Maladies infantiles : et les adultes alors ?

Nov 12, 2017 par

Varicelle, oreillons, rubéole, rougeole ou encore coqueluche, ne sont pas des maladies réservées uniquement aux enfants ! Ces maladies infantiles peuvent même avoir de graves conséquences chez l’adulte. Santé sur le Net fait le point sur ces grandes pathologies de l’enfance et leurs risques quand elles se manifestent à l’âge adulte.

maladies infantiles

Zoom sur les 5 maladies infantiles emblématiques

Pour rappel, les maladies infantiles sont des pathologies généralement contracté pendant l’enfance. Cependant les adultes peuvent aussi y être confrontés.

Varicelle

Sans doute, la maladie infantile la plus connue, mais aussi la plus contagieuse. Elle est dans la grande majorité des cas bénigne et les complications (de type cutané, neurologique, pulmonaire…) sont rares. La varicelle est provoquée par le virus VZV (Virus Varicelle Zona) qui se transmet par contact direct ou par voie aérienne, à savoir toux et éternuements.

Chez l’adulte en revanche, la maladie est plus impressionnante avec de nombreuses vésicules très souvent surinfectées. Chez la femme enceinte n’ayant jamais contracté la maladie, les conséquences dépendent du stade de la grossesse, mais peuvent être graves voire mortelles pour le bébé. C’est pourquoi il est recommandé, à toute personne de plus de 12 ans ayant échappé à la varicelle, de se faire vacciner dans les 3 jours suivant l’exposition au virus. Les symptômes et les complications chez l’adulte, bien que de même nature que ceux de l’enfant, sont plus forts, avec un temps de cicatrisation des lésions plus important.

À savoir ! On ne contracte pas deux fois la varicelle ! Cependant, une fois soigné, le virus reste au niveau de certains ganglions nerveux et se fait oublier. Il peut ne jamais se réveiller, comme il peut tout aussi bien se réactiver en diverses occasions (infections, affaiblissement du système immunitaire) pour provoquer une nouvelle éruption que l’on appelle « zona ».

Oreillons

Pathologie rare qui touche majoritairement les enfants de 5 à 9 ans, et qui se manifeste par un syndrome grippal et une parotidite (gonflement douloureux des glandes salivaires). Les oreillons, d’origine virale, se transmettent soit par contact direct soit par voie aérienne. Le traitement pour les formes non compliquées repose sur la prise de paracétamol.

Chez l’adulte, les symptômes de la maladie sont plus intenses, et les complications, bien que relativement rares, sont plus sévères également : méningite, inflammation d’un ou des deux testicules ou ovaires pouvant être à l’origine d’une stérilité, etc.

Rubéole

Maladie virale transmise par voie aérienne (toux, éternuement), généralement sans gravité. Elle se traduit par une fièvre, rapidement suivie par l’apparition de petites taches rosées, le plus souvent au niveau du thorax. Des complications comme une inflammation des articulations ou des méninges peuvent cependant apparaître, plus fréquentes chez l’adulte, en particulier chez la femme.

Elle représente un risque particulièrement important pour la femme enceinte, puisqu’elle peut entraîner des malformations fœtales. Il est donc indispensable que toutes les femmes en âge de procréer soit vaccinées.

Rougeole

La rougeole se manifeste par de la toux, de la fièvre et des yeux rouges larmoyants, rapidement suivis de petites taches rouges. La rougeole est l’une des maladies infantiles les plus contagieuses. Elle se transmet par contact direct ou indirect (objets contaminés) et par voie aérienne. Majoritairement bénignes, ses complications (convulsions, atteinte du cerveau ou pneumonie) représentent quand même l’une des principales causes de mortalité chez l’enfant dans les pays en voie de développement.

Cependant, les complications les plus sévères se voient majoritairement soit chez les nourrissons soit chez les plus de 15 ans. Pour ces derniers, on note que dans un cas sur deux, il est question d’une hospitalisation.

