Mettre au monde au moins trois enfants réduirait le risque de démence !

Sep 17, 2018 par

Les femmes présentent d’une manière générale un risque de démence plus élevé que les hommes. Mais les causes précises de cette association ne sont pas très bien comprises. Une récente étude, présentée lors de la conférence internationale de l’Alzheimer Association (AAIC) en juillet 2018 à Chicago, semble montrer que le fait d’avoir eu au moins trois enfants pourrait limiter le risque de développer une démence.

risque de démence - mère avec ses trois enfants

Des femmes plus touchées que les hommes

La maladie d’Alzheimer est la démence la plus commune et connaît une croissance importante au fil des ans. Les récentes études épidémiologiques semblent indiquer que les femmes seraient plus sujettes aux démences que les hommes. Pourtant, l’origine d’une telle observation reste encore imprécise. Toutes les femmes présentent-elles le même risque de développer une démence ? Certains critères spécifiquement féminins agissent-ils sur le risque de démence ? Autant de questions qui restent encore à explorer.

Dans ce contexte, des chercheurs américains ont mené une étude sur le lien potentiel entre le risque de démence chez les femmes et les facteurs suivants :

  • Le nombre de leurs enfants ;
  • Le nombre de fausses couches ;
  • L’âge des premières règles ;
  • L’âge de la ménopause ;
  • Le nombre d’années entre les premières règles et la ménopause.

Un risque de démence variable selon le nombre d’enfants

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les données de 14 595 femmes (dont 68 % d’origine caucasienne), âgées de 40 à 55 ans, entre 1964 et 1973. Le suivi des dossiers médicaux de ces femmes a révélé que 36 % d’entre elles avaient récemment développé une démence.

L’analyse des résultats a mis en évidence que les femmes qui n’avaient pas fait de fausse couche avaient un risque de démence réduit de 20 %, par rapport aux femmes qui avaient connu au moins une fausse couche. Ce résultat se vérifiait après l’ajustement des données sur d’autres facteurs, tels que :

  • L’origine ethnique ;
  • L’âge ;
  • Le niveau d’éducation ;
  • Le taux d’hystérectomie (ablation de l’utérus) ;
  • Les éventuelles maladies des femmes.

Parallèlement, les femmes qui avaient eu moins trois enfants présentaient un risque de démence diminué de 12 %, par rapport aux femmes qui avaient eu un seul enfant. A nouveau, ce résultat se vérifiait après l’ajustement des données sur d’autres facteurs, comme l’Indice de Masse Corporelle (IMC) ou les antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC).

L’influence des hormones féminines

Plus précisément, les femmes ayant eu au moins trois enfants et n’ayant pas fait de fausse couche avaient un risque de démence réduit de 28 %, par rapport aux femmes qui avaient connu au moins une fausse couche.

Par ailleurs, d’autres facteurs féminins semblent influencer le risque de démence, notamment :

  • Le nombre d’années entre les premières règles et la ménopause, chaque année supplémentaire réduisant le risque de démence de 2 % ;
  • L’âge des premières règles avec un risque moindre de démence pour les femmes ayant eu leurs premières règles avant l’âge de 13 ans par rapport aux femmes réglées après 16 ans ;
  • L’âge de la ménopause, avec un risque de démence majoré pour les femmes ménopausées avant l’âge de 45 ans.

L’ensemble de ces résultats suggère que l’exposition des femmes au cours de leur vie aux hormones féminines, en particulier les œstrogènes, pourrait influencer le fonctionnement cérébral et donc le risque de démence. D’autres mécanismes pourraient jouer un rôle, notamment les changements vasculaires et immunologiques qui surviennent au cours de la grossesse. Le fait d’élever plusieurs enfants pourrait également stimuler les fonctions cognitives.

Menstruation, fausse couche, grossesse, maternité, ménopause, autant d’évènements de la vie des femmes qui impactent leur santé et peut-être leur prédisposition à développer une démence.

Estelle B., Docteur en Pharmacie


– Alzheimer’s Association International Conference (AAIC) 2018. Abstract P3-587. 23 juillet 2018.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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