant plus de 60 ans qu’il est possible de dépister les lésions précancéreuses du col de l’utérus. Ce dépistage a permis de diminuer l’incidence de ce cancer d’environ 60% grâce au frottis. Dans les pays occidentaux, le taux de dépistage ne dépasse pas 70%, il reste donc 30 % de femmes qui ne sont pas dépistées. Des autotests à réaliser à domicile pour le dépistage du cancer du col de l’utérus existent, mais quelle est la meilleure stratégie à adopter pour améliorer le taux de dépistage ?

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Le papillomavirus responsable de 70% des cancers du col de l’utérus

Le cancer du col de l’utérus correspond au développement d’une tumeur maligne au sein de la muqueuse du col utérin. On considère ce cancer comme une affection tumorale d’origine infectieuse à évolution lente. Dans la majorité des cas, le cancer du col de l’utérus survient après une exposition prolongée au papillomavirus humain (HPV). Le virus est le principal agent inducteur de cancer du col de l’utérus. Une infection prolongée d’une durée de 10 à 15 ans par le papillomavirus humain serait responsable de près de 70 % des tumeurs du col de l’utérus.

L’HPV se transmet par contact de la peau et des muqueuses, le plus souvent lors de rapports sexuels. Dans 10 % des cas, on voit une persistance du virus dans la muqueuse du col de l’utérus qui peut aboutir à des lésions précancéreuses susceptibles d’évoluer en cancer.

En 2015, 2 797 femmes ont été touchées par le cancer du col de l’utérus. Ce faible nombre de nouveaux cas annuels place ce cancer au 12ème rang des cancers en termes de fréquence, chez la femme. Ce cancer est diagnostiqué en moyenne à 51 ans. Il a été responsable de 1092 décès en 2015.

L’auto-test HPV en premier puis le frottis

Dans les pays occidentaux, le taux de dépistage ne dépasse pas 70%, il y a donc 30% de femmes qui sont peu ou mal dépistées.

Des médecins suisses se sont penchés sur le cas des femmes qui sont mal dépistées et ont voulu savoir comment inclure ces femmes dans le programme de dépistage. Des stratégies ont donc été établies par ces chercheurs afin que toutes les femmes entre 25 et 70 ans non dépistées le soient :

  • 1ère stratégie : auto-test HPV tous les 3 ans, si positif -> frottis, si positif -> colposcopie
  • 2ème stratégie : auto-test HPV tous les 3 ans, si positif -> colposcopie
  • 3ème stratégie : frottis tous les 3 ans, si positif -> test HPV

L’auto-test HPV est un dispositif permettant à la femme de se faire dépister du cancer du col de l’utérus depuis son domicile. Il présente des avantages et des inconvénients :

AvantagesInconvénients
Grande sensibilitéFaible spécificité
Réalisé par la femme elle-mêmeAssocié à d’autres techniques de triage

Les autres techniques de triage sont la détermination des génotypes HPV, le frottis et la colposcopie.

Les différentes stratégies ont été évaluées selon :

  • Un indicateur d’espérance et/ou qualité de vie ;
  • Le rapport coût/efficacité.

Les stratégies 1 et 2 permettent de diviser par 10 le risque d’avoir un cancer du col utérin. La mortalité par cancer du col est également diminuée.

Quand le dépistage n’est pas effectué, le coût du cancer est principalement lié au traitement. Les chercheurs ont calculé le rapport coût-efficacité selon les stratégies et la stratégie la plus avantageuse, donc la moins coûteuse, est la première, soit, proposer l’auto-test HPV aux femmes qui ne se font pas dépister et en cas de résultat positif, procéder à un frottis.

Léa G., Journaliste Scientifique

– Un test HPV à la maison pour celles qui ne font pas de frottis. JIM.Consulté le 1er avril 2019.
Léa G.
Rédactrice scientifique
Passionnée par la virologie, l’immunologie et les enfants.
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