Don d’ovocytes : offrir à un couple une chance de donner la vie

Jun 24, 2017 par

En 2014 en France, 961 fécondations in vitro ont été réalisées à partir d’ovocytes issus d’un don et 239 enfants sont nés suite à un don d’ovocytes. Pourtant, cette technique de procréation médicalement assistée demeure méconnue et peu de femmes se portent volontaires. A l’occasion de la campagne de communication lancée par l’Agence de la Biomédecine, Santé Sur le Net fait le point sur le don d’ovocytes.

Don d'ovocytes

Le don d’ovocytes

Le don d’ovocytes constitue l’une des techniques de procréation médicalement assistée, proposées aux couples souffrant d’infertilité. En France, cette pratique, comme tous les dons d’éléments du corps humain, est encadrée par la loi de bioéthique de 2004, révisée en 2011. Ce don est gratuit, anonyme et volontaire. Avant d’entreprendre une telle démarche, un entretien et des examens cliniques sont effectués par le médecin ou le gynécologue, afin d’évaluer l’état de santé, la fertilité et les motivations de la donneuse. Les examens prescrits comportent notamment :

  1. Un bilan de fertilité ;
  2. Une étude génétique ;
  3. Des tests sanguins ;
  4. Un entretien psychologique.

Si le don est gratuit, l’ensemble des frais médicaux et non médicaux occasionnés par le don d’ovocytes sont intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie. Aucune filiation entre l’enfant issu du don d’ovocytes et la donneuse ne peut être établie. La loi limite également le nombre d’enfants issus d’une même donneuse.

Comment se passe un don d’ovocytes ? En pratique, il se déroule en deux grandes étapes :

  1. La préparation du don comprend l’entretien psychologique, l’information médicale complète sur le don, le consentement écrit de la donneuse et de son conjoint éventuel, ainsi que le bilan de santé.
  2. La stimulation folliculaire et le prélèvement des ovocytes :
    1. La stimulation folliculaire dure entre 10 et 12 jours durant lesquels des injections sous-cutanées d’hormones sont nécessaires quotidiennement pour favoriser la maturation de plusieurs follicules. Cette période nécessite un suivi médical particulier, grâce à des prises de sang et des contrôles échographiques.
    2. Le prélèvement des ovocytes se déroule en hospitalisation de jour au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Cette intervention a lieu par voie vaginale sous contrôle échographique.

A l’issue du don, les ovocytes prélevés sont transmis à un laboratoire de biologie de la reproduction pour une fécondation in vitro ou sont conservés dans l’azote liquide pour une utilisation ultérieure.

À savoir ! Le don d’ovocytes peut parfois entraîner des effets indésirables sur la donneuse (hyperstimulation ovarienne, complications du prélèvement des follicules). En revanche, aucune conséquence sur la fertilité de la donneuse n’a été rapportée à ce jour.

Quels couples peuvent bénéficier d’un don d’ovocytes ? Les couples concernés sont en âge de procréer et inscrits dans une démarche de procréation médicalement assistée. Ils sont constitués d’un homme et d’une femme présentant une infertilité médicalement diagnostiquée (ménopause précoce, anomalies des ovocytes, traitement gonadotoxique pour maladie grave et guérie). Les couples pour lesquels il existe un risque de transmission d’une maladie génétique grave à leurs enfants peuvent également bénéficier d’un don d’ovocytes. Dans la mesure du possible, l’attribution des ovocytes tient compte du groupe sanguin et des principales caractéristiques physiques du couple receveur.

Inciter les médecins à sensibiliser leurs patientes

Le don d’ovocytes représente pour certains couples l’unique chance de pouvoir procréer. Mais chaque année en France, 900 couples s’inscrivent sur les listes d’attente. En 2014, 501 femmes ont fait un don d’ovocytes, mais il manque 900 donneuses supplémentaires pour répondre à la demande des couples inscrits sur liste d’attente. Les délais d’attente atteignent ainsi souvent plusieurs années, ce qui incite certains couples à partir à l’étranger pour bénéficier plus rapidement d’un don.

L’Agence de Biomédecine a récemment lancé une campagne de sensibilisation sur ce thème. Intitulé « Don d’ovocytes, parlons-en », un document destiné aux professionnels de santé vise à les inciter à sensibiliser leurs patientes au don d’ovocytes.

Atteindre l’autosuffisance nationale d’ici à l’horizon 2021 est un enjeu inscrit dans le plan national 2017-2021 pour la procréation, l’embryologie et la génétique humaine, publié en mai 2017. Ce plan prévoit notamment la réalisation d’un état des lieux du don d’ovocytes en France, l’adaptation de l’offre et la poursuite de l’information des femmes. Les professionnels de santé, en particulier les gynécologues, sont ainsi invités à informer régulièrement les femmes sur le don d’ovocytes.

Le don de gamètes, désormais ouvert aux nullipares

Un autre point ciblé par le plan national est l’évaluation de l’impact de l’ouverture du don d’ovocytes aux nullipares. Jusqu’à récemment, pour être donneuse, les femmes devaient avoir déjà eu des enfants. Mais depuis la révision de la loi de bioéthique de juillet 2011, le décret d’application du 13 octobre 2015 et l’arrêté d’application du 24 décembre 2015, les femmes n’ayant encore jamais procréé peuvent devenir donneuses.

Cette mesure destinée aux nullipares (c’est-à-dire qui n’ont pas eu encore d’enfants) concerne tous les donneurs de gamètes : les femmes (entre 18 et 37 ans) pour les ovocytes et les hommes (de moins de 45 ans) pour le sperme.

Les donneuses nullipares disposent également de la possibilité de conserver une partie de leurs ovocytes pour elles-mêmes, sous réserve que la quantité d’ovocytes prélevée soit suffisante pour le don. Le don reste la priorité et au moins la moitié des ovocytes matures d’un prélèvement de follicules doit être orientée vers le don. Cette mesure complémentaire vise à permettre à la donneuse de recourir à la procréation médicalement assistée avec ses propres ovocytes, dans le cas où elle serait confrontée à un problème d’infertilité à l’avenir. Les ovocytes conservés pour la donneuse sont vitrifiés (technique particulière de congélation à très basse température) et stockés par le laboratoire de biologie de la reproduction. Chaque année, la donneuse est invitée à maintenir ou non son souhait de conservation de ses ovocytes.

La campagne de sensibilisation, le plan national et l’ouverture du don aux nullipares sont autant d’avancées pour les couples dans l’attente d’un don d’ovocytes. Une démarche généreuse de la part des donneuses, qui permet d’offrir à des hommes et des femmes une chance de devenir parents.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Plan 2017-2021 pour la procréation, l’embryologie et la génétique humaines (PEGh). Ministère de la Santé. Mai 2017.
– Le don d’ovocytes, parlons-en. Agence de la Biomédecine. Le 6 avril 2017.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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