Asthme


Rédigé par Charline D., publié le 27 janvier 2021 et mis à jour le 2 mai 2022

illustration qui représente l'asthme

L’asthme est une pathologie chronique fréquente caractérisée par une inflammation des bronches dont les causes sont diverses. En France, on compte plus de 4 millions d’asthmatiques. La maladie se manifeste par des crises au cours desquelles le patient peine à respirer. L’asthme peut fortement impacter la qualité de vie des patients. Sa prise en charge nécessite au minimum un traitement bronchodilatateur, associé à un traitement anti-inflammatoire de fond et à l’éviction des facteurs déclenchants (tabac, polluants, pollens, etc.).

Définition et symptômes de l’asthme

A propos du système respiratoire

Le système respiratoire est constitué des voies nasales, de la trachée et des deux poumons. Le rôle de ces derniers est de fournir de l’oxygène à notre organisme, tout en évacuant le dioxyde de carbone. Ils se situent dans la poitrine de part et d’autre du cœur.

Un poumon se compose de plusieurs lobes, séparés les uns des autres par des cloisons appelées scissures. On compte deux lobes pour le poumon droit et trois pour le gauche. Chaque lobe contient les bronches, elles même constituées d’alvéoles (petites poches) reliées entre elles par les bronchioles. Les bronches se connectent à la trachée.

schéma pour représenter l'asthme

Au cours de la respiration, l’air arrive donc par la trachée, passe dans les bronches puis les bronchioles et enfin les alvéoles. Une fois dans les alvéoles, le dioxygène contenu dans l’air inspiré traverse leur paroi pour aller dans le sang et être distribué à tout l’organisme. Dans le sens inverse, c’est le dioxyde de carbone qui circule, évacué par les cellules de l’organisme, il repasse via les alvéoles puis les bronches pour s’échapper de la trachée puis via la bouche et le nez. On parle alors d’expiration.

Qu’est-ce que l’asthme ?

L’asthme est une atteinte respiratoire chronique causée par une inflammation permanente des bronches. Un patient asthmatique présente une muqueuse bronchique irritée et épaisse. Cela rend les bronches sensibles et sujettes à des réactions excessives en cas de contact avec des facteurs favorisants. Une crise d’asthme peut ainsi se déclencher : le passage de l’air devient difficile du fait de la contraction des muscles bronchiques et de la sécrétion importante de mucus au contact d’un facteur déclenchant associé à l’inflammation chronique.

À savoir ! L’asthme concerne plus de 4 millions d’individus en France, et cause chaque année environ 60 000 hospitalisations dont 1000 décès. 15 à 20% des asthmes de l’adulte sont d’origine professionnelle.

Les crises d’asthme

La maladie se manifeste par des crises caractérisées par plusieurs symptômes comme une gêne respiratoire, une respiration sifflante, une toux sèche, un essoufflement et une sensation d’oppression sur la poitrine. Une crise peut durer plusieurs minutes comme plusieurs heures. A noter qu’entre deux crises, la respiration est normale. L’intensité et la fréquence des crises varient d’un patient à un autre.

L’asthme, une pathologie multifactorielle

L’asthme est une pathologie multifactorielle qui résulte de l’association d’un facteur génétique prédisposant et d’une exposition à un facteur favorisant. Les facteurs favorisants de l’asthme sont nombreux : allergènes (acariens, moisissures, pollens), on parle auquel cas d’asthme allergique, et irritants (tabac, polluants de l’air, agents chimiques comme les peintures, colles, encens, aérosols, produits d’entretien, etc.).

Parmi les asthmes liés au travail, on distingue celui qui est :

  • Dit professionnel, qui correspond à l’asthme induit par des agents présents dans un environnement professionnel particulier ;
  • Aggravé par le travail, qui correspond à un asthme préexistant ou apparu récemment dont les symptômes sont exacerbés.

Quels sont les symptômes ?

