Fissure anale

16 décembre 2020 par

image d'un rouleau de papier toilette triste représentant la fissure anale

Une fissure anale est une déchirure de la peau recouvrant la partie basse de l’anus pouvant survenir suite à une constipation ou à une contraction excessive du sphincter anal. Cette affection est fréquente et bénigne. C’est la deuxième affection de l’anus en terme de fréquence, après les hémorroïdes. Généralement, une fissure anale se traduit par une douleur anale, une constipation et des saignements de l’anus. Le diagnostic repose sur l’examen de l’anus. La prise en charge repose sur la prescription d’émollients fécaux, de pommades protectrices, d’antalgiques et de bains de siège.

Définition et symptômes de la fissure anale

Qu’est-ce qu’une fissure anale ?

une femme assise au toilettes avec un rouleau de papier

Le canal anal fait suite au rectum, et représente la partie terminale du tube digestif. Il assure le contrôle de la continence des selles grâce à deux sphincters. Ces derniers sont des muscles circulaires permettant la fermeture du canal anal.

Une fissure anale est une plaie douloureuse au niveau de l’anus provoquée par le déchirement de la peau. Elle est plus souvent localisée sur la face arrière de l’anus, et peut mesurer jusqu’à 2 centimètres.

À savoir ! Une fissure anale est une affection bénigne, sans risque cancéreux.

Lorsque la plaie est récente, elle est superficielle et rosée. Avec le temps, elle devient creusante avec un fond fibrineux blanchâtre. Il y a également un épaississement de la peau périphérique qui apparait, en formant des replis appelés marisques. Cette plaie peut être à l’origine d’une gêne importante qui impacte la vie quotidienne du patient.

La fissure anale affecte plus volontiers le jeune adulte. Elle survient chez 15% des femmes après un accouchement. La fissure anale est la deuxième affection anale la plus fréquente, derrière les hémorroïdes.

Divers facteurs associés peuvent contribuer au développement du trouble :

  • Un traumatisme de l’anus en lien avec l’émission de selles trop dures et volumineuses. Par exemple, en cas de constipation ou d’évacuation brutale de selles liquide lors d’une gastro-entérite ;
  • Une mauvaise vascularisation de la zone anale ;
  • Une contraction trop importante et permanente du sphincter anal qui aggrave le trouble de la circulation.

Quels symptômes ?

Généralement, une fissure anale se traduit par une douleur anale, une constipation et des saignements de l’anus.

La douleur d’une fissure anale est décrite comme une sensation de brûlure à l’émission des selles. La douleur peut s’estomper quelques minutes avant de réapparaître et persister plusieurs heures. Selon les cas, son intensité peut varier. En effet, pour certains patients, elle se manifeste comme une gêne ou des démangeaisons anales, tandis que pour d’autres la douleur est intense et peut faire redouter le moment d’aller aux toilettes. La douleur peut persister quelques semaines, en s’atténuant par moments et s’aggravant à d’autres.

La fissure anale est souvent responsable de saignements anaux, on parle de rectorragies. Du sang apparaît dans les selles ou sous forme de traces sur le papier toilette.

À savoir ! Fissure anale et hémorroïdes peuvent engendrer les mêmes symptômes, cependant en cas d’hémorroïdes : la douleur est moins vive, le saignement est plus abondant et on voit apparaitre une petite boule (gonflement de la veine) au niveau de l’anus.

L’évolution d’une fissure anale est variable.

Dans la majorité des cas, elle cicatrise avec plus ou moins de temps. Parfois, lorsque la fissure évolue depuis longtemps sans traitement, elle se complique : la plaie peut s’infecter. A noter que les récidives sont fréquentes, notamment en cas de constipation chronique. En effet, le passage de selles dures peut à nouveau ouvrir la plaie.

Diagnostic et traitement de la fissure anale

Quel diagnostic ?

une gélule de laxatif

Le diagnostic d’une fissure anale repose sur l’examen proctologique de la zone anale. Le médecin écarte doucement les plis de l’anus pour visualiser la plaie. Il réalise également un toucher rectal si la zone anale n’est pas trop douloureuse, pour détecter la présence d’un éventuel abcès dans le canal anal.

