Syndrome myélodysplasique

17 juin 2021 par

Syndrome myélodysplasique

Le syndrome myélodysplasique est une atteinte de la moelle osseuse caractérisée par une production insuffisante de cellules sanguines saines, à savoir les globules rouges, les plaquettes et les globules blancs. Ces dernières deviennent plus rares, ce qui engendre divers troubles comme une anémie, une thrombopénie responsable de troubles hémorragiques et une neutropénie causant diverses infections. Les symptômes dépendent de la ou des lignées cellulaires affectées, ils peuvent se traduire par de la fatigue, une pâleur, de la fièvre, des infections, des hémorragies, des ecchymoses, etc. Le diagnostic d’un syndrome myélodysplasique repose sur un bilan sanguin, un myélogramme et souvent une biopsie. La prise en charge repose sur la prescription de traitements symptomatiques (transfusions, antibiotiques, etc.) associés à d’autres médicaments plus spécifiques.

Définition et symptômes du syndrome myélodysplasique

Qu’est-ce que le syndrome myélodysplasique ?

Le syndrome myélodysplasique est une affection hématologique caractérisée par une atteinte des cellules souches dans la moelle osseuse. Ces cellules souches sont à l’origine des globules rouges, des plaquettes et des globules blancs. Lorsque certaines d’entre elles sont anormales, la qualité et la quantité des 3 lignées cellulaires sont impactées. Leur atteinte engendre une anémie (baisse des globules rouges), une neutropénie (baisse des globules blancs) et une thrombopénie (baisse des plaquettes) parfois à l’origine de troubles de la coagulation.

reconnaître une anémie

À savoir ! En réalité, il est plus exact de parler de syndrome myélodysplasique au pluriel. Les syndromes myélodysplasiques sont tous caractérisés par une production insuffisante de cellules saines au niveau de la moelle osseuse.

Le syndrome myélodysplasique concerne chaque année près de 75 personnes sur 100 000 en France. Le risque de développer cette maladie augmente avec l’âge, et touche plus volontiers les hommes que les femmes.

Dans quelques cas de syndrome myélodysplasique, des anomalies génétiques sont identifiées, notamment sur le gène JAK2. Cependant, l’origine de l’affection est dans la grande majorité des cas inconnue. On parle alors de syndrome myélodysplasique de novo.

Plusieurs facteurs sont identifiés comme étant favorisant : exposition à des radiations, syndromes génétiques (maladie de Fanconi, Neurofibromatose type I, anémie de Blackfan-Diamond, etc.), le tabac, expositions à des toxiques (pesticides par exemple) et certains traitements anticancéreux.

Historiquement, on distinguait deux grands types de syndrome myélodysplasique :

  • A haut risque, pouvant évoluer en leucémie. En effet, chez près d’un tiers des patients, le syndrome myélodysplasique évolue en leucémie myéloïde aiguë (ou LAM) ;
  • A bas risque, moins agressif que le premier.

L’OMS classe les différents syndromes myélodysplasiques selon leurs caractéristiques cliniques et cellulaires :

  • La cytopénie réfractaire avec dysplasie unilignée ou CRDU. Dans ce type de syndrome, une seule lignée sanguine est affectée, les deux autres sont normales. On parle d’anémie réfractaire lorsque ce sont les globules rouges qui sont touchés, de neutropénie réfractaire pour les globules blancs et de thrombocytopénie réfractaire pour l’atteinte des plaquettes. Le risque d’évolution en leucémie est rare ;
  • L’anémie réfractaire sidéroblastique idiopathique ou ARSI caractérisée par un faible nombre de globules rouges dans le sang, et plus de 15% d’entre eux contiennent trop de fer. Dans 1 à 2% des cas, une ARSI évolue en leucémie ;
  • L’anémie réfractaire avec excès de blastes ou AREB se traduit par une baisse du nombre de globules rouges dans le sang associée à une diminution du taux de globules blancs ou plaquettes. Cette affection est caractérisée par un pourcentage de cellules sanguines immatures (ou blastes) dans la moelle osseuse anormalement important. Dans 25 à 33% des cas, elle évolue en leucémie myéloïde aiguë ;
  • La cytopénie réfractaire avec dysplasie multilignée ou CRDM pour lequel au moins 2 types de cellules du sang sont en nombre insuffisant ;
  • Le syndrome myélodysplasique inclassable ou SDM-I où un seul type cellulaire est concerné. Ce type d’affection est rare, il est diagnostiqué par les médecins lorsqu’aucun autre type de syndrome myélodysplasique ne correspond ;
  • Le syndrome myélodysplasique associé à une anomalie chromosomique isolée qui se traduit par une diminution des globules rouges, un taux normal de globules blancs et un taux élevé de plaquettes. Une anomalie du chromosome 5 est également observée. Cette affection se transforme rarement en leucémie.