L’asthme est caractérisé par des épisodes de gêne respiratoire (dyspnée). Parfois, la toux est le seul symptôme de la maladie. La fréquence et la sévérité de la crise varie d’un individu à l’autre. Entre deux crises, la respiration du patient est généralement normale.

Diagnostic et traitement de l’asthme

Quel est le diagnostic ?

Le diagnostic de l’asthme est réalisé par le médecin traitant, et repose sur un premier bilan médical.

inhalateur pour personne asthmatique

Le médecin commence en effet ses investigations par plusieurs questions :

  • Les symptômes ressentis lors d’une crise ;
  • La fréquence et l’intensité des crises ;
  • Les circonstances de survenue des crises ;
  • La présence d’autres pathologies associées comme une rhinite ou une sinusite.

Un pneumologue peut réaliser des examens complémentaires. Également, un allergologue en cas d’asthme allergique suspecté par le médecin traitant. Des épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR), par exemple la spirométrie ou le test d’effort, sont nécessaires pour confirmer le diagnostic de l’asthme. Ces examens permettent également de suivre l’évolution de la maladie pour adapter le traitement si besoin.

À savoir ! La spirométrie est un examen de routine qui consiste à mesurer la capacité pulmonaire d’un individu. Cet examen est totalement indolore et ne comporte aucun risque. Son objectif est la mesure : des volumes respiratoires, à savoir la quantité d’air contenue dans les poumons, et des débits respiratoires, autrement dit la quantité d’air expulsée lors d’une expiration maximale

Lorsque l’asthme est contrôlé, une consultation annuelle avec un pneumologue suffit. En revanche, en cas d’asthme sévère ou non contrôlé, il est nécessaire de rapprocher les rendez-vous.

Quels sont les traitements disponibles ?

L’asthme est incurable, il persiste à vie. Cependant, un traitement adapté et bien suivi peut le maîtriser en réduisant considérablement son impact sur la qualité de vie des patients.

Petite fille qui prend de la ventoline

La prise en charge de l’asthme repose sur :

  • Un traitement anti-inflammatoire de fond permettant de maintenir la fonction respiratoire normale et prévenir les crises ;
  • Un traitement de crise, généralement sous forme aérosol, et contenant un bronchodilatateur pour soulager les symptômes. Les bronchodilatateurs ont une action rapide pour relâcher les muscles qui entourent le tissu bronchique. Leur utilisation interrompt une crise ou peut servir de prévention avant un exercice physique. A noter qu’un asthme contrôlé induit un recours minime aux bronchodilatateurs. Si ce n’est pas le cas, il faut réadapter le traitement de fond ;
  • L’éviction des facteurs déclenchants connus (tabac, acariens, etc.).

La majorité des médicaments utilisés dans le traitement de l’asthme sont administrés par voie inhalée. Leur bonne utilisation conditionne en partie le bon contrôle de la maladie. L’éducation du patient aux techniques d’inhalation est donc indispensable pour assurer l’observance du traitement. Les aérosols peuvent être déclenchés manuellement par le patient ou être auto-déclenchés par l’inhalation. Une chambre d’inhalation peut être associée, notamment chez les enfants.

Il est, par ailleurs, conseillé aux patients asthmatiques de se faire vacciner contre la grippe chaque année afin d’éviter tout risque de décompensation de la maladie. En effet, ces patients présentent un risque plus important d’hospitalisation et de surinfection, même en cas d’asthme contrôlé. A noter que chez les enfants, la vaccination peut éviter la chronicisation de la maladie. Les infections respiratoires entraînent une décompensation de l’asthme. Plus elles sont fréquentes, plus elles augmentent le risque de persistance de l’affection une fois adulte.

Rédigé le 27 janvier 2021 par Charline D., Docteur en pharmacie. Mis à jour par Alexia F. Docteure en Neuroscience le 2 mai 2022.

Sources
– Asthme de l’adulte. ameli.fr. Consulté le 2 mai 2022.
– Asthme. santepubliquefrance.fr. Consulté le 2 mai 2022.