Eczema atopiqueL’eczéma atopique ou « dermatite atopique » est la maladie de peau la plus fréquente. En effet, un tiers des consultations chez le dermatologue la concernerait. Cette affection, d’origine à la fois génétique et environnementale, touche plus volontiers les enfants et les jeunes adultes.

Eczéma atopique : définition

L’eczéma atopique est fréquent et peut débuter dès le plus jeune âge. On estime que pratiquement 20% des nourrissons ou petits enfants seraient touchés. 10% des moins de 20 ans seraient concernés et maximum 3% des plus de 50 ans. Cette maladie est plus répandue chez les femmes.

A savoir ! Le terme « atopique » désigne la tendance d’un individu à développer une réaction allergique au contact d’éléments de l’environnement (poussières, pollen, poils d’animaux, etc.) normalement sans effet sur l’organisme.

L’eczéma atopique est une pathologie cutanée inflammatoire non contagieuse se traduisant par des rougeurs, des démangeaisons et l’apparition de petites vésicules. Elle évolue par poussées durant lesquelles les symptômes s’aggravent. Les poussées d’eczéma sont entrecoupées de périodes de rémissions.

L’eczéma peut être associé à d’autres manifestations allergiques comme l’asthme ou la rhinite.

Depuis quelques dizaines d’années, on observe une augmentation significative du nombre de cas d’eczéma dans la population. Certains scientifiques expliquent cette hausse par une modification des comportements alimentaires du nourrisson (diminution de l’allaitement maternel et exposition à des aliments allergisants de façon plus précoce). D’autres l’expliquent par une plus grande hygiène de l’environnement du bébé qui réduirait l’exposition précoce de son système immunitaire à diverses substances.

Causes

L’eczéma atopique possède diverses origines : génétique et environnementale (exposition à certaines substances).

En effet, chez  50 à 70% des enfants développant l’affection, on trouve un parent proche (père, mère, frère ou sœur) également atteint. Cette maladie est le résultat d’anomalies immunologiques et cutanées transmises génétiquement. 2 types de gènes semblent être en cause dans la maladie :

  • Le gène de la filaggrine (protéine impliquée dans l’hydratation de la couche supérieure de l’épiderme) ;
  • Les gènes contrôlant l’immunité.

Lorsque l’un ou plusieurs de ces gènes sont modifiés, la structure de la peau est anormale. Moins perméable, elle laisse alors certaines molécules pénétrer et entrer au contact des cellules immunitaires favorisant la survenue d’une réaction immunitaire anormale à l’origine des symptômes.

Symptômes

Chez l’enfant, les symptômes de l’eczéma sont les suivants :

  • Rougeur de la peau ;
  • Démangeaison (ou « prurit » en terme médical) ;
  • Surélévations de la peau lui donnant un aspect rugueux ;
  • Fines vésicules avec suintements lors de leur rupture ;
  • Croûtes (après le suintement des vésicules) ;
  • Sécheresse cutanée en dehors de la zone touchée.

Au cours des poussées et selon l’âge du patient, les symptômes peuvent varier. On distingue 4 phases de l’eczéma. En premier, des taches rouges, chaudes et irritantes apparaissent. Plusieurs heures après, de petites vésicules remplies de liquide clair se forment. Le grattement des lésions, constituant la phase 3, provoque le suintement par rupture des vésicules avec formation de croûtes jaunâtres. Enfin, les croûtes tombées, les lésions rouges et lisses se couvrent de squames.

Suite à cet épisode, les symptômes peuvent disparaître jusqu’à la prochaine poussée, récidiver ou bien persister et devenir chroniques. La peau devient peu à peu plus épaisse et plus foncée : on parle de « lichénification ». Les démangeaisons persistent malgré l’absence de lésions. On utilise le terme de « dermatite ou eczéma atopique » lorsque les symptômes durent plus de 6 mois.

Chez l’adolescent et l’adulte, les lésions sont généralement observées au niveau de la tête, du cou et des membres. La maladie peut également s’exprimer par une sécheresse cutanée de la paume des mains et des fissures de la pulpe des doigts.

A savoir ! La dyshidrose est une forme particulière d’eczéma touchant exclusivement les mains.

Chez le nourrisson, la dermatite atopique se manifeste de manière symétrique et essentiellement au niveau du visage (joues et front) et du cuir chevelu. Souvent, le nouveau-né présente des griffures, signe qu’il cherche à apaiser ses démangeaisons. Les lésions finissent ensuite par s’étendre aux bras, aux jambes et au tronc.

Evolution et complications

L’eczéma atopique apparaît très tôt dans la vie d’un individu : dès les premiers mois de vie. Selon les enfants, la maladie peut durer plusieurs mois à plusieurs années. La majorité des eczémas s’améliorent et finissent par disparaître progressivement dans l’enfance.

