Occlusion intestinaleUne occlusion intestinale est une urgence médicale. C’est un arrêt ou une diminution du transit intestinal qui se traduit par divers symptômes dont des douleurs abdominales, une constipation, des vomissements, mais surtout un arrêt des émissions de gaz et de matières fécales. Le diagnostic est clinique avec une confirmation radiologique. Le traitement dépend de la sévérité de l’occlusion.

Définition

Une occlusion intestinale est « une obstruction partielle ou totale de l’intestin grêle ou du côlon ». Ce blocage empêche les aliments, les liquides et les gaz de circuler normalement au niveau de l’intestin.

Rappel sur le système digestif

système-digestif

Le système digestif est composé de plusieurs organes dont l’objectif est de transformer les aliments que nous ingurgitons en énergie pour notre organisme. Ainsi, la première étape est de porter les aliments à la bouche afin de les déchiqueter grâce à la mastication à l’aide de nos dents. Les glandes salivaires sont chargées de produire la salive qui va venir se mélanger aux aliments ingérés. Elle permet de faciliter la progression des aliments vers l’œsophage puis l’estomac. Une fois dans l’estomac, les aliments sont malaxés et dégradés grâce aux sucs gastriques afin d’aboutir à la formation d’une bouillie : le chyme. Lorsque celle-ci est formée, elle débute son voyage dans les intestins. La première partie des intestins est l’intestin grêle , organe long et tubulaire, au sein duquel la majeure partie de la digestion a lieu. Beaucoup de nutriments, essentiels au bon fonctionnement de l’organisme, vont être extraits à ce niveau-là. Le reste continue sa progression pour atteindre le gros intestin, ou côlon. A ce niveau, le liquide et les éléments nutritifs restants sont absorbés, tandis que les matières solides qui restent sont stockées dans le rectum en attendant leur expulsions via l’anus.

Quelles sont les causes d’occlusion intestinale ?

Une occlusion intestinale peut avoir différentes origines :

  • Des tumeurs qui obstruent l’intestin ;
  • La formation d’un tissu cicatriciel après une chirurgie de l’intestin grêle ou du côlon ;
  • La conséquence d’une radiothérapie ;
  • Certains médicaments (narcotiques, anti-diarrhéiques, certaines chimiothérapies) ;
  • La constipation chronique (formation de fécalome).

Ainsi, une occlusion de l’intestin peut-être mécanique, c’est-à-dire en lien avec un obstacle, ou fonctionnelle en raison de spasmes ou de paralysie des muscles intestinaux.

occlusion

Les occlusions mécaniques répertorient aussi bien les occlusions par obstruction que par strangulation. En cas de strangulation, l’occlusion est caractérisée par l’existence de lésions vasculaires due à un écrasement ou à une torsion des vaisseaux. On constate un arrêt de la circulation sanguine laissant craindre une gangrène. La strangulation peut avoir diverses origines : complications d’une intervention chirurgicale ou d’une hernie, torsion d’une partie du côlon sur lui-même en faisant une boucle qui s’étrangle à sa base, aussi appelée « volvulus ». Les occlusions par obstruction sont généralement dues au développement d’une tumeur intestinale, à une maladie inflammatoire ou à une diverticulite. Divers cancers peuvent engendrer une occlusion intestinale dont celui de l’estomac, le cancer colorectal, les cancers de l’intestin grêle, de l’utérus, de la prostate, de la vessie et de l’ovaire.

Les occlusions d’origine fonctionnelles se traduisent par une paralysie de l’intestin en lien avec l’atteinte d’un organe voisin. Les causes sont diverses : appendicite, abcès, hématome, pancréatite ou certains médicaments.

Symptômes

Au cours d’une occlusion intestinale, les aliments et sécrétions s’accumulent en amont de l’obstruction ou de la paralysie, et provoque une distension importante de l’intestin (il est dur et douloureux à la palpation). On observe plusieurs symptômes dont des douleurs abdominales très importantes caractérisées par des crises suivies de périodes d’accalmies. Les douleurs sont souvent associées à des vomissements et à un arrêt de l’émission de matières fécales et de gaz.

