Schéma d'une ColoscopieUne coloscopie, aussi appelée endoscopie digestive par voie basse, est un examen d‘imagerie médicale permettant de visualiser la paroi interne du côlon grâce à un instrument appelé coloscope. C’est l’examen de dépistage le plus fiable pour mettre en évidence des éventuelles lésions au niveau du côlon. Par ailleurs, les lésions constatées lors de l’examen peuvent être traitées, plus ou moins entièrement.

Définition, précautions et préparation à l’examen d’une coloscopie

Qu’est-ce que le cancer du côlon ?

L’endoscopie digestive par voie basse, plus connue sous le nom de coloscopie est un examen médical permettant d’observer ou d’intervenir à l’intérieur du côlon et du rectum.

Cet examen est prescrit par le médecin traitant lorsque le patient se plaint de symptômes digestifs comme des diarrhées, des douleurs persistantes, la présence de sang dans les selles, ou après un dépistage positif du cancer colorectal.

Il peut aussi être demandé afin de dépister ou retirer une lésion cancéreuse ou précancéreuse, par exemple dans le cancer colorectal.

Plus d’un million de coloscopies sont réalisées chaque année, en France. C’est l’examen de référence pour le diagnostic des maladies du côlon comme les polypes du colon, le cancer colorectal, la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, etc.

Une coloscopie est réalisée à l’aide d’un endoscope (tube souple équipé d’une petite caméra, d’une lampe, et si besoin, d’instruments chirurgicaux). Il permet :

  • D’observer la paroi interne de l’intestin pour rechercher d’éventuelles anomalies ;
  • D’effectuer des prélèvements et des soins, si besoin. Par exemple, des biopsies (prélèvement d’échantillons de tissus), l’ablation d’un polype, la coagulation de petites lésions des vaisseaux sanguins.

Les précautions à prendre

Lorsque le patient prend son rendez-vous pour une endoscopie digestive basse, il est important qu’il précise à son interlocuteur les traitements en cours et la présence d’une pathologie (par exemple une allergie).

Dans le cas où une anesthésie générale est planifiée, le patient devra se rendre à une consultation avec un anesthésiste, 8 à 10 jours avant l’examen. A cette occasion, il faut préciser au médecin anesthésiste tout traitement. En effet, leur action peut être modifiée lors de la préparation du côlon. Le médecin décidera donc des consignes à suivre pour les traitements.

La préparation

Coloscopie médicaleL’examen est réalisé sous anesthésie générale ou sous sédation (anesthésie légère).

Une coloscopie est un examen visuel de la paroi interne du côlon et du rectum, ce qui implique donc que l’intestin soit vide et que ses parois soient propres. Pour cela, il est nécessaire que le patient nettoie son côlon et son rectum grâce à un régime dit « sans résidu » le ou les 2 jours précédant l’examen, et l’ingestion d’un produit appelé « préparation colique » destinée à éliminer les matières fécales.

En effet, si ces consignes ne sont pas correctement appliquées alors les matières fécales restant dans la zone à examiner empêche une bonne visualisation. L’examen prend alors plus de temps et il est moins précis. Parfois, le médecin est même obligé de reprogrammer l’examen (10 à 20% des cas en France).

Le régime sans résidus interdit tous les légumes ou préparations en contenant, tous les fruits ou préparation en contenant (jus, confiture, yaourt aux fruits), tous les aliments contenant des céréales complètes, les boissons alcoolisées et le café turc (avec le marc). Certains médecins interdisent également la consommation de lait ou laitage.

Finalement, les quelques aliments autorisés sont :

  • Les bouillons de légumes ;
  • Les pâtes non complètes ;
  • Les pommes de terre ;
  • La viande ;
  • Le poisson ;
  • Le pain blanc ;
  • Les compotes de fruits cuits.

La préparation colique associée à de grandes quantités d’eau est destinée à provoquer des diarrhées non douloureuses afin de vider l’intestin, et terminer le nettoyage des intestins.

