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Une rectite, aussi appelée proctite, est une inflammation de la muqueuse du rectum, la partie terminale du gros intestin . Parmi les nombreuses causes (de l’infection à la radiothérapie) pouvant être à l’origine d’une rectite, la plus fréquente est la présence d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Selon son origine, une rectite peut être indolore ou au contraire très douloureuse. Le diagnostic est généralement établi sur une sigmoïdoscopie, associée à une biopsie. Le traitement dépend directement de la cause : antibiotiques, anti-inflammatoires voire immunomodulateurs ou chirurgie.

Définition et symptômes

 A propos du rectum

Le rectum fait partie du système digestif, c’est un tube droit (d’où son appellation) d’une quinzaine de centimètres. Il constitue la partie terminale du côlon L’unique rôle du rectum est le stockage des matières fécales.

La muqueuse du rectum qui est très proche du reste de la muqueuse intestinale, est constituée d’un tissu luisant et rouge, contenant des glandes de mucus. Cette dernière est relativement insensible à la douleur, à l’inverse de l’anus qui y est extrêmement sensible. Un anneau musculaire, le sphincter anal, permet de maintenir l’anus fermé. Il est contrôlé par le système nerveux autonome, bien qu’une partie puisse être volontairement relâchée ou contractée.

Qu’est-ce qu’une rectite ?

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Une rectite est une inflammation du rectum (« rect » pour rectum et « ite » pour inflammation). On parle également de proctite. Cette affection est de plus en plus fréquente dans la population. On estime qu’un individu sur 100 000 est concerné en France.

Plusieurs facteurs peuvent la provoquer :

  • Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) dont la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. On parle de rectite inflammatoire ;
  • Les maladies sexuellement transmissibles comme la syphilis, l’infection à Chlamydia, la gonorrhée ou l’infection à Herpès simplex. Lorsqu’une rectite est due à un agent infectieux, on parle alors de rectite infectieuse ;
  • La présence de bactéries qui ne se transmettent pas sexuellement, par exemple Salmonella, ou l’utilisation d’une antibiothérapie qui détruit la flore et permet le développement d’autres bactéries comme Clostridium difficile ;
  • La radiothérapie utilisée sur le rectum ou à proximité pour le traitement du cancer de la prostate ou du rectum. Dans ce cas, la rectite est qualifiée de iatrogène, et plus précisément de rectite radique.

A noter qu’une rectite peut être aigüe ou chronique. En effet, on parle de rectite aigüe lorsque celle-ci est soudaine, mais temporaire, et de rectite chronique lorsqu’elle évolue par poussée.

À savoir ! Une rectite n’augmente pas le risque de développer un cancer du côlon, contrairement à la rectocolite hémorragique lorsqu’elle est étendue.

Quels symptômes ?

Une rectite se traduit, le plus souvent, par des besoins fréquents d’aller à la selle, des faux besoins, des saignements indolores, l’évacuation de mucus par le rectum voire des douleurs lors d’effort de défécation. Les selles sont plutôt de consistance normale, sans réelle diarrhée. Les symptômes peuvent être confondus avec ceux de la maladie hémorroïdaire.

Les rectites associées à une gonorrhée, provoquées par le virus Herpès simplex ou le cytomégalovirus sont à l’origine de douleurs anorectales très intenses.

L’extension de l’inflammation à l’ensemble du colon est la complication redoutée d’une rectite. On parle dans ce cas d’une rectocolite étendue. Cette évolution est plus fréquente lorsque l’affection a débuté avant l’âge de 20 ans. Elle est estimée à 40 voire 50% des cas de rectite dans les 10-15 ans qui suivent les premiers signes de la maladie.

A noter qu’une rectite évolue par poussées. Il est rare de ne faire qu’une seule poussée de rectite. Cependant, la fréquence des poussées diminue avec le temps. Parfois, des extinctions complètes sont observées après une dizaine d’années d’évolution.

Enfin, plus de 10% des patients atteints de rectite souffrent d’une forme évoluant sans période de rémission.