hernie

Une hernie inguinale est une grosseur sous-cutanée localisée au niveau de l’aine. Elle peut être présente dès la naissance ou survenir suite à certaines affections ou à des efforts répétés.

Définition

L’aine est la partie du corps permettant la jonction entre l’abdomen et la cuisse. Une hernie inguinale est le terme médical qui décrit la présence d’une grosseur au niveau de cette zone du corps.

Une hernie inguinale se développe lorsque l’un des éléments contenus dans l’abdomen, généralement l’intestin, sort de son emplacement habituel, à savoir la cavité abdominale.  Cette sortie se produit via :

  • L’orifice inguinal trop distendu. Ce dernier, situé au niveau de l’aine dans la paroi abdominale, permet d’ordinaire le passage des divers vaisseaux et ligaments irriguant le membre inférieur ;
  • Un orifice crée accidentellement suite à la rupture de la paroi abdominale en raison d’efforts répétés.

Lorsqu’une hernie inguinale est présente à la naissance, on parle de hernie congénitale. Parfois, le canal péritonéo-vaginal qui assure la migration des testicules dans les bourses chez le fœtus, ne se referme pas avant la naissance. Ainsi, un bout d’intestin se loge dans le canal et une hernie apparaît. On estime que 2 à 5% des nouveau-nés seraient atteints de cette affection.

Cependant, dans la majorité des cas, la hernie inguinale est dite acquise : elle apparaît chez l’adulte. Elle peut être liée à des efforts répétés, une obésité, une toux chronique ou même une constipation. Une hernie peut être :

  • Directe lorsqu’elle est due à une déchirure des muscles de l’abdomen qui sont devenus trop faibles ;
  • Indirecte quand la hernie se forme dans l’orifice inguinal.

Une hernie inguinale est une affection fréquente, particulièrement chez les hommes. En effet, près d’un homme sur trois est opéré pour cette affection au cours de sa vie. Les femmes sont plus touchées par un autre type de hernie : la hernie crurale située dans le haut de la cuisse. Cette dernière est plus douloureuse et comporte plus de risque de  complications.

Symptômes

Une petite hernie inguinale peut être asymptomatique. En revanche, lorsqu’elle grossit, les symptômes apparaissent et s’intensifient à mesure de la journée et lors d’effort ou de toux.

L’affection se manifeste le plus souvent par une sensation de pesanteur et de gêne voire de douleur dans le bas de l’abdomen. Par ailleurs, le patient peut observer la présence d’une grosseur au niveau de l’aine. Cependant, cette dernière peut être absente le matin au réveil et apparaître au fur et à mesure de la journée, lorsque le patient est en position debout. Il arrive également, chez les hommes, que la grosseur descende jusque dans une bourse.

En cas de hernie congénitale, l’affection peut être découverte par les parents lors du bain ou du change de l’enfant. En effet, la grosseur apparaît lors d’effort du nourrisson (par exemple, lorsqu’il pleure ou défèque), tandis qu’elle disparaît lorsque le nourrisson retrouve son calme.

Evolution

En l’absence de traitement chirurgical, une hernie peut se compliquer. Elle peut grossir et devenir tellement volumineuse qu’il n’est plus possible de la réintégrer dans la cavité abdominale, ou bien elle peut également s’étrangler et être à l’origine d’une occlusion intestinale aigüe.

À savoir ! Avec un traitement chirurgical, il existe un risque de récidive compris entre 2 et 5%.

Diagnostic

Un examen clinique lors d’une consultation chez le médecin traitant suffit à établir le diagnostique d’une hernie inguinale.

Le médecin procède à une examination de son patient en position allongée puis debout. Une palpation des régions inguinales droite et gauche permet de mettre en évidence les deux caractéristiques d’une hernie :

  • Elle est visible et son volume augmente lors d’effort de « poussée », autrement dit en cas de toux ou de soulèvement de charges ;
  • Elle disparaît lorsque le médecin appuie doucement dessus.

