Une pelade est une affection dermatologique caractérisée, le plus souvent, par une perte de cheveux en plaques. Très difficile à vivre, particulièrement pour les femmes, cette pathologie impacte très fréquemment de façon importante l’estime de soi des patientes.

pelade

Définition

Avant toute chose, il faut préciser que la pelade n’est pas une pathologie grave. Elle ne témoigne en aucun cas d’une maladie sous-jacente qui pourrait l’expliquer.

Une pelade, aussi connue sous le nom d’alopécie en plaques, est une pathologie dermatologique pouvant atteindre les cheveux, les poils et les ongles. Cette affection est relativement fréquente, en effet, 1,7% de la population est concernée.

La pelade est une maladie auto-immune. Certaines cellules immunitaires, les lymphocytes, ne reconnaissent plus la racine capillaire comme étant un élément appartenant à l’organisme, mais plutôt comme un ennemi à éliminer (au même titre que les bactéries ou les virus). Ainsi, les lymphocytes s’attaquent aux racines capillaires et celles-ci cessent de fonctionner, se brisent (on parle de cheveu en point d’exclamation) et tombent.

En l’état actuel des connaissances, les scientifiques ne savent pas ce qui déclenche la perte de cheveux et de poils. Plusieurs facteurs sont évoqués : infection virale, stress, exposition à un produit chimique. Enfin, des facteurs héréditaires semblent jouer dans certains cas.

À savoir ! Il faut différencier pelade de calvitie chez un homme. La calvitie n’est pas une maladie, mais une perte normale d’origine hormonale et héréditaire de cheveux. Elle peut débuter tôt (avant la puberté), mais le plus souvent, elle commence autour de la trentaine.

Symptômes

La pelade peut se manifester sous forme de plaque(s) dépourvue(s) de cheveux. Elles prennent généralement une forme ronde ou ovale. On parle alors de pelade en plaques qui est la forme la plus commune de l’affection.

Parfois, la pelade débute à la base du crâne et s’étend progressivement aux parties latérales en remontant au-dessus des oreilles. C’est la pelade ophiasique.

Plus rarement, elle affecte la totalité du crâne et prend le nom de pelade décalvante totale. Lorsque les poils du corps sont également touchés, on parle de pelade universelle.

En bordure de plaque, on peut voir des cheveux dits « en point d’exclamation ». Ce sont de petits cheveux cassés de quelques millimètres.

Par ailleurs, les ongles peuvent présenter des petits creux, ce qui leur donne un aspect de dé à coudre, ou bien, être plus abîmés avec un aspect rugueux comme s’ils avaient été râpés dans la longueur.

À savoir ! Toutes les structures pileuses peuvent être atteintes, à savoir : les sourcils, les cils, la barbe chez les hommes, etc.

L’évolution de la maladie est imprévisible. La pelade se manifeste sous forme d’épisodes. Cependant, un individu peut ne présenter qu’un seul épisode dans sa vie, ou tout aussi bien subir une ou plusieurs récidives après quelques années. L’intensité, l’étendue et la durée des épisodes sont également variables. En effet, peu de signes permettent de prédire l’évolution de la maladie. Il semble en revanche, qu’une pelade étendue apparaissant tôt dans l’enfance a plus de risque de s’aggraver ou de récidiver par la suite.

Il existe de nombreuses formes intermédiaires de pelade avec des signes cliniques et des évolutions très différentes. Ainsi, une pelade peut aller de la simple plaque qui repousse spontanément en 2 mois à la pelade universelle qui perdure plusieurs années (plus exceptionnellement).

De façon générale, les pelades en plaques guérissent spontanément : les cheveux repoussent tous seuls. C’est également possible pour les pelades décalvantes et universelles bien que la repousse soit moins facile. En revanche, plus une pelade est ancienne et persistante, moins il y a de chances de repousses spontanées et plus les risques de récidive sont importants. Il faut toutefois bien garder à l’esprit qu’une pelade est une pathologie totalement imprévisible et que les données statistiques ne permettent pas de prédire l’évolution ou la guérison d’une personne.

