Chondrosarcome


Rédigé par Charline D. et publié le 20 avril 2022

radiologie du crâne humain

Un chondrosarcome représente l’une des tumeurs osseuses les plus fréquentes, après l’ostéosarcome. Il peut être primitif ou secondaire à une pathologie. Ce type de tumeur affecte surtout les adultes âgés de 30 à 50 ans, et peut concerner tous les os du corps. Les principales manifestations d’un chondrosarcome, lorsque celui-ci est symptomatique, sont les douleurs osseuses et la présence d’une tuméfaction. Le diagnostic de cette pathologie repose sur un examen clinique approfondi et des examens d’imagerie. Le traitement de référence du chondrosarcome est la chirurgie.

Définition et les différents types de chondrosarcome

Un chondrosarcome est une tumeur cancéreuse qui prend naissance au niveau du cartilage des os de la jambe, du bras, du genou, de la colonne vertébrale ou du bassin, le plus fréquemment.

À noter ! Lorsque le chondrosarcome se situe à la base du crâne, on parle de synchondrose pétro-clival.

Ce type de cancer est considéré comme rare. En effet, le chondrosarcome représente 10% à 15% des tumeurs osseuses primitives. Le nombre de cas, chaque année, est estimé à 1 individu sur 200 000. Par ailleurs, ce cancer concerne plus volontiers les hommes ou les femmes âgés de 30 à 50 ans.

Un chondrosarcome peut également être secondaire à une pathologie sous-jacente. Cependant, dans la grande majorité des cas, il se développe spontanément. On parle dans ce cas de chondrosarcome primitif.

IRM d'une tumeur cancéreuse

Bien que le chondrosarcome puisse concerner tous les os, il touche plus fréquemment les plus riches en cartilage articulaire comme le fémur, le tibia, l’humérus, les os iliaques au niveau du bassin, les côtes, la scapula (ou omoplates).

On distingue plusieurs types de chondrosarcome.

Selon le stade d’évolution du cancer au moment du diagnostic, il existe :

  • Les chondrosarcomes de bas grade ;
  • Les chondrosarcomes de grade intermédiaire pour lesquels la malignité de la tumeur est relativement faible, la croissance lente et le potentiel à métastaser est moindre ;
  • Les chondrosarcomes de haut grade qui restent rares, et dont la croissance est rapide avec une forte capacité à métastaser.

Quelques formes de chondrosarcome se classent à part du fait de leur singularité :

  • Les chondrosarcomes à cellules claires. Ils sont de bas grade. Ce type de tumeur est rare. Ils affectent essentiellement la partie supérieure du tibia, de l’humérus et du fémur. Ils sont généralement traités avec succès par la chirurgie ;
  • Les chondrosarcomes mésenchymateux, de haut grade. Ce type de chondrosarcome évolue rapidement. Ils touchent plutôt les enfants et les adolescents au niveau des os de la face, des côtes, des vertèbres et du bassin ;
  • Les chondrosarcomes dédifférenciés. Ce type de tumeur représente moins de 10% de l’ensemble des chondrosarcomes. Ils concernent surtout le fémur, l’humérus et le bassin. Ce cancer est particulièrement agressif et affecte plus volontiers les personnes âgées.

Après l’ostéosarcome, le chondrosarcome représente le deuxième type de cancer osseux.

Quels sont les symptômes d’un chondrosarcome ?

Les manifestations d’un chondrosarcome sont celles des cancers osseux. Généralement, les tumeurs de bas grade se développent moins rapidement, et provoquent de faibles douleurs.

Les tumeurs de haut grade sont, en revanche, plus symptomatiques. Les douleurs surviennent rapidement et sont souvent associées à une tuméfaction.

Par ailleurs, les chondrosarcomes fragilisent beaucoup les os. Ils peuvent être à l’origine de fractures. Dans certains cas, lorsque la tumeur est grosse, elle peut aussi comprimer les organes voisins et gêner leur bon fonctionnement.

À noter ! Concernant les chondrosarcomes secondaires à une autre pathologie, les symptômes propres à ceux-là sont difficiles à différencier des symptômes causés par la maladie sous-jacente.

