Allergies alimentaires

juillet 2021 par

Allergies alimentaires

Les allergies alimentaires sont des manifestations cliniques survenant suite à l’ingestion de certains aliments. Le système immunitaire réagit anormalement à ces aliments. Il entraîne une surproduction d’immunoglobulines (généralement de type E autrement appelées IgE). La fréquence de survenue des allergies alimentaires est en moyenne comprise entre 2 et 5 % dans la population. On note une proportion plus importante d’enfants touchés que d’adultes. Leur fréquence dans la population ne cesse d’augmenter mais reste difficile à mesurer. Les allergies alimentaires ont pourtant un impact considérable sur la vie quotidienne des personnes allergiques. Elles peuvent entraîner des symptômes allant jusqu’au décès dans les formes les plus sévères. Il n’existe pas de traitement curatif. La prescription d’antihistaminiques vise à soulager les symptômes, mais l’éviction reste indispensable.

Définition et symptômes des allergies alimentaires

Qu’est qu’une allergie alimentaire ?

La grande majorité des allergies alimentaires, plus de 90%, sont des réactions allergiques de type I. Selon l’allergène en cause, l’allergie alimentaire peut se déclarer très tôt dans l’enfance ou seulement à l’âge adulte. Son évolution n’est pas la même pour tous les patients : elle peut disparaître à l’âge adulte ou persister toute la vie.

Plusieurs hypothèses sont étudiées pour expliquer l’augmentation du nombre de cas de patients souffrant d’allergies alimentaires dans la population :

  1. L’importation d’aliments de plus en plus variés qui diversifient les régimes et nous exposent à des produits exotiques ;
  2. La pollution atmosphérique (qui diminue sensiblement les seuils de tolérance) ;
  3. Les manipulations technologiques de l’industrie agro-alimentaire ;
  4. La baisse du nombre de maman pratiquant l’allaitement maternel des nouveau-nés ;
  5. Une hygiène trop minutieuse chez les enfants. Ce qui ne permet pas de développer leur système immunitaire de façon optimale ;
  6. La consommation précoce de certains aliments, ou la surconsommation d’un aliment pendant l’enfance.

Malgré l’existence de prédispositions génétiques aux allergies alimentaires, l’environnement joue un rôle primordial dans leur survenue.

Les allergènes alimentaires ou trophallergène (du grec « trophê » : nourriture) sont dans la majorité des cas des protéines. Les aliments allergènes les plus courants sont les suivants :

  1. Les céréales qui contiennent du gluten (blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut) et les produits à base de céréales (biscuits, farine et gâteaux, sauces soja…) ;
  2. Les crustacés ou les produits à base de crustacés ;
  3. Les œufs et tous les produits à base d’œufs ;
  4. Les poissons et produits qui en dérivent ;
  5. Le soja et les produits à base de soja ;
  6. Le lait et ses produits dérivés ;
  7. Les arachides et produits à base d’arachides ;
  8. Les fruits à coques et produits à base de ces fruits ;
  9. Le céleri et produits à base de céleri ;
  10.  La moutarde,
  11. Les graines de sésame et produits qui en contiennent ;
  12. L’anhydride sulfureux et sulfites en concentration de plus de 10 mg/kg ou 10 mg/L ;
  13. Le lupin et tous produits à base de celui-ci  ;
  14. Et enfin, les mollusques et produits à base de mollusques ;

Les allergies croisées avec des aliments sont possibles grâce à une structure immuno-histochimique proche entre deux allergènes. Les IgE produites contre le premier allergène reconnaissent le deuxième allergène du fait de leur structure proche. On distingue 3 grands types d’allergies fréquentes :

  1. Les allergies dites aliment-aliment, par exemple le lupin avec l’arachide, le kiwi associé à la moutarde, ou encore le lait de vache plus la viande de bœuf ;
  2. Les allergies entre aliment et pollen : par exemple les fruits et légumes comme les pommes, poires, pêches, abricots, tomates, pommes de terre, persil, carottes avec les bouleaux ou la pêche avec les cyprès ;
  3. Les allergies dites aliment-latex, par exemple les fruits comme le kiwi, l’avocat, la banane, la châtaigne, le melon associé au latex.

