La génétique et l’imagerie pour prédire et traiter le cancer du sein

Déc 4, 2020 par

En France, chaque année, près de 60 000 nouveaux cas de cancer du sein sont recensés, un cancer qui est à l’origine de plus de 12 000 décès. Les progrès technologiques permettent aujourd’hui le développement de tests prédictifs pour le dépistage et le traitement du cancer du sein. Une formidable avancée pour les patientes.

Génomique et tests prédictifs

En France, un dépistage organisé du cancer du sein existe pour les femmes âgées de 50 à 74 ans et repose sur une mammographie réalisée tous les deux ans. Ce dépistage est efficace, puisque les spécialistes estiment qu’il réduit de 20 à 40 % la mortalité liée à ce cancer, en permettant la détection précoce de la tumeur.

Néanmoins, ce dépistage ne concerne que certaines femmes, alors qu’un cancer du sein sur cinq survient entre 40 et 50 ans. Certains facteurs de risque bien identifiés sont associés à un risque accru de développer un cancer du sein et nécessite une surveillance renforcée des femmes concernées :

  • L’âge ;
  • Le mode de vie (consommation d’alcool, sédentarité, alimentation déséquilibrée, …) ;
  • Des antécédents personnels et familiaux ;
  • Une forte densité mammaire.

Des tests pour prédire le risque de développer un cancer du sein

Dans ce contexte, des tests prédictifs ont été développés, comme Mammorisk®. Ce test permet aux femmes, âgées de plus de 40 ans, de connaître leur risque de développer un cancer du sein dans les cinq années suivantes. Ce test prédictif, conçu à partir des dernières données scientifiques, repose sur trois paramètres principaux :

  • Les données cliniques de la patiente ;
  • La densité mammaire, évaluée à partir d’une mammographie ;
  • Un score polygénique, déterminé à partir d’analyses génomiques effectuées sur un prélèvement salivaire.

Le score polygénique intègre la variabilité génétique d’une centaine de zones génomiques. L’intérêt d’un tel test prédictif a été évalué dans le cadre d’une étude, menée sur 472 femmes, âgées de 40 à 74 ans. Parmi elles, 97 % ont accepté de connaître leur score de risque de développer un cancer du sein. Ce test a permis d’identifier 36 % de femmes avec un risque élevé, nécessitant un suivi médical rapproché. Parallèlement, ce test n’induisait pas de stress particulier chez les femmes.

Des tests pour mieux cibler les traitements anticancéreux

Les tests prédictifs basés sur les données génomiques ne sont pas utiles uniquement dans le cadre du dépistage du cancer du sein. Ils se révèlent également intéressants pour la prise en charge du cancer, en estimant à l’avance l’efficacité de certains traitements anticancéreux.

À savoir ! La prise en charge du cancer du sein repose actuellement sur différentes thérapies anticancéreuses :

Récemment se sont développés plusieurs tests génomiques, dont le test Mammaprint®, destinés à prédire l’efficacité de certaines thérapies, en se basant sur la variabilité génétique. Le test Mammaprint® est utilisé chez les femmes présentant une tumeur du sein invasive, diagnostiquée au stade précoce, avec ou sans envahissement ganglionnaire. A partir des résultats du test, l’équipe médicale peut choisir le protocole de soins le plus adapté à chaque patiente, pour optimiser les chances de guérison.

Ces deux tests prédictifs révèlent l’intérêt des données génomiques pour dépister et traiter de manière optimale le cancer du sein, et ainsi réduire l’impact sanitaire de ce cancer, qui reste la seconde cause de mortalité féminine dans le monde.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Mammorisk. Dossier de Presse. Predilife. Consulté le 1 décembre 2020.
– Mammaprint. Dossier de Presse. Agendia. Consulté le 1 décembre 2020.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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