Le diagnostic du chondrosarcome

Le diagnostic d’un chondrosarcome repose sur l’analyse des symptômes et des antécédents médicaux du patient, associée à un ou plusieurs examens d’imagerie médicale.

A l’occasion d’une première consultation, le médecin discute de plusieurs éléments avec le patient : les symptômes évoquant une atteinte osseuse, les pathologies héréditaires, une potentielle exposition à des rayonnements ionisants, des troubles osseux, l’existence de cancer dans la famille, etc.

Dans un second temps, le médecin procède à l’examen physique du patient. L’objectif est de rechercher les signes en faveur d’un cancer osseux de manière générale, par exemple : douleurs osseuses, présence d’une masse, diminution de la mobilité du membre concerné.

médecin qui tient une IRM dans ses mains

Lorsque le médecin suspecte une tumeur osseuse, il prescrit un ou plusieurs examens d’imagerie pour confirmer le diagnostic : radiographieIRMscanner, etc.

Une biopsie peut également être prescrite pour compléter le diagnostic. Elle consiste à prélever un peu de tissu afin d’en analyser la composition en laboratoire.  La biopsie permet de déterminer précisément le type de la tumeur et de confirmer le diagnostic de chondrosarcome.

Enfin, d’autres examens médicaux (analyses sanguines, tests cardiaques, etc.) peuvent compléter le diagnostic afin d’évaluer l’état de santé général du patient, de détecter d’éventuelles anomalies associées et d’évaluer le pronostic du cancer.

À savoir ! On distingue plusieurs facteurs pronostiques principaux pour les cancers osseux : la localisation de la tumeur, sa propagation, son grade, sa taille, l’âge du patient et sa réponse au traitement.

Traitements envisagés pour répondre au chondrosarcome

Les chondrosarcomes répondent mal aux traitements classiques prescrits en cas de cancer, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie.

Le traitement de référence pour ce type de tumeur est la chirurgie. Elle s’utilise aussi bien en cas de tumeur diagnostiquée récemment qu’en cas de récidive. Selon les cas, plusieurs types de chirurgie peuvent être prescrits.

  • L’excision large

L’excision large (ou résection monobloc) qui implique le retrait de la tumeur osseuse ainsi qu’une marge importante d’os et de tissus sains environnant la tumeur. Ce type de chirurgie est le plus fréquent. Il sert à traiter les chondrosarcomes affectant les os du crâne, la colonne vertébrale, le bras, la jambe ou le bassin.

  • Le curetage

Il consiste à retirer uniquement la tumeur sans toucher à l’os. Cette méthode se complète généralement par une cryochirurgie ou le recours au ciment osseux pour éliminer les cellules cancéreuses qui persistent après le curetage. Le ciment osseux est une substance chimique permettant de remplir l’espace vide laissé après le retrait de la tumeur dans l’os.

  • La chirurgie conservatrice du membre

Cette dernière consiste à retirer la tumeur sans amputer la totalité du membre. La tumeur ainsi que les tissus mous au sein desquels la tumeur s’est propagée sont retirés. Suite à ce type de chirurgie, une reconstruction du membre à l’aide de greffons osseux et cutanés peut être envisagée.

  • L’amputation

Elle implique de retirer en partie ou en totalité le membre affecté par la tumeur. Cette méthode est choisie lorsque la tumeur est volumineuse ou qu’elle a envahi les nerfs et les vaisseaux. Le port d’une prothèse pour remplacer le membre amputé est fréquent après une amputation.

À noter ! Une radiothérapie peut être prescrite après un traitement chirurgical, notamment lorsque la tumeur n’a pas pu être retirée en totalité. La chimiothérapie n’est prescrite qu’en cas de chondrosarcome de haut grade ou en cas de métastases.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Traitements du chondrosarcome. cancer.ca. Consulté le 20 avril 2022.
– Chondrosarcome. target=”_blank” neurochirurgie-lariboisiere.com. Consulté le 20 avril 2022.

Lire nos autres dossiers Maladies