formation de cholestérol

Une hypertriglycéridémie est une anomalie du bilan lipidique qui correspond à une accumulation de triglycérides. Ce type d’anomalie contribue à l’apparition de l’athérosclérose. Son origine peut être génétique, ou secondaire à un mode de vie, une pathologie ou un traitement. Le traitement de première intention consiste à adapter l’alimentation et à pratiquer une activité physique régulière. Il est important de réduire l’apport calorique notamment en cas de surcharge abdominale, de limiter les aliments et les boissons sucrées, de consommer des poissons gras. Lorsque ces mesures ne suffisent pas, les médicaments hypolipémiants sont prescrits.

Définition et symptômes d’une hypertriglycéridémie

Qu’est-ce que c’est ?

Définition de l'hypertriglycéridémie Une hypertriglycéridémie est un trouble lipidique appartenant aux dyslipidémies. Ce dernier terme fait référence à une anomalie quantitative ou qualitative d’un ou plusieurs éléments lipidiques tels que le cholestérol total, le HDL cholestérol, le LDL cholestérol et les triglycérides.

Les triglycérides, comme le cholestérol, sont fabriqués par le foie. Ils sont également apportés par l’alimentation, puis stockés au sein des cellules adipeuses afin de constituer les réserves de l’organisme. Les triglycérides sont des molécules lipidiques résultant de la fixation d’acide gras sur une molécule de glycérol. Ils représentent l’une des principales sources énergétiques de l’organisme.

Une hypertriglycéridémie correspond à un taux trop important, supérieur à 4g/L (ou 4,6 mmol/L) de triglycérides dans le sang. On estime qu’environ 2,4% de la population de moins de 65 ans est concernée.

L’hypertriglycéridémie est dite pure lorsqu’elle est isolée. Elle peut être en lien avec une prédisposition génétique. L’hypertriglycéridémie peut aussi être associée à une hypercholestérolémie, à savoir une élévation du taux de cholestérol.

Il est difficile de trouver une cause précise à l’origine d’une dyslipidémie. L’élévation des triglycérides est souvent expliquée par une origine multifactorielle qui associe une prédisposition génétique et une alimentation trop riche en lipides, en sucre et en alcool. A noter que la sédentarité accentue le trouble. Les personnes obèses et/ou diabétiques sont particulièrement concernées par l’hypertriglycéridémie. Certaines pathologies et divers médicaments peuvent aussi perturber le bilan lipidique : une insuffisance rénale chronique, une maladie du foie, l’anorexie mentale, le diabète de type 2, l’hypothyroïdie, bétabloquants, corticoïdes, Œstrogènes, certains antirétroviraux, certains neuroleptiques, etc.

Quels symptômes ?

Tout comme les dyslipidémies, l’hypertriglycéridémie est majoritairement asymptomatique. Cependant, à long terme des complications vasculaires peuvent apparaître : AVC, Infarctus du myocarde, coronopathie, par exemple.

En cas de concentrations importantes de triglycérides, certaines complications à plus court terme peuvent survenir : une pancréatite aiguë, une hépatosplénomégalie (augmentation du volume du foie et de la rate), des paresthésies (sensation de fourmillement), une dyspnée (difficulté respiratoire) et une confusion mentale. A noter qu’une hypertriglycéridémie sévère est responsable d’un aspect laiteux du sérum, visible dès la mise en tube d’un prélèvement sanguin.

L’hypertriglycéridémie, comme l’hypercholestérolémie, représente l’un des facteurs de risque majeurs d’athérosclérose et donc la survenue de cardiopathies, d’AVC ou d’artériopathies périphériques.

Diagnostic et traitement d’une hypertriglycéridémie

Quel diagnostic ?

Diagnostic de l’hypertriglycéridémie Le diagnostic d’une hypertriglycéridémie est celui d’une dyslipidémie. Il repose sur la réalisation d’un bilan lipidique à partir d’un prélèvement sanguin. Lors de cet examen divers paramètres sanguins sont analysés : le cholestérol total, le HDL-cholestérol, le LDL-cholestérol et les triglycérides. En fait, une hypertriglycéridémie peut être découverte fortuitement lors d’analyses sanguines de routine ou à l’occasion de complications.

