Des particules plastiques identifiées dans le sang humain pour la première fois

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Rédigé par Alexia F. et publié le 30 mars 2022

La production de plastiques connaît une croissance exponentielle. Dans le monde, elle est passée de 2,3 millions de tonnes en 1950, à 162 millions en 1993 et 448 millions en 2015. Le plastique est devenu omniprésent. Les particules plastiques se retrouvent dans l’eau, les sols, les denrées alimentaires et… le sang humain ! C’est ce que démontre une étude néerlandaise publiée dans la revue Environment international. Les chercheurs ont identifié quatre types de plastiques dans des échantillons sanguins.

Des particules de plastiques dans le sang

Le plastique, un enjeu environnemental et sanitaire

Les particules de plastique sont des polluants omniprésents dans notre environnement et au sein de la chaîne alimentaire. Des études menées dans le monde entier rapportent la présence de plastiques dans de nombreux environnements : dans l’air, l’eau, les sols et même dans les denrées alimentaires. D’ailleurs, une étude du Fond mondial pour la Nature avait estimé que nous consommions l’équivalent d’une carte bancaire de 5 grammes de plastique par semaine.

La nature omniprésente des particules plastiques soulève plusieurs questions. Comment les humains sont-ils exposés à ces particules ? Cette exposition conduit-elle réellement à une absorption par le corps humain ? Des travaux ont démontré la présence de particules plastiques dans des excréments humains et dans le colon. Cela indique que les particules plastiques passent par le tractus gastro-intestinal. Par ailleurs, des études ont récemment montré que le plastique peut s’accumuler dans le tissu placentaire. L’évacuation des particules plastiques absorbées par le corps dépend de leur capacité à être éliminées. Le corps humain possède plusieurs systèmes d’élimination :

  • La filtration rénale ;
  • Les excrétions biliaires via le foie ou la rate ;
  • Le tractus intestinal.

L’expulsion des particules dépend de leur taille, leur forme et de la composition à leur surface.

Le sang constitue 6 à 7% du poids du corps humain. Il occupe une fonction essentielle. Il irrigue l’ensemble des organes qui composent le corps. Le sang est également la voie de transport de l’oxygène et des nutriments vers les différents tissus et organes. Une multitude de cellules (dont les cellules immunitaires), de protéines et d’autres composants le composent. Mais le sang peut aussi servir de transporteur pour les agents pathogènes, comme c’est le cas dans la septicémie ou pour le VIH.

Les particules de plastique retrouvées dans le sang

La compréhension de l’exposition à des substances chimiques toxiques chez l’Homme est primordiale. La définition du danger associé à cette exposition l’est également. En effet, ces informations permettent de déterminer les substances constituant un risque et de définir des mesures pour protéger la santé publique. Mais, à ce jour, aucune étude n’a été faite sur les conséquences des expositions aux particules plastiques sur la composition du sang humain.

L’objectif de l’étude néerlandaise était de développer une méthode d’identification et de quantification des particules de plastiques présentes dans l’organisme. En particulier, les chercheurs ont voulu déterminer si les particules plastiques peuvent être absorbées dans le sang.

Ainsi, pour réaliser cette étude, le sang de 22 volontaires en bonne santé a été prélevé. Les auteurs ont développé une méthode déterminant le type de plastique détecté et sa concentration. Les résultats révèlent que :

  • Le sang de 17 des 22 volontaires contenait des particules plastiques ;
  • En moyenne, la concentration des différents plastiques identifiés s’élevait à 1,6 µg/mL de sang ;
  • Les particules appartenaient à 4 familles de polymères issus des plastiques les plus couramment produits et utilisés ;
  • La moitié des particules était des polyéthylènes téréphtalates (PET). Il s’agit du plastique qui entre en jeu dans la fabrication des bouteilles d’eau ou des fibres de polyester des vêtements;
  • Un tiers des particules appartenait à la famille des polyéthylènes. Par exemple, la fabrication des sacs en plastique nécessite du polyéthylène.

Ainsi, les données de cette étude soutiennent l’hypothèse selon laquelle l’exposition aux particules plastiques entraîne leur absorption par le corps humain. Elle démontre qu’au moins certaines particules auxquelles sont exposés les individus sont absorbées. De plus, les voies d’élimination du corps sont plus lentes que leur absorption dans le sang. C’est pour cela que les particules se retrouvent dans le sang.

Des effets sur la santé à déterminer

Cette étude est pionnière en termes de biovigilance et démontre que les particules plastiques peuvent être absorbées et distribuées dans la circulation sanguine.

Il reste à déterminer comment le sang transporte les particules plastiques. Si elles s’accrochent aux cellules immunitaires, l’exposition aux plastiques pourrait avoir un impact sur les réponses immunitaires. Des études supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer l’impact sur la santé de l’absorption des plastiques par l’organisme.

Alexia F., Docteure en Neurosciences

Sources
– Heather, L. et al. Discovery and quantification of plastic particle pollution in human blood. Environment international. sciencedirect.com. Consulté le 29 mars 2022.
– Le plastique en 10 chiffres. nationalgeographic.fr. Consulté le 29 mars 2022.

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