On peut également constater dans certains cas, une déshydratation importante à cause des vomissements. Elle peut entraîner un état de choc avec une chute de la pression artérielle et une insuffisance rénale.

D’autres symptômes peuvent être associés à ceux déjà évoqués : une sécheresse buccale, une diarrhée, une mauvaise haleine ou de la fièvre.

Une occlusion intestinale peut engendrer une perforation au niveau de l’intestin grêle ou du côlon. On parle de perforation de l’intestin. Le risque est que le contenu intestinal s’écoule dans la cavité péritonéale et cause une inflammation. Le patient peut également souffrir d’hémorragies digestives et de pneumopathies en lien avec l’inhalation des vomissements.

Diagnostic

Une occlusion intestinale est évoquée devant les symptômes cités. En effet, le médecin interroge son patient sur ses symptômes, ses habitudes intestinales et la prise de médicaments.. Le diagnostic est clinique, mais doit être confirmé sans délai par une radiographie. Un scanner peut être effectué en complément afin de déterminer plus précisément la cause de l’occlusion. Un toucher rectal peut permettre de détecter la présence d’un fécalome (masse fécale durcie obstruant le côlon).

Traitement

Une occlusion intestinale doit être rapidement prise en charge. C’est une urgence vitale. En effet, sans traitement, elle provoque le décès du patient. Il est alors primordial de débuter le traitement dès qu’il y a suspicion d’occlusion intestinale, tout en poursuivant la démarche diagnostique. Le schéma est simple : en cas d’obstruction, il faut retirer l’obstacle, et en cas de strangulation, lever le garrot le plus rapidement possible.

Cette affection nécessite une prise en charge hospitalière. La première étape consiste à aspirer le liquide en amont de l’occlusion grâce à une sonde gastrique. Il est nécessaire de perfuser le patient afin de rétablir son équilibre physiologique. Lorsque l’occlusion est due à une strangulation, la chirurgie est à pratiquer dans les plus brefs délais. En cas d’obstruction, l’intervention est moins urgente.

Selon la cause de l’occlusion, plusieurs mesures différentes, associées ou non, peuvent être prescrites :

  • Le repos de l’intestin en supprimant toute alimentation ou hydratation orale pendant quelques jours. Les besoins nutritifs seront assurés par une perfusion en intraveineuse ;
  • Le soulagement de la pression de l’abdomen par l’évacuation du contenu de l’estomac via une sonde nasogastrique ou rectale ;
  • La prise d’antibiotique en voie intraveineuse pour prévenir ou traiter une inflammation (péritonite). D’autres médicaments peuvent être prescrits pour soulager les nausées ou les douleurs ;
  • La chirurgie en dernière intention afin de dégager l’intestin. Parfois, il est nécessaire de retirer un morceau d’intestin afin d’éliminer le blocage ou le tissu mort. Les deux bouts sains de l’intestin sont ensuite reliés : on parle d’anastomose. Selon l’emplacement du blocage et la portion d’intestin retirée, il est parfois nécessaire de réaliser une colostomie ou iléostomie. La colostomie consiste à créer une ouverture dans le côlon vers l’extérieur du corps au travers de la paroi abdominale. L’iléostomie est une ouverture au niveau de l’iléon (dernière partie de l’intestin grêle) vers l’extérieur du corps au travers de la paroi abdominale.

À savoir ! Dans la très grande majorité des cas, il est impossible de prévenir une occlusion intestinale. Aucune mesure n’existe mis à part la prévention de la constipation

Charline D., Docteur en pharmacie

– Occlusion intestinale. Larousse. Consulté le 18 décembre 2018.
– Occlusion intestinale. Le manuel MSD. Consulté le 18 décembre 2018.
– Occlusion intestinale. Société canadienne du cancer. Consulté le 18 décembre 2018.
– Occlusion intestinale aiguë. SNFGE. Consulté le 18 décembre 2018.