Lorsqu’aucune cause n’est évidente, le médecin peut procéder à des examens complémentaires (glycémie à jeun, dosage des enzymes hépatiques, protéinurie, etc.) afin de rechercher une pathologie sous-jacente.

Un bilan lipidique doit être réalisé à jeun. Il ne faut donc rien boire (sauf de l’eau) ni manger pendant 12 heures, afin que les résultats soient les plus exacts possibles. Il est également préférable de les effectuer à distance d’une pathologie aiguë, comme un rhume ou une grippe par exemple. Par ailleurs, il est préférable avant le prélèvement sanguin :

  • de ne pas fumer,
  • ne pas pratiquer d’activité sportive intense
  • bien suivre les recommandations du médecin concernant la prise des médicaments.

À savoir ! Dans le cadre d’un suivi de l’hypertriglycéridémie, ou plus largement d’une dyslipidémie, il est recommandé de toujours effectuer ses analyses dans le même laboratoire. En effet, il existe de petites variations d’un laboratoire à un autre, ce qui complique la comparaison des résultats.

Les taux de triglycérides, et des autres paramètres lipidiques, varient pour chaque patient, en fonction de ses facteurs de risque cardiovasculaire. En l’absence de tous facteurs de risque cardiovasculaire, le taux de triglycérides doit normalement être inférieur à 1,5 g/L.

Quel traitement ?

Une hypertriglycéridémie étant asymptomatique, l’objectif de la prise en charge est la prévention des maladies cardiovasculaires. A noter que le traitement concerne autant les patients souffrant déjà d’une maladie cardiovasculaire (on parle de prévention secondaire) que ceux qui en sont exempts (prévention secondaire).

Le traitement de première intention lors de la découverte d’une hypertriglycéridémie est une modification du mode vie. Cela comprend une prise en charge diététique adaptée et la mise en place, si ce n’est pas déjà le cas, d’une activité sportive régulière. L’arrêt du tabac est recommandé.

Il est conseillé de conserver 3 repas par jour, avec éventuellement une ou deux collations si besoin. Les grignotages sont en revanche à proscrire. Il faut aussi penser à bien s’hydrater tout au long de la journée. Plusieurs aliments sont à fuir, par exemple la charcuterie, les pâtisseries ou viennoiseries, les biscuits apéritifs, etc. Le poisson, les fruits, les légumes et les viandes maigres peuvent au contraire être consommés à volonté.

Il est recommandé au patient d’adopter une activité physique régulière, équivalente à 30 minutes de marche par jour. L’activité doit bien entendue être adaptée aux capacités de chacun. Une perte de poids, même modeste, peut suffire à normaliser le taux de triglycérides.

Enfin, il faut réduire sa consommation d’alcool. En effet, même une consommation modérée peut être à l’origine de l’élévation des triglycérides.

Une hypertriglycéridémie sévère est supérieure à 5 g/L. Dans ce cas, il est parfois proposé de supprimer la consommation de boissons alcoolisées pendant plusieurs jours, puis celle des glucides simples (par exemple les fruits et les boissons sucrée) et des glucides complexes (pain, pomme de terre, etc.).

Dans un premier temps, ces mesures sont prescrites seules. Si celles-ci ne suffisent pas après plusieurs mois d’essai, un traitement hypolipémiant est alors associé. Ceux sont les fibrates.

Après quelques semaines de traitement, un bilan lipidique est de nouveau prescrit afin de vérifier l’obtention des valeurs cibles, et une éventuelle adaptation posologique. Les bilans doivent être réalisés régulièrement tant que l’objectif n’est pas atteint. Une fois l’objectif atteint, le suivi est annuel. A noter qu’un nouveau bilan peut être nécessaire lorsque le patient :

  • prend du poids,
  • change son mode de vie (sédentarité, tabagisme, etc.),
  • modifie son traitement,
  • est victime d’un évènement cardiovasculaire (AVC, infarctus du myocarde, artérite des membres inférieurs, etc.).

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Anomalies du cholestérol et des triglycérides : causes et conséquences. ameli.fr. Consulté le 11 mars 2021.
– Diététique : hypertriglycéridémie. vidal.f. Consulté le 11 mars 2021.
– Dyslipidémie. larousse.fr. Consulté le 11 mars 2021.
– Dyslipidémie. msdmanuals.com. Consulté le 11 mars 2021.