Les autres causes de lésions (maladie de Crohn, IST, etc.) sont éliminées par le médecin.

Quel traitement ?

1 – Mesures d’automédication

En cas de fissure anale, des mesures hygiéno-diététiques simples permettent d’éviter la constipation, et un antalgique local ou oral permet de maîtriser la douleur.

Pour lutter contre la constipation, il est conseillé de :

  • Aller aux toilettes à heure fixe, une demi-heure à une heure après le repas ;
  • Aller aux toilettes dès que l’envie s’en fait sentir, ne pas laisser passer le besoin ;
  • Prendre son temps aux toilettes ;
  • Éviter de « pousser » trop ;
  • Consommer des aliments riches en fibres. Il est conseillé d’augmenter progressivement la quantité de fibres consommées pour ne pas entraîner de douleurs ou de ballonnements ;
  • Préférer les légumes verts et les fruits frais ;
  • Limiter les aliments gras et sucrés ;
  • Boire de l’eau régulièrement, au moins 1,5 litre par jour ;
  • Pratiquer une activité physique régulière.

Lorsque ces mesures ne suffisent pas, il est possible de recourir à un médicament laxatif disponible sans ordonnance. Il est recommandé de prendre conseil auprès de son pharmacien pour choisir le produit le plus adapté à la situation.

Pour soulager les douleurs liées à la fissure anale, il existe deux types de médicaments :

  • Les produits locaux (crème, pommade, suppositoires). Ils sont généralement anesthésiants, cicatrisants ou anti-inflammatoires. Ces traitements peuvent être appliqués après un bain de siège (détente du sphincter anal et toilette douce) ;
  • Les antalgiques par voie orale. Le paracétamol est à privilégier, il peut être consommé pendant la grossesse ou l’allaitement. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène, sont une alternative.

Il est conseillé de consulter son médecin traitant en cas d’aggravation ou de non-amélioration des symptômes, par exemple lorsque :

  • La douleur reste importante malgré l’application des divers conseils ;
  • La plaie ne cicatrise pas après plusieurs semaines ;
  • La plaie suinte ;
  • La constipation persiste ou s’aggrave ;
  • Les saignements sont importants ou se répètent
  • Une fièvre apparaît ;
  • La fissure récidive.

2 – Traitement médical

Le traitement médical a pour objectif de soulager les douleurs et amorcer la cicatrisation de la plaie. La stratégie est la même qu’en cas d’automédication, mais les médicaments prescrits sont disponibles uniquement sur ordonnance.

Tout d’abord des médicaments contre la constipation sont prescrits, ce sont des laxatifs. Il en existe plusieurs types : osmotiques (macrogol, lactulose, sorbitol) en première intention, de lest (ispaghul, psyllium), lubrifiants (à base de paraffine), stimulants (bisacodyl), par voie rectale (suppositoires ou lavements).

Ensuite, des antalgiques par voie orale ou locale.

Si besoin le trinitrate de glycéryle en pommade peut être prescrit. C’est un médicament permettant de diminuer le spasme du sphincter anal. Il est utile pour lever temporairement la contraction du sphincter afin de permettre la cicatrisation d’une fissure anale chronique.

En cas d’échec des traitements, la chirurgie peut être proposée. Notamment, pour traiter les fissures anales : très douloureuses malgré les traitements, qui ne cicatrisent pas ou se compliquent, récidivantes ou chroniques.

Il existe deux grandes techniques : la sphinctérotomie (l’objectif est de détendre les muscles de l’anus afin de diminuer les douleurs et amorcer la cicatrisation) et la fissurectomie (retrait de la fissure et des éventuelles excroissances pour faciliter la cicatrisation). La cicatrisation après la chirurgie peut durer environ 6 semaines.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources

– Fissure anale. Ameli. Consulté le 23 novembre 2020.
– Fissure anale. SNFGE. Consulté le 23 novembre 2020.
– Fissure anale. Manuel MSD. Consulté le 23 novembre 2020.

Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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