Le pronostic d’un syndrome myélodysplasique est dépendant de divers facteurs dont les antécédents médicaux du patient, le type de syndrome myélodysplasique et ses caractéristiques, les traitements utilisés et la réponse à ces traitements. Globalement, la cytopénie réfractaire avec dysplasie unilignée, l’anémie réfractaire sidéroblastique idiopathique et le syndrome myélodysplasique associé à une anomalie chromosomique isolée ont un pronostic plus favorable que les autres types de syndromes myélodysplasiques.

Par ailleurs, plus le pourcentage de blastes présents dans la moelle osseuse est élevé, moins le pronostic est favorable. Même constat lorsque le nombre de lignée cellulaire concerné est supérieur à 1 ou pour certaines anomalies chromosomiques.

Quels symptômes ?

Souvent le syndrome myélodysplasique est découvert fortuitement. Parfois, l’affection ne cause aucun symptôme. Les manifestations les plus fréquentes au début de la maladie sont :

  • Fatigue anormale ;
  • Pâleur;
  • Difficultés respiratoires, à minima un essoufflement.

À noter ! Les manifestations de la maladie dépendent du type de cellule sanguine le plus touché.

A un stade plus avancé, la maladie se traduit par des troubles hémorragiques et des infections fréquentes.

Diagnostic et traitement du syndrome myélodysplasique

Quel diagnostic ?

Le diagnostic du syndrome myélodysplasique repose sur la prescription d’un bilan sanguin. Celui-ci permet d’identifier les anomalies sanguines caractéristiques de l’affection :

diagnostic du Syndrome myélodysplasique

Le diagnostic est confirmé par la réalisation d’un myélogramme qui permet d’analyser les cellules de la moelle osseuse.

Divers examens peuvent être prescrits en complément : tests cytogénétiques (pour identifier une éventuelle pathologie génétique sous-jacente), ponction lombaire et une biopsie de la moelle osseuse.

Quel traitement ?

Le traitement du syndrome myélodysplasique associe une prise en charge symptomatique et un traitement spécifique. L’objectif de celui-ci est de soulager les symptômes, ralentir la progression de la maladie et améliorer la qualité de vie.

Le traitement symptomatique repose sur l’administration :

  • De concentrés plaquettaires pour soulager les troubles hémorragiques ;
  • De transfusions de concentrés érythrocytaires (précurseurs des globules rouges) en cas d’anémie ;
  • Des antibiotiques pour traiter ou prévenir des infections.

La chimiothérapie, connue pour traiter les cancers, peut également être utilisée en cas de syndrome myélodysplasique. La molécule la plus utilisée dans cette indication est la cytarabine, parfois associée à l’idarubicine.

D’autres médicaments peuvent être prescrits, par exemple le déféroxamine, lénalidomide, décitabine, etc.

Des facteurs de croissance peuvent aussi être utilisés. Ils permettent de réguler la croissance cellulaire, et donc de ramener à la normale le nombre de cellules sanguines. L’époétine alpha (ou Eprex) permet d’augmenter la production de globules rouges, le filgrastim (ou Neupogen) aide la moelle osseuse à produire plus de globules blancs.

Enfin, la greffe de cellules souches peut être une option. Elle est généralement proposée aux patients jeunes avec un syndrome myélodysplasique de risque élevé.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– SMD : Syndrome myélodysplasique. concilio.com. Consulté le 8 juin 2021.
– Syndromes myélodysplasiques. cancer.ca. Consulté le 9 juin 2021.
– Syndrome myélodysplasique. msdmanuals.com. Consulté le 9 juin 2021.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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