pneumonie

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) 922 136 enfants de moins de 5 ans seraient morts de pneumonie en 2015, dans le monde. Cette pathologie est une infection aiguë des poumons, généralement causée par une bactérie appelée pneumocoque. En France, la pneumonie touche chaque année jusqu’à 12 personnes sur 1000.

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Pneumonie : définition

Rappels anatomiques

Le système respiratoire est constitué des voies nasales, de la trachée et des deux poumons. Le rôle de ces derniers est de fournir de l’oxygène à notre organisme, tout en évacuant le dioxyde de carbone. Ils sont localisés dans la poitrine de part et d’autre du cœur.

Un poumon est divisé en plusieurs lobes, séparés les uns des autres par des cloisons appelées scissures. On compte deux lobes pour le poumon droit et trois pour le gauche. Chaque lobe contient les bronches, elles-mêmes constituées d’alvéoles (petites poches) reliées entre elles par les bronchioles. Les bronches sont connectées à la trachée.

Au cours de la respiration, l’air arrive donc par la trachée, passe dans les bronches puis les bronchioles et enfin les alvéoles. Une fois dans les alvéoles, le dioxygène contenu dans l’air inspiré traverse leur paroi pour aller dans le sang et être distribué à tout l’organisme. Dans le sens inverse, c’est le dioxyde de carbone qui circule, évacué par les cellules de l’organisme, il repasse via les alvéoles puis les bronches pour s’échapper de la trachée puis la bouche et le nez. On parle alors d’expiration.

Qu’est-ce qu’une pneumonie ?

On définit la pneumonie comme une infection respiratoire aiguë des poumons. Elle est qualifiée de « communautaire » lorsqu’elle est contractée en dehors d’une hospitalisation. Bien que majoritairement causée par le pneumocoque ou Streptococcus pneumoniae, d’autres bactéries peuvent en être la cause, par exemple Mycoplasma pneumonia, Chlamydia pneumoniae, Legionella pneumophila, Haemophilus influenzae, etc. Certains virus, et plus rarement champignons peuvent également provoquer une infection pulmonaire. Lorsqu’une pneumonie survient à l’occasion d’une hospitalisation, particulièrement dans un contexte de réanimation avec assistance respiratoire, on parle d’infection « nosocomiale ».

En général, les germes responsables de l’infection sont présents dans l’air expiré et pénètrent dans l’organisme lors de la respiration. Ils peuvent provenir, aussi, de la cavité buccale ou de la sphère ORL. Une fois les germes au niveau des alvéoles, ils provoquent une inflammation. Les symptômes de la pneumonie sont causés par le remplissage de pus et de liquide dans les alvéoles.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition d’une pneumonie :

  • L’âge, l’infection est plus répandus avant 2 ans et après 65 ans ;
  • L’existence d’une pathologie pulmonaire, par exemple l’asthme, la mucoviscidose , la BPCO (Broncho-pneumopathie chronique obstructive) , etc.;
  • Une hospitalisation, particulièrement en réanimation ;
  • Un déficit immunitaire comme le VIH par exemple ;
  • La prise d’une chimiothérapie ou d’une corticothérapie à long terme ;
  • Le tabac ;
  • Les troubles de la déglutition ;
  • La grippe (la pneumonie est la complication la plus fréquente).

Symptômes

Les symptômes de la pneumonie sont variables selon le germe responsable et l’état de santé général de la personne atteinte.

En général, le patient présente une fièvre élevée avec frissons, une toux sèche, des douleurs thoraciques d’un seul côté lors de la respiration ou de la toux et un essoufflement. Parfois, des nausées, des vomissements ou une diarrhée peuvent être associés.

Chez certaines personnes, notamment les personnes âgées, les nourrissons ou les personnes immunodéprimés (c’est à dire ayant un déficit immunitaire), les symptômes de l’infection peuvent être : fièvre isolée, prostration, essoufflement isolé ou troubles digestifs, etc.

Il faut rapidement consulter un médecin en cas de :

  • Fièvre élevée avec une toux à crachats verdâtres ou teintés de sang ;
  • Confusion ;
  • Difficulté à respirer ;
  • Rhume ou autre maladie virale s’aggravant ;
  • Maladie chronique, surtout si elle est pulmonaire.