À savoir ! Ne pas traiter une pelade n’impacte pas les chances de repousse.

Diagnostic

Le diagnostic repose uniquement sur l’examen clinique du médecin généraliste.

Selon les symptômes présentés par le patient, une prise de sang peut être demandée afin de vérifier s’il n’existe pas une autre maladie auto-immune associée à la pelade. En effet, la pelade peut parfois prédisposer à d’autres pathologies auto-immunes fréquentes dans la population comme l’atteinte de la thyroïde. Par ailleurs, les personnes souffrant de pelade ont une tendance plus importante aux allergies (asthme, eczéma, rhinite allergique, etc.).

Traitement

La plupart des traitements existants reposent sur la suppression des lymphocytes s’attaquant aux follicules pileux. Cependant, ce type de thérapie ne permet pas de protéger le patient des récidives.

Les traitements les plus fréquemment employés sont :

  • La cortisone, un médicament très utilisé pour traiter les maladies inflammatoires et auto-immunes. Il peut être appliqué localement, par injections ou par voie orale ;
  • Des préparations à base d’anthraline ou dioxyanthranol peuvent être appliquées de manière brève sur les zones atteintes. Ce traitement est irritant ;
  • Le minoxidil permet d’épaissir la repousse ;
  • La photothérapie (souvent la PUVAthérapie qui est l’association d’un médicament et de rayons UVA). C’est le dermatologue qui choisit de proposer ou non cette thérapie. En effet, toutes les pelades ne peuvent pas être traitées de cette façon. Le traitement est réalisé par le dermatologue à l’aide d’une cabine prévue à cet effet ;
  • L’immunothérapie peut être proposée. Elle est réalisée dans certains centres spécialisés et consiste à rendre allergiques les patients à une substance chimique qui est ensuite appliquée sur les zones de pelade. De cette manière, l’eczéma provoqué favorise la repousse. Cependant, ce traitement n’est utilisé que dans certains cas particuliers ;
  • Le méthotrexate est un immunosuppresseur. Il est administré par voie orale (comprimés) ou injecté par voie intramusculaire. Les dermatologues l’utilisent parfois pour les cas de pelades sévères et rebelles uniquement.

Il existe d’autres traitements dont l’efficacité est cependant toujours discutée ou qui n’ont pas démontré une efficacité suffisante dans les études réalisées.

Enfin, il existe des moyens pour camoufler une pelade. Ils sont conseillés pour les personnes dont l’état psychologique est fortement impacté par la maladie.

Il est possible d’avoir recours à une prothèse capillaire (ou perruque, ou postiche) lorsque la pelade est étendue. Un remboursement partiel (sur une base de 125 euros) par la Sécurité sociale, plus ou moins complétée selon les mutuelles, peut être obtenu avec une ordonnance du médecin. Les prix sont variables et dépendent de la qualité, du type de cheveux (synthétiques ou naturels), du support et du mode d’implantation des cheveux sur le support.

Le tatouage, notamment des sourcils ou du bord libre des paupières, est également une option. Il est préférable d’apporter avec soi des photographies précédant la pelade afin d’obtenir un résultat le plus conforme à la réalité possible. Enfin, il faut savoir que le tatouage ne gêne absolument pas la repousse.

Une consultation avec un psychologue peut aussi être proposée. Attention, il n’est pas question dans ce type de pathologie de lier la pelade à une cause psychologique. En effet, aucune preuve scientifique ne met en cause le stress ou tout autre élément psychologique dans le déclenchement de la maladie. L’objectif ici est d’aider le patient à se sentir mieux malgré cette affection qui peut être très déstabilisante.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Pelade. Thérapeutique dermatologique. Le 21 mai 2012.