Dysphagie


Rédigé par Charline D. et publié le 28 janvier 2020

La dysphagie  est un terme scientifique permettant de décrire une difficulté à avaler les boissons ou les aliments. Elle se manifeste par une sensation de gêne ou de blocage pendant la déglutition, et peut être secondaire à une pathologie, par exemple un AVC. Si la dysphagie persiste et sans prise en charge elle peut être à l’origine de plusieurs complications comme une malnutrition, une déshydratation ou une infection pulmonaire.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que la dysphagie ?

dysphagie-schemaÀ savoir ! La dysphagie n’est pas une maladie, mais un symptôme.

Les organes impliqués dans le mécanisme de la déglutition sont : le pharynx, le sphincter supérieur de l’œsophage, l’œsophage et le sphincter inférieur de l’œsophage. L’ensemble de ces composants fonctionne de manière synchronisée afin de propulser les aliments introduits dans la bouche vers l’estomac, tout en prévenant leur reflux secondaire vers l’œsophage. Un obstacle physique ou des troubles de la motilité oesophagienne peuvent perturber le fonctionnement de cet ensemble.

La dysphagie est une difficulté de déglutition qui résulte d’une anomalie dans le transport des aliments et/ou liquides de la bouche vers l’estomac. La cause de ce trouble peut être organique (obstacle physique) ou fonctionnelle (atteinte neurologique).

À savoir ! Il ne faut pas confondre la dysphagie avec la sensation de boule dans la gorge, appelée « globus hystericus » qui n’est pas en lien avec une anomalie de la déglutition.

Selon la localisation de la gêne, on distingue deux types de dysphagie : la dysphagie oropharyngée et la dysphagie oesophagienne.

La dysphagie oropharyngée (ou dysphagie haute) est causée par une difficulté à faire progresser les aliments de l’oropharynx vers l’œsophage. Elle peut impliquer un dysfonctionnement de l’œsophage. Les patients décrivent une difficulté à initier la déglutition, des régurgitations nasales et des fausses routes avec toux. Ce type de dysphagie est plus volontiers observé en cas de maladie neurologique ou d’atteinte des muscles.

La dysphagie oesophagienne (ou dysphagie basse) se traduit par une difficulté à propulser les aliments le long de l’œsophage. Elle est causée par un trouble de la motricité ou une obstruction.

La mastication, la déglutition et le goût sont des fonctions qui nécessitent un bon fonctionnement neuromusculaire et une bonne coordination. Or, la motricité au niveau de la bouche est altérée avec l’âge, même chez les individus en bonne santé. Le déclin de cette fonction peut se manifester par :

  • Une diminution de la force et de la coordination des muscles masticateurs, particulièrement chez les patients équipés de prothèse dentaire. L’ingestion de portions plus grosses d’aliments peut ainsi augmenter le risque de fausse route ou d’étouffement ;
  • Un tonus musculaire de la bouche moins bon ce qui s peut conduire à baver, échapper de la nourriture, des liquides ou de la salive ;
  • Une augmentation des troubles de la déglutition qui se manifeste par un allongement du temps nécessaire au transfert des aliments de la bouche vers l’oropharynx, ce qui augmente le risque de fausse route.

Derrière les modifications liées au vieillissement, les causes les plus fréquentes de troubles buccaux sont les atteintes neuromusculaires, par exemple la maladie de Parkinson, la Sclérose en plaques, l’AVC, etc. Certains médicaments peuvent aussi être impliqués dans la dysphagie, notamment les diurétiques ou certaines chimiothérapies.

Quels symptômes ?

La dysphagie se traduit par une sensation de gêne ou de blocage lors de la déglutition. La présence de ce trouble doit alerter, il nécessite une prise en charge rapide, car ses conséquences peuvent être majeures :

  • Fausses routes ;
  • Pneumopathie chronique ;
  • Infections pulmonaires ;
  • Détérioration de la fonction respiratoire ;
  • Dénutrition.

Les répercussions d’une dysphagie sont également psychiques :

  • Anxiété associée au repas en raison de la peur de fausses routes ;
  • Isolement social ;
  • Perturbation de la prise des médicaments ;
  • Altération de la qualité de vie.

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’une dysphagie est clinique.

Le patient est interrogé sur les circonstances (durée, modalité de survenue) de survenue des symptômes. Il lui est demandé de répertorier les aliments ou boissons qui lui posent problème, et de décrire la localisation du blocage. Le médecin recherche également d’éventuels antécédents, notamment une pathologie susceptible de provoquer une dysphagie. Un examen général du patient comprend une évaluation nutritionnelle, et un suivi du poids du patient.

Un examen neurologique complet doit aussi être réalisé.

A Savoir ! Bien que toute dysphagie doive faire l’objet d’une consultation, certains éléments doivent amener à consulter en urgence : des symptômes d’obstruction complète, une dysphagie associée à une perte de poids ou un déficit neurologique récent.

L’examen clinique étant rarement suffisant, il est souvent confirmé par une endoscopie digestive haute.  Il permet d’observer la partie supérieure de l’appareil digestif, à savoir l’œsophage, l’estomac et le duodénum (partie haute de l’intestin grêle). On parle également d’ « endoscopie gastroduodénale » ou de « fibroscopie gastroduodénale ». L’examen est réalisé à jeun et sous anesthésie locale ou générale à l’aide d’un endoscope (tube souple muni d’une caméra et d’une lampe). Parfois, cet instrument est utilisé pour réaliser un prélèvement, l’ablation d’une tumeur ou d’un corps étranger ou la coagulation de vaisseaux sanguins (traitement pour stopper les hémorragies).

Parfois, d’autres examens d’imagerie peuvent être utiles en complément :

  • Une radiographie avec ingestion d’un produit de contraste ;
  • Un TOGD (Transit oeso-gastro-duodénal).

Quel traitement ?

 Le traitement de la dysphagie dépend de sa cause.

En effet, lorsqu’il est possible, la prise en charge du patient repose sur le traitement de la maladie ou du trouble sous-jacent, ou la suppression d’un traitement en cause.

Une rééducation musculaire peut être proposée au patient. Elle est effectuée par un ergothérapeute ou un orthophoniste, et repose sur la pratique d’exercices utiles au renforcement des muscles impliqués dans la mastication et la déglutition.

 Lorsque la dysphagie ne peut pas être traitée, la prise en charge vise à limiter les symptômes et les difficultés du patient, et à prévenir les complications. L’une des mesures proposées est l’adaptation de la texture des aliments. Souvent, les problèmes de fausse route se manifestent avec les liquides. Ainsi, il est préférable de :

  • Boire à la cuillère afin de limiter les quantités ingérées ;
  • D’épaissir les liquides avec des poudres épaississantes.

Par ailleurs, les repas peuvent être ressentis comme longs et fatiguants pour les patients et donc engendrer une diminution des apports alimentaires. Pour prévenir la dénutrition et la perte de poids, il est conseillé de fractionner les repas, plutôt 5 repas que 3.

 Charline D., Docteur en pharmacie

– Dysphagie. LE MANUEL MSD. Consulté le 28 janvier 2020.
– La dysphagie. ONMEDA. Consulté le 28 janvier 2020.
– Qu’est-ce que la dysphagie ? NESTLE HEALTH SCIENCE. Consulté le 28 janvier 2020.