Une fois le diagnostic établi, le médecin dirige son patient vers un chirurgien digestif qui décidera de la marche à suivre. Si la hernie n’entraîne pas ou peu de symptôme, une simple surveillance peut être recommandée. En revanche, lorsque les symptômes sont présents et s’aggravent, le chirurgien préconise une intervention chirurgicale.

Traitement

Le seul traitement d’une hernie inguinale est chirurgical. Il existe cependant diverses techniques selon le type de hernie. L’objectif est de replacer le morceau d’intestin dans la cavité abdominale et réparer la paroi de l’abdomen.

Le traitement chirurgical est proposé au patient lorsque le chirurgien estime qu’il existe un risque d’étranglement de la hernie. L’opération peut se dérouler sous anesthésie générale, locale ou locorégionale.

À savoir ! Une anesthésie locale ne concerne que la zone opérée tandis qu’une anesthésie locorégionale recouvre une partie du corps plus conséquente.

Deux techniques chirurgicales peuvent être appliquées :

  • La coelioscopie avec de petites incisions est la méthode privilégiée en raison des suites opératoires plus simples et un rétablissement rapide. Elle implique une anesthésie générale ;
  • La laparotomie nécessite une incision plus large dans la région inguinale. Les trois types d’anesthésie sont possibles.

Que ce soit avec l’une ou l’autre méthode, le chirurgien procède toujours en deux temps. Il commence d’abord par replacer le contenu de la hernie dans la cavité abdominale puis il referme et consolide la paroi de l’abdomen (soit avec des sutures soit par la pose d’une prothèse) afin de limiter le risque de récidives.

Lorsque l’intervention est programmée, elle est réalisée en ambulatoire. Le patient peut retourner à son domicile le jour même.

En cas d’urgence, notamment, lorsque la hernie est étranglée (l’intestin est trop serré au niveau de la hernie et risque de provoquer une occlusion intestinale), l’opération doit être effectuée dans les plus brefs délais. Généralement, la technique employée est la laparotomie sous anesthésie générale. Par ailleurs, le chirurgien est parfois dans l’obligation de retirer une partie de l’intestin. Les suites opératoires sont alors plus longues et nécessitent une hospitalisation.

À savoir ! Chez le nourrisson, la hernie est opérée via une incision au niveau du pli de l’aine et aucun renfort de la paroi n’est nécessaire.

Dans la grande majorité des cas, les suites opératoires sont simples et les complications restent rares :

  • Hématome au niveau de l’abdomen ;
  • Fièvre ou malaise ;
  • Douleurs persistantes ;
  • Infection de la cicatrice (écoulements, fièvre) ;
  • Perte de sensibilité momentanée de la zone opérée ou des testicules ;
  • Douleur d’un mollet (risque de phlébite) ;
  • Douleur thoracique et essoufflement (risque d’embolie pulmonaire).

En cas d’activité professionnelle, le médecin prescrit un arrêt de travail dont la durée dépend de plusieurs paramètres comme l’âge du patient, la technique chirurgicale utilisée (arrêt plus court en cas de coelioscopie), la nature de l’activité professionnelle (arrêt plus long en cas de travail physique), l’état de santé du patient, si la hernie est bilatérale ou non.

Souvent, la durée de l’arrêt de travail est comprise entre une et six semaines.

La conduite d’un véhicule ainsi que le port de charges sont à éviter les 7 jours suivants l’opération.

Enfin, c’est le médecin qui décide de la reprise des activités sportives ou de loisirs. Souvent, les activités physiques telles que le vélo, la natation ou le jogging, peuvent être reprises de manière progressive après deux semaines de repos. Concernant les activités physiques plus intenses ou comportant des mouvements à risque, il est conseillé d’attendre 2 à 3 mois.

Charline D., Pharmacien

– Hernie inguinale. Ameli. Le 26 avril 2017.