Quels symptômes ?

allergènes alimentaires

Les symptômes des allergies alimentaires sont divers :

  • Cutanés et muqueux (éruptions cutanées, démangeaisons, urticaire, eczéma, prurit labial, dermatite atopique en particulier chez le nourrisson, œdème des lèvres, picotements des lèvres ou de la bouche, œdème de Quincke) ;
  • Gastro-intestinaux (douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées, coliques, reflux gastro-œsophagien) ;
  • Respiratoires (asthme, rhino-conjonctivite, rhinite) ;
  • Réactions généralisées (chute de tension, malaise, choc anaphylactique).

Les réactions allergiques peuvent entraîner un ou plusieurs de ces symptômes. Ils font leur apparition de quelques minutes à quelques heures après l’ingestion de l’aliment. Selon la sensibilité de la personne, l’intensité et le type de symptômes varient.

De façon générale, les enfants sont plus sensibles aux allergènes d’origine animale (lait de vache, œufs, poissons) mais ces allergies alimentaires sont susceptibles de disparaître à l’âge adulte.

Les allergies aux allergènes d’origine végétale sont plus représentées chez les adultes et les allergies croisées plus fréquentes (entre les fruits et les pollens ou le latex). Ces allergies qui apparaissent souvent plus tardivement persistent souvent tout au long de la vie.

Diagnostic et traitement des allergies alimentaires ?

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’une allergie alimentaire est fait par l’allergologue (médecin spécialiste des allergies) à l’aide d’une enquête alimentaire et de tests immunologiques.

Si un bébé, un enfant ou un adulte présente un ou plusieurs symptômes suite à l’ingestion du même aliment, il se peut que l’allergie alimentaire soit en cause. Toutefois il est aussi possible qu’il s’agisse d’une intolérance alimentaire qui, elle, est d’origine métabolique, ou due à l’ingestion d’une quantité importante d’aliments riches en tyramine, en histamine ou histamino-libérateurs qui peuvent entraîner des symptômes identiques ou semblables à ceux d’une allergie alimentaire.

Ce sont les tests immunologiques qui permettent alors de discriminer entre allergie alimentaire et intolérance.

Quel traitement ?

A ce jour il n’existe malheureusement pas de traitement curatif de l’allergie mais des études sont en cours pour le développement de traitements d’immunothérapie pour une désensibilisation à l’allergène. Ces derniers consistent à administrer au patient des doses croissantes d’allergène afin d’habituer progressivement leur organisme.

Le seul traitement actuel est l’évitement de toute exposition à l’allergène. Il est recommandé aux patients allergiques et aux parents d’enfants allergiques de s’adresser à des professionnels de santé (diététicienne) pour obtenir de l’aide dans la gestion de leur régime alimentaire qui se doit d’être restrictif vis-à-vis de l’allergène en question. Cette démarche est importante afin de ne pas développer de carences alimentaires dues à l’élimination d’un type d’aliment et afin d’éviter le risque d’installation de troubles alimentaires.

Des antihistaminiques sont prescrits pour soulager les symptômes en cas de crise. Selon les manifestations de l’allergie, plusieurs produits peuvent être proposés :

Des antihistaminiques sont prescrits pour soulager les symptômes en cas de crise. Selon les manifestations de l’allergie, plusieurs produits peuvent être proposés :

  • En cas de rhinite allergique, les antihistaminiques sont prescrits par voie local, sous forme de spray ;
  • Pour l’asthme allergique, un bronchodilatateur ayant un effet immédiat est nécessaire, éventuellement associé à un traitement de fond si les crises sont fréquentes ;
  • Pour soulager la conjonctivite allergique, les antihistaminiques peuvent être dispensés sous forme orale ou collyre ;
  • En cas d’urticaire, les antihistaminiques par voie orale sont utilisés ;
  • Enfin, pour apaiser l’eczéma, une crème à base de corticoïdes peut être prescrite.

Par ailleurs, il est fortement recommandé aux patients de toujours porter sur eux un auto-injecteur d’adrénaline. C’est un traitement d’urgence des réactions allergiques de type anaphylactique. Il faudrait également familiariser l’entourage à son utilisation. Une hospitalisation est recommandée.

Publié le 24 juin 2015. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 5 juillet 2021.

Sources
– Allergènes alimentaires. economie.gouv.fr. Consulté le 24 juin 2015.
– VIDÉO : VACCIN COVID ET ALLERGIES. allergies.afpral.fr. Consulté le 24 juin 2015.
– ALLERGIES ALIMENTAIRES : Etat des lieux et propositions d’orientations. mangerbouger.fr. Consulté le 24 juin 2015.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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