Coqueluche

Maladie respiratoire contagieuse, provoquée par la bactérie Bordetella pertussis et marquée par des quintes de toux très caractéristiques, rappelant le chant du coq. La contamination se fait au contact d’un malade via les gouttelettes propulsées lors de la toux. À noter, la contagiosité est à son maximum la première semaine de la maladie.

À savoir ! La coqueluche peut se contracter plusieurs fois, en effet l’immunité contre cette maladie n’est pas définitive et nécessite des rappels.

Si la vaccination n’est pas entretenue, les adultes peuvent contracter la maladie responsable de quintes de toux pouvant durer plusieurs mois. Le risque principal est la transmission à un nourrisson, chez lequel la maladie peut être gravissime (détresse respiratoire) et conduire au décès.

Vaccination contre les maladies infantiles

D’après l’INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé), une grande épidémie de rougeole a touché plus de 24 000 personnes, particulièrement les jeunes adultes. Elle fut responsable de plus de 30 complications et 10 décès en France, entre 2008 et 2012. Une situation difficile à imaginer quand on sait qu’il existe le vaccin ROR qui permet d’être immunisé efficacement contre trois maladies (Rougeole, Oreillon, Rubéole) en seulement deux injections.

La varicelle touche actuellement environ 32 000 adultes par an, les recommandations concernant la vaccination étant que trop rarement suivies. L’INSERM estime pourtant qu’elle permettrait une diminution de 31 % des hospitalisations consécutives à la maladie.

Enfin quelques chiffres concernant la coqueluche, on estime à 40 millions le nombre de cas par an dans le monde dont 300 000 enfants qui en décèdent. On observe même une recrudescence de la maladie depuis 2010 dans certains pays comme les États-Unis ou l’Australie. Actuellement, on préconise trois injections chez le nourrisson (à 2 mois, 4 mois puis un rappel à 11 mois), un rappel à 6 ans puis entre 11 et 13 ans chez l’enfant. La vaccination est également recommandée chez le personnel soignant et chez les adultes ayant un projet parental ou en contact avec un nourrisson.

Pour conclure, la vaccination est utile pour soi afin d’éviter de contracter des maladies infantiles mais aussi pour les plus vulnérables comme les femmes enceintes ou les nourrissons qui ne peuvent pas se faire immuniser. C’est donc l’occasion de penser aux autres si vous n’êtes pas encore vacciné !

Charline D., Pharmacienne


– INPES. Rougeole, oreillons, rubéole : les 5 bonnes raisons de se faire vacciner. Mis à jour en avril 2013.
– Qu’est-ce que la rougeole ? Info Rougeole, consulté le 31 Janvier 2017.
– Oreillons. Eurekasanté Vidal. Mis à jour mercredi 26 juin 2013.
– Rubéole. Eurekasanté Vidal, Mis à jour vendredi 6 septembre 2013.
– Rougeole. Eurekasanté Vidal. Mis à jour lundi 24 mars 2014.
– Varicelle. Eurekasanté Vidal. Mis à jour lundi 30 juin 2014.
– Que faire en cas de coqueluche ? Eurekasanté Vidal. Mis à jour mardi 18 octobre 2016.
– Ooreka. Varicelle adulte. Consulté le 31 Janvier 2017.
Inserm. Dossier d’information. Coqueluche. Juin 2016.
– Institut Pasteur. Fiches maladies. Coqueluche. Janvier 2013.
Ameli-santé. Coqueluche : définition, transmission et symptômes. Mis à jour le 5 janvier 2015.
– Haut Conseil de la Santé Publique. Avis relatif aux ruptures de stocks et aux tensions d’approvisionnement des vaccins combinés contenant la valence coqueluche. 25 février 2015.
– Inserm. Actualités. Varicelle : l’intérêt de la vaccination chez l’adulte. Mis à jour le 18 Décembre 2014.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.