Il est par ailleurs indispensable d’être à jeun (ni boire, ni manger, ni fumer) depuis la veille minuit lors de la coloscopie.

Déroulement de l’examen et complications possibles

Comment se déroule une coloscopie ?

Concept de technologie de coloscopieUne coloscopie complète dure environ 30 à 40 minutes selon la facilité de progression de l’endoscope dans l’intestin du patient ou de la présence de polypes à retirer.

Une coloscopie se déroule sous anesthésie générale, et nécessite un court séjour (souvent 1 journée) à l’hôpital.

Tout d’abord, le patient est dirigé dans un box ou une chambre afin de se déshabiller et se préparer pour le bloc (blouse, charlotte, chaussons stériles). Le patient est ensuite conduit en salle d’opération où l’anesthésiste va lui administrer le sédatif. Une fois le patient endormi, il est placé soit sur le dos soit sur le côté gauche.

Ensuite, le médecin gastro-entérologue introduit le coloscope dans le rectum par l’anus et le fait remonter le long du rectum puis du côlon à observer. De l’air peut être injecté tout le long de l’intervention afin d’écarter les parois et faciliter la progression de l’appareil.

Une fois le coloscope au niveau de la zone d’intérêt, une plus grande quantité d’air est insufflée afin de déplisser le côlon pour visualiser ses parois et commencer l’observation.

Le médecin peut également effectuer des prélèvements si besoin avant de retirer l’appareil. Une fois l’examen terminé, le patient est reconduit en salle de réveil où il restera environ 1 heure, le temps de se réveiller tout d’abord puis de vérifier sa tension artérielle, sa respiration et son état général. La surveillance est poursuivie quelques heures dans la chambre d’hôpital où le patient recevra une collation. Les premières observations sont communiquées par le médecin avant le retour à domicile du patient. En cas de prélèvements, plusieurs jours sont nécessaires pour obtenir des résultats définitifs.

À noter ! Après chaque examen, le matériel utilisé (l’endoscope) est désinfecté et les accessoires sont stérilisés ou jetés (en cas de matériel à usage unique) selon des procédures bien définies dans le but de prévenir les éventuelles transmissions d’infections.

Risques de complication

Une coloscopie est un examen sûr. Cependant, dans 2% des cas des complications sont à l’origine d’une hospitalisation. Le plus souvent, elles concernent les personnes de plus de 60 ans, les individus atteints de pathologie cardiaque ou respiratoire, les patients suivant un traitement anticoagulant ou anti-inflammatoire ainsi que les patients chez qui un polype volumineux a été retiré.

Les complications majoritairement observées sont celles liées à l’anesthésie générale, une hémorragie liée au retrait d’un polype, une perforation du côlon, une infection et en moindre proportion des troubles cardiovasculaires.

Les suites d’une coloscopie

En raison des effets de l’anesthésie, lorsque le patient quitte l’établissement :

  • Il doit être accompagné d’un proche ;
  • La conduite d’un véhicule est interdite le jour de l’intervention.

Le patient peut reprendre ses activités habituelles dès le lendemain de l’intervention.

Les résultats de la coloscopie sont communiqués par le médecin traitant.

Lorsque l’examen a révélé la présence de polypes bénins et qu’ils n’ont pas pu être retirés intégralement, une nouvelle intervention doit être programmée.

Si les résultats indiquent la présence d’une pathologie, d’autres examens peuvent être prescrits en complément, et la prise en charge thérapeutique est mise en place.

En cas d’absence d’anomalie, le médecin conseillera à son patient de renouveler le contrôle après 5 à 10 ans, selon les cas.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Endoscopies digestives. vidal.fr. Consulté le 30 décembre 2019.
– Comment se déroule une coloscopie ? ameli.fr. Consulté le 30 décembre 2019.
– La coloscopie. roche.fr. Consulté le 30 décembre 2019.
– Coloscopie. snfcp.org. Consulté le 30 décembre 2019.