Si votre nourrisson, ne s’alimente ou ne boit plus, respire difficilement, souffre de perte de conscience ou de convulsions, il faut se diriger très rapidement vers le pédiatre ou le médecin traitant.

Évolution et complication

Dans la majorité des cas, avec un traitement antibiotique approprié, la pneumonie est guérie environ dans les 2 semaines.

Néanmoins, les pneumonies sont des pathologies potentiellement graves. En effet, elles représentent la première cause de mortalité infectieuse des pays développés.

Les complications sont possibles et nécessitent l’hospitalisation du patient :

  • Le germe en cause peut se propager dans tout l’organisme via le sang, on parle de septicémie qui est une complication grave ;
  • Un abcès pulmonaire (accumulation de pus au niveau des poumons) ;
  • Une pleurésie ou inflammation de la plèvre (enveloppe protectrice du poumon) avec ou sans infiltration de liquide.

Certains facteurs semblent favoriser la survenue de telles complications, par exemple l’âge (plus de risque au-delà de 65 ans), certaines pathologies (insuffisance cardiaque, maladie rénale ou hépatique, BPCO) ou antécédents (AVC, pneumonie), etc.

Diagnostic

Le diagnostic de pneumonie est évoqué par le médecin sur observation des symptômes du patient, interrogatoire de ses antécédents et auscultation de ses poumons (bruits anormaux appelés « râles » au niveau d’un poumon).

Une prise de sang peut être demandée afin de déterminer la présence d’une infection bactérienne. Cependant, c’est la visualisation d’un foyer infectieux sur une radiographie du thorax qui permet de confirmer le diagnostic.

Traitement

Afin d’éliminer la bactérie responsable de l’infection, le médecin prescrit systématiquement un antibiotique. Il choisit le plus adapté à la situation selon divers paramètres : la bactérie suspectée, l’état de santé du patient et la gravité de l’infection.

Le traitement de première intention repose essentiellement sur l’amoxicilline, la pristinamycine ou la télithromycine. Cependant, le médecin peut modifier le traitement en fonction de l’évolution de la maladie.

Du paracétamol peut également être prescrit pour lutter contre la fièvre.

Prévention

Sachant que les germes responsables de la pneumonie sont transmis d’un individu à un autre via les mains sales ou les sécrétions nasales ou buccales, par exemple lors d’éternuements ou de toux, des mesures d’hygiène peuvent limiter la contagion.

  1. Se laver les mains à l’eau et au savon, avant et après tout contact avec un malade ;
  2. Se couvrir la bouche et le nez avec un mouchoir (ou sa manche) en cas d’éternuement ou de toux ;
  3. Utiliser des mouchoirs à usage unique pour se moucher ;
  4. Nettoyer tout objet utilisé ou manipulé par une personne malade ;
  5. Éviter de partager les objets du quotidien (couverts par exemple) ;
  6. Ranger et ne pas partager sa brosse à dents avec quelqu’un d’autre ;
  7. Aérer son habitation au moins 1 fois par jour ;
  8. Maintenir la température de l’habitation autour des 19°.

Cependant, le moyen le plus efficace de se protéger contre la pneumonie à pneumocoques reste la vaccination. Elle est recommandée chez tous les enfants de moins de 2 ans et comporte 2 injections (une à 2 mois et l’autre à 4 mois) ainsi qu’un rappel à l’âge de 11 mois.

Elle est recommandée également chez les enfants ou adultes présentant un risque élevé d’infection au pneumocoque, par exemple les personnes immunodéprimés ou atteintes d’une maladie favorisant l’infection. Par ailleurs, la pneumonie étant une complication fréquente de la grippe saisonnière, il est donc conseillé d’effectuer la vaccination contre la grippe aussi.

Charline D., Pharmacien

– Pneumonie. Ameli. Le 30 mars 2017.
– Pneumonie. OMS. Novembre 2016.
Anatomie des poumons. Institut national du cancer. – Consulté le 30 août 2017.

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