Cependant, il est possible que l’affection persiste à l’adolescence et à l’âge adulte. Généralement, il reste localisé. La dermatite atopique peut avoir un retentissement important sur la qualité de vie. Sans oublier, que sa présence est liée à une augmentation du risque de développer un asthme.

La surinfection est la complication la plus fréquente de la maladie. En effet, au cours de la phase de suintement, la peau peut s’infecter donnant lieu à un suintement purulent retardant la cicatrisation. Elle peut être causée par un staphylocoque doré ou par un virus de l’herpès.

Diagnostic

Le diagnostic d’eczéma atopique est établi par le médecin et repose sur l’observation des lésions ainsi que celle des 4 phases typiques de l’eczéma. Un examen microscopique d’un prélèvement de peau peut éventuellement compléter le diagnostic.

Le médecin doit ensuite déterminer la cause de l’eczéma (en particulier lorsqu’il s’agit d’eczéma de contact). Pour cela, il va mener une enquête, plus ou moins longue, en questionnant le patient ou les parents sur la première localisation des lésions, leur date d’apparition et leur évolution. Il se renseigne également sur l’environnement, les loisirs, les produits d’hygiènes utilisés, le type de vêtements porté ou encore l’existence d’antécédents dans la famille.

A savoir ! L’eczéma de contact est une maladie inflammatoire cutanée due à la sensibilisation à une substance ayant été en contact avec la peau. Le terrain génétique n’intervient pas dans cette affection.

Lorsqu’une substance est suspectée de provoquer l’eczéma, le médecin peut demander la réalisation de tests allergologiques afin de confirmer le diagnostic. Les tests consistent à appliquer diverses substances au niveau du dos, du bras ou du thorax du patient. Quelques jours plus tard, le médecin observe la ou les zones exposées aux diverses substances à la recherche d’une potentielle réaction allergique. Ces tests sont surtout utilisés en cas d’échec aux traitements, de localisation particulière (poignet par exemple) ou d’allergies associées.

Traitement

Lors d’une poussée d’eczéma, le médecin prescrit un dermocorticoïde local à appliquer directement sur les lésions. Il peut se présenter sous forme de crème, plutôt en cas de suintements ou au niveau des plis, ou sous forme de pommade lorsque la peau est sèche ou épaisse. Le dermocorticoïde doit être appliqué une fois par jour jusqu’à disparition des lésions. En cas de démangeaisons importantes ou gênantes, un antihistaminique peut être associé.

En cas de surinfection, et uniquement dans ce cas précis, il est recommandé d’utiliser des antibiotiques, locaux ou oraux, associés ou non à un antiseptique.

En cas d’échec au traitement à base de dermocorticoïde, il est possible d’appliquer un immunomodulateur (médicament agissant sur le système immunitaire) local. Cependant, cette prescription est réservée aux dermatologues et aux pédiatres.

Par ailleurs, un soutien psychologique peut s’avérer utile dans certains cas lorsque la maladie nuit à la qualité de vie du patient.

En plus du traitement prescrit par le médecin, quelques mesures simples peuvent être appliquées afin d’améliorer la qualité de vie du patient et l’efficacité des traitements :

  • Se renseigner sur la maladie et prendre conseils auprès du médecin ;
  • Suivre rigoureusement la prescription et les conseils du médecin ;
  • Effectuer qu’une seule toilette quotidienne pour ne pas irriter la peau ;
  • Utiliser uniquement les « pains » de savon ou nettoyants doux sans savon ;
  • Ne rien ajouter à l’eau du bain ;
  • Se sécher la peau en tamponnant plutôt qu’en frottant ;
  • Préférer les vêtements en coton ;
  • Éviter toute exposition à des substances allergisantes (comme le tabac, la poussière, etc.) ;
  • Appliquer une crème émolliente ou hydratante deux fois par jour (en cas de poussée, éviter l’application sur les zones touchées) ;
  • Après la piscine, prendre le temps de se rincer à l’eau et éventuellement appliquer une crème émolliente.

Pour limiter la survenue de complications liées au grattage des lésions, il est conseillé de se couper régulièrement les ongles et d’éviter de toucher aux lésions.

Enfin, le virus de l’herpès pouvant provoquer de graves infections chez l’enfant souffrant d’eczéma atopique, il faut éviter au maximum le contact avec une personne porteuse du virus (par exemple, les personnes présentant un « bouton de fièvre »).  En cas de fièvre, de fatigue ou d’aggravation des lésions d’eczéma, il faut consulter rapidement.

Charline D., Pharmacien

– Dermatite atopique. EurekaSanté. Le 9 mars 2017.
– Eczéma atopique. Ameli. Le 25 avril 2017.