À la loupe, les infections nosocomiales en réanimation

Apr 23, 2019 par

Les infections nosocomiales représentent l’une des préoccupations majeures des établissements de santé. Pour un patient, il est plus que regrettable de contracter une infection, alors qu’il est arrivé à l’hôpital pour être soigné d’une autre maladie. Santé Publique France vient de publier son rapport sur la surveillance des infections nosocomiales dans les services de réanimation adulte français pour l’année 2017. Santé Sur le Net vous en décrypte les principaux résultats.

Femme luttant contre les infections nosocomiales

Réanimation et infections nosocomiales

Les infections nosocomiales correspondent aux infections contractées suite à des soins, le plus souvent dans deux contextes :

  • Au cours d’une hospitalisation ;
  • Au cours d’une intervention chirurgicale ou d’un acte de soin.

Les patients hospitalisés dans un service de réanimation sont fortement exposés au risque d’infection nosocomiale pour deux raisons :

  • Leur état de santé est fortement altéré, avec la défaillance d’un ou plusieurs organes vitaux associée ou non à un affaiblissement de leur système immunitaire ;
  • Pour leur prise en charge, des dispositifs invasifs ont souvent été mis en place sur ces patients, ce qui représente autant de portes d’entrée pour les bactéries pathogènes.

La surveillance de ces infections dans ces services est donc une priorité pour réduire leur incidence et les complications gravissimes qu’elles peuvent entraîner.

La surveillance des infections nosocomiales en France

La surveillance des infections nosocomiales dans les services de réanimation est coordonnée à l’échelle nationale par Santé Publique France. Depuis plusieurs années, trois catégories d’infections font l’objet d’une attention particulière chez les patients hospitalisés plus de 48 heures, car des mesures de prévention sont possibles :

  • La pneumonie ;
  • Les infections (colonisation bactérienne, infection avérée ou dissémination des bactéries dans la circulation sanguine) liées à un cathéter veineux central ;
  • Les bactériémies (infections bactériennes au niveau de la circulation sanguine).

Santé Publique France vient de publier son rapport sur la surveillance des infections nosocomiales dans les services de réanimation adulte pour l’année 2017. Au total, 199 services de l’ensemble du territoire français ont participé à cette surveillance, ce qui représentait 68 581 patients, d’âge moyen 64,2 ans et hospitalisés pour une durée moyenne de 10,4 jours.

Un patient sur dix touché par une infection nosocomiale en réanimation

Chez les patients admis en réanimation, l’exposition à un dispositif invasif est fréquente, 60 % des patients sont intubés, 63,3 % ont un cathéter veineux central et 85,3 % une sonde urinaire. Dès leur admission, plus de la moitié des patients recevaient déjà un traitement antibiotique. Près de 10 % des patients ont développé une infection au cours de leur séjour en réanimation, donc une infection nosocomiale.

Trois bactéries étaient majoritairement à l’origine des infections nosocomiales observées :

  • Pseudomonas aeruginosa ;
  • Staphylococcus epidermidis ;
  • Staphylococcus aureus.

Entre 2013 et 2017, les services de réanimation ont efficacement agi pour réduire l’incidence des infections nosocomiales, notamment en :

  • Réduisant les traitements antibiotiques à l’admission ;
  • Réduisant la durée du séjour en réanimation ;
  • Reportant les interventions chirurgicales non nécessaires et/ou non urgentes ;
  • Limitant la durée d’exposition à l’intubation.

D’autres critères restent encore à améliorer pour baisser le taux d’infections nosocomiales, en particulier la durée d’exposition au cathétérisme veineux central et au sondage urinaire. L’amélioration continue des pratiques et la mise en œuvre des mesures de prévention dans les services de réanimation permettent de faire reculer les infections nosocomiales chez les patients admis dans ces services.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Surveillance des infections nosocomiales en réanimation adulte. Santé